La chronique de la semaine écoulée

NOUAR

Le rendez-vous éditorial de Radio Rythme Bleu.

Sur un ton volontairement satirique, Elizabeth NOUAR décrypte l'actualité politique de la Nouvelle-Calédonie.

Le lundi à 7h00
Rediffusion dans le journal de 11h30 et à 16h15

 

Chronique de la semaine écoulée du 20 Février 2017

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Chronique du 20 Février 2017

La politique calédonienne, dans le camp des partisans de la France, a parfois des allures de jeu de bonneteau.
Vous ne savez jamais qui sera sous la carte que vous allez soulever !
Et comme cela fait des années que ça dure, il y en a qui s'en sont fait une spécialité et qui ont déjà fait plusieurs fois le tour de l'échiquier.
Ça donne un peu le tournis mais ils peuvent toujours faire valoir – en reprenant l'imparable argument d'Edgar Faure – que ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent.
Et le vent souffle de façon erratique, depuis 2004, et l'éclatement de l'ancien RPCR, même si les premières bourrasques avaient été ressenties, dès 1995, avec la création par Didier Leroux de l'UNCT, premier parti ouvertement anti Jacques Lafleur.
La brèche était ouverte et, depuis, les girouettes ne savent plus où donner de la tête !

On les retrouve, régulièrement, aux avants postes de toutes les initiatives dans lesquelles ils voient des alternatives crédibles qui effacent résolument leur précédente fidélité.
Et comme les vents sont parfois contraires, on les retrouve, les uns et les autres, dans le même camp ou dans des camps opposés, amis puis adversaires, persuadés à chaque fois qu'ils ont fait le bon choix quitte à en changer en fonction des opportunités. Le dernier avatar en date de cette flexibilité, c'est Sonia Backès qui après s'être autoproclamée meilleure candidate pour la première circonscription, a créé le tourbillon suffisant pour entraîner, dans son sillage, tous ceux qui sont rompus à ces retournements. 

La plupart de ceux qui, aujourd'hui la soutiennent, ont à un moment donné succombé aux sirènes de Philippe Gomès avant de rejoindre, les uns et les autres, Pierre Frogier puis de s'en détacher pour suivre une nouvelle égérie.
Et si c'est une figure paternelle qu'ils recherchent, c'est chez une femme, au parcours aussi alambiqué que le leur, qu'ils l'ont trouvée. 
Née à la politique avec le RPCR, comme elle le raconte elle-même dans son livre, adoubée par Pierre Frogier et Bernard Deladrière, elle n'a jamais eu – elle – de faiblesse pour Philippe Gomès. Elle tacle, d'ailleurs, sans états d'âme, les dérives autocratiques ou socialisantes du leader de Calédonie ensemble.
Et si elle fait, dans son livre, le constat lucide que c'est la faiblesse du camp loyaliste qui rapproche la Calédonie de l'indépendance, elle a déjà contribué à l'affaiblir avec, à son passif, la division du Rassemblement en 2013, du MPC en 2015 et des Républicains en 2017. La capacité de fracturer n'attend pas le nombre des années. 
Elle a d'ailleurs quelques points communs avec le télé-évangéliste Emmanuel Macron, un peu plus jeune qu'elle et persuadé, lui aussi, que l'âge est un facteur déterminant. Fan de la communication, comme elle, et convaincu, comme elle, que la politique est une aventure personnelle plutôt que collective. 

La comparaison s'arrête là, quand le leader de "En Marche" a l'imbécillité de qualifier, à Alger, la colonisation française de "crime contre l'humanité".
Et l'on s'interroge vraiment sur la culture historique d'Emmanuel Macron quand il pense rassurer les pieds noirs en leur déclarant : "Je vous ai compris".


Chronique de la semaine écoulée du 13 Février 2017

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Chronique du 13 Février 2017

Le lynchage médiatique a quelque chose d'odieux et même si on l'a souvent vu à l'œuvre, on ne s'y habitue jamais vraiment.
Il laisse toujours cette impression de malaise, voire de dégoût.
Ce sentiment d'une curée malsaine dans laquelle la victime n'a aucune chance, face à une meute hurlante qui réclame du sang et qui veut que des têtes tombent. 
Cette impression que le pilori est déjà dressé par tous ceux qui répètent, inlassablement les mêmes arguments, et rendent la défense inaudible et impuissante.
Cette sensation que la corde est déjà nouée par ceux qui reprennent en boucle les mêmes éléments pour exciter la vindicte populaire et hurler avec les loups.
C'est un moment difficile à passer. Terriblement éprouvant.Une sorte d'ordalie laïque qui ne fait pas honneur au système mais qui rythme désormais les campagnes électorales.Et ceux qui y survivent ne sortent pas indemnes de ce déferlement de violence et de haine.
C'est ce que vit, depuis des semaines, le candidat de la droite et du centre. On peut croire que le pire est passé mais il n'est pas encore totalement à l'abri de répliques dans cet interminable feuilleton qui mobilise l'essentiel de l’information, dans un pays plombé par une situation économique désastreuse, menacé par le spectre du terrorisme et miné par la violence des banlieues. 

Complot ou pas complot ?
La question ne peut être évitée quand on voit le calendrier choisi pour sortir cette affaire, quand on constate la célérité avec laquelle le parquet financier – créé par les socialistes – s'en est saisie et quand on observe ses conséquences dans l'opinion. Alors que depuis des mois le candidat de la droite était quasiment assuré de remporter l'élection présidentielle, les cartes sont rebattues et les beaux esprits rêvent aujourd'hui d'un duel Le Pen/Macron au second tour de la présidentielle.
Et peut-être ont-ils joué aux apprentis sorciers. Ces derniers temps, le peuple est plutôt sourcilleux et on a remarqué – en Grande Bretagne et aux Etats-Unis – qu'il ne suit plus forcément les consignes des habituels prescripteurs que sont les médias et les élites. 
Quoi qu'il en soit, le traitement du Pénélope Gate laisse pantois. On en retient que les faits reprochés à François Fillon sont tristement banals et qu'il est loin d'être le seul à les avoir commis. Qu'ils ne sont pas illégaux mais qu'ils sont répréhensibles sur le plan de la morale. Comme s'il fallait être irréprochable pour être élu président de la République ce qui, vous en conviendrez, réduit considérablement le champ des possibles. On retient, aussi, que le ressort de l'argent reste toujours aussi sensible en France où le sacro-saint principe de l'égalité rend automatiquement suspect celui qui a davantage ou qui réussit mieux.On en retient, enfin, que la surenchère d’Internet, des réseaux sociaux et des chaînes d’informations continues, amplifie encore le lynchage médiatique, en transformant chaque citoyen en accusateur public. 

Espérons que la campagne législative, en Nouvelle-Calédonie, ne donne pas lieu à ces excès et à ces débordements. Et nous avons tous en mémoire les vilénies de la campagne 2012 où ce sont les mensonges, mille fois répétés, qui ont fini par convaincre les électeurs.

 


Chronique de la semaine écoulée du 6 Février 2017

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Chronique du 6 Févier 2017

A qui profite la situation à Saint Louis ?
Posée comme ça, la question parait un peu brutale mais elle vaut la peine d'être soulevée quand on voit le nombre de réactions, de déclarations, de communiqués et de prises de position, que suscitent les troubles qui émanent de la petite tribu.
Même si – comme le regrette Éric Gay, le maire du Mont Dore en première ligne sur le dossier et je cite – "moins les gens connaissent Saint Louis et plus ils en parlent."
A qui profite la situation à Saint Louis ? Certainement pas aux Montdoriens et notamment aux habitants du sud de la commune dont la vie est devenue un enfer, qui sont terrorisés à l'idée de prendre la route, qui se sentent pris en otage et qui réclament en vain, la sécurité et la liberté de circuler.
Pas aux habitants de la tribu de Saint Louis, non plus, dont la grande majorité, nous dit-on, souffre de l'image sulfureuse de leur lieu d'origine et sur lesquels rejaillit l'opprobre jetée par une petite minorité que l'on appelait délinquants et qui sont désormais qualifiés, par certains, de terroristes. 

Alors à qui profite la situation à Saint Louis ? Certainement pas aux indépendantistes, affirme Daniel Goa, le président de l'UC qui explique, dans un long communiqué que les indépendantistes perdent des voix à chaque blocage.Position partagée par le FLNKS qui déclare que ces événements desservent la politique qu'il mène et ternissent son projet d'accession à la pleine souveraineté.Et c'est vrai que la nouvelle stratégie des indépendantistes en prend un coup, eux qui tentaient de lancer une opération de séduction pour faire croire que l'indépendance est viable et qu'elle apporterait le bonheur aux populations. Difficile de convaincre dans ce climat d'insupportable tension. 

Ce serait donc aux partisans du maintien dans la France que profiterait la situation à Saint Louis ? Encore moins ! Ce sont leurs responsables qui sont interpellés, parfois malmenés, par tous ceux qui réclament le retour à l'ordre et à la sécurité et qui ne comprennent pas que l'Etat n'exerce pas, dans ce domaine, ses compétences régaliennes de garant de l'ordre public. Et c'est à eux, le plus souvent, que l'on reproche cette inaction de l'Etat.Eux, qui appellent, en vain, le retour de l'autorité de l'Etat et qui réclament, constamment et depuis des années, des actions déterminées pour mettre fin à une situation intolérable qui n'a que trop duré. 
Et c'est ce qui amène certains à hausser le ton et à utiliser une logorrhée martiale comme si c'était dans la posture et la surenchère qu'était la solution. Comme s'il fallait rajouter de la tension à la tension. Comme si quelqu'un avait à gagner à une quelconque instrumentalisation. 

Mais puisque ça ne profite à personne, il est temps d'y mettre fin et c'est ce que l'Etat semble avoir compris, lui qui a haussé le ton en début de semaine, en lançant même une sorte d'ultimatum et en laissant entendre qu'il pourrait y avoir des victimes de part et d'autre.
Faut-il qu'il y ait des morts à Saint Louis pour ramener tout le monde à la raison ?
"Nous ne sommes pas arrivés à un tel point de stupidité pour que ça se termine comme ça !" lâche, avec bon sens, Éric Gay, le maire du Mont Dore.
D'autant plus que là, vraiment, ça ne profiterait à personne !
 


Chronique de la semaine écoulée du 30 janvier 2017

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Chronique du 30 janvier 2017

Ce sont encore les vacances en Nouvelle-Calédonie. Personne ne peut en douter.
Ce n'est pas le cas en métropole où la campagne présidentielle fait rage. Une présidentielle un peu folle qui ressemble à une série télé où chaque épisode est un peu plus haletant que le précédent et réserve des rebondissements époustouflants.
La faute aux primaires, cette fausse bonne idée importée des Etats-Unis qui dénature le vote, cultive la division dans chacun des camps et transforme l'élection présidentielle en un interminable scrutin à six tours. Quel que soit le résultat de la primaire de la gauche, le suspens aura été à son comble tout du long.
Sans parler de l'étrange confusion autour de la participation du premier tour et de l'incapacité de la haute autorité de donner le nombre exact de votants. Les imprécisions, les contradictions et les incohérences se sont conjuguées pour donner une impression, au mieux d'amateurisme, au pire de manipulation politique. Mais le temps médiatique est tel que cet incident, qui aurait pu jeter le discrédit sur le parti socialiste et sur la primaire de la gauche, a très vite été oublié au bénéfice d'un autre événement – ô combien plus croustillant – celui des révélations du Canard Enchainé sur Pénélope Fillon. 
"Séquence de boules puantes", "manipulation grossière", "manœuvres qui puent la calomnie"… Le vainqueur de la primaire de la droite et du centre n'a pas l'intention de se laisser faire et il dénonce vigoureusement "les forces qui sont à l’œuvre pour le faire taire et tenter d’affaiblir sa candidature".
Et c'est vrai que l'on peut s'interroger sur ces révélations, fort opportunément transmises au journal satirique et reprises, largement, par tous les médias qui se livrent à un procès en charge contre François Fillon. Pourquoi lui et pourquoi maintenant ?Mais dans le même temps, on craint de connaître la réponse.
D'autant plus que les autres révélations de la semaine font beaucoup moins de bruit. Celles qui concernent Emmanuel Macron, le chouchou des médias qui se serait servi de son poste de ministre des finances et qui aurait dépensé beaucoup d’argent public en réceptions pour préparer sa campagne. Celui-là même qui avait été soupçonné, il y a quelques mois, de profiter de ses voyages ministériels à l'étranger pour organiser des levées de fonds.
Et c'est vrai que l'on peut s'interroger sur l'absence d'écho donné aux affaires de monsieur Macron. 

Ce sont encore les vacances en Nouvelle-Calédonie mais l'Union calédonienne, elle, a pris les devants tant elle a peur que son boycott des échéances nationales – pudiquement rebaptisé non-participation – ne lui enlève de la lisibilité.
Alors, elle anticipe sur le brouhaha des campagnes à venir en mettant la barre assez haut. Dans son discours devant le comité directeur de Pouebo, Daniel Goa déclare que "si le non à l'indépendance l’emporte en 2018, l’accord politique qui a scellé l’Accord de Nouméa s’arrête" et que, dans ce cas, les Kanak ouvriront les discussions avec le peuple Français et l'ONU pour consacrer leur souveraineté.La bonne nouvelle c'est que le président de l'UC accepte – enfin – d'envisager la défaite annoncée de son camp.
Mais imaginez un peu les réactions d'indignation auxquelles nous aurions eu droit si c'était l'un des responsables des partisans du maintien dans la France qui avait ainsi enterré, aussi brutalement, l'Accord de Nouméa…
C'est vrai que ce sont encore les vacances en Nouvelle-Calédonie.

 

Chronique de la semaine écoulée du 23 Janvier 2017

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Chronique du 23 Janvier 2017

Maintenant, on y est… ou presque.
Depuis des années, les différents responsables politiques aimaient à déclarer que "2018 c’est demain !".
Désormais, ce ne sera plus une figure de style ! 2018, c'est effectivement demain et à défaut du "jour d'après" – selon la formule qu'affectionnent certains – il s'agit maintenant de préparer l'année d'après.
Et pourtant, à voir les sujets d'actualité, rien n'a vraiment changé en ce début d'année 2017. Ça caillasse à Saint Louis, l'insécurité routière reste une vraie préoccupation et la classe politique se déchire en vue des prochaines échéances.
Non, vraiment, chez nous, pour l'instant, rien n'a changé. 

Ce n'est pas le cas dans le reste du monde ! Aux Etats Unis d'abord, où l'élection de Donald Trump provoque la stupeur, partout sur la planète, tant le nouvel homme fort de Washington détonne par rapport à ses prédécesseurs. Tant il sort d'une norme que l'on croyait immuable. Difficile de savoir quelles seront les traductions de cette originalité sur la marche du monde mais, au moins, ça change et ça bouge ! 

En métropole aussi, ça devrait bouger ! Comme il y a 5 ans, le changement, c'est maintenant ! Après un quinquennat tellement étrange que le locataire de l'Elysée a décidé, unilatéralement, de mettre un terme à son bail, ça va forcément bouger.
Et quelle que soit l'issue de la primaire de la gauche, celui qui en sortira vainqueur a peu de chance de remporter l'élection présidentielle et même d'être qualifié pour le second tour. 

Dans le secteur du nickel aussi, ça bouge ! Et c'est encore l'Indonésie qui est à la manœuvre. Après avoir décidé en 2014, un embargo sur les exportations de nickel, elle vient de décider d'assouplir sa position. Mauvaise nouvelle pour la Calédonie. Les fondeurs chinois pourront, de nouveau, s’approvisionner en Indonésie et ils seront d'autant moins intéressés par un nickel calédonien que nous leur concédions, au compte-goutte, depuis quelques mois. 

Bref, ça bouge partout sauf chez nous où les vieux réflexes ont la vie dure. Les sujets de préoccupation restent les mêmes et les réponses qui leur sont apportées aussi, même si elles ont montré leurs limites.
C'est ce que prouve, par exemple, la préparation des législatives de juin prochain qui semblent, déjà, la grande affaire en ce début d'année. Comme si l'alternance, attendue en mai, au sommet de l'Etat, n'était pas l'événement essentiel à la veille de 2018, celui dont dépendra forcément la suite.
Les Républicains ont été, en Calédonie, les premiers à se lancer dans la bataille en raison du calendrier national et de la réunion, début janvier, de la Commission Nationale d'Investiture. Mais, à peine sa décision annoncée que, ceux-là-mêmes qui réclamaient l'investiture du parti, lui contestent toute validité dès lors qu'elle ne leur est pas accordée. Et, selon un mécanisme déjà éprouvé, toutes les conditions de la division et de la défaite se mettent en place, comme une machine infernale que personne ne serait capable d'arrêter.
On n'ose conseiller, aux candidats calédoniens qui n'ont pas obtenu l'investiture tant convoitée, de se retourner vers "En marche" qui lui cherche des candidats.Emmanuel Macron – puisqu'il faut l'appeler par son nom – a même lancé un processus de désignation original pour les législatives. Il appelle, tous ceux qui souhaitent être candidat, à s’inscrire dès maintenant en ligne.
Certains seront-ils tentés en Nouvelle-Calédonie ?

 

 

 



Chronique de la semaine écoulée du 12 décembre 2016

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                                                                                                                                           Chronique du 12 Décembre 2016

La lutte contre la vie chère, c'est un peu notre courbe du chômage à nous...
L'inversion de la courbe, on nous en parle depuis des années mais on ne voit jamais rien venir. Et ceux qui ont pris cet engagement de faire baisser les prix risquent de se retrouver un jour, comme François Hollande, contraints de renoncer, après avoir scruté des mois durant, les oscillations d'une courbe qui refusait obstinément de se redresser. 
Le dernier avatar de la lutte contre la vie chère, c'est l'augmentation du pouvoir d'achat ! A défaut de faire vraiment baisser les prix, on nous promet une augmentation de notre capacité à dépenser, qui aboutirait – comme par miracle –  à une relance de la consommation.
Et c'est comme ça que l'on nous a vendu la fameuse réforme de l'IRPP, véritable serpent de mer qui était censée moderniser notre fiscalité mais qui, selon les spécialistes, s'apparente plutôt à un replâtrage, bien loin des objectifs qui avaient été fixés. 
L'expert Jean-Pierre Lieb n'en fait d'ailleurs pas mystère ! Il explique – pudiquement – que la réforme fiscale adoptée par le Congrès est "différente" de ce qu'il préconisait. Une façon courtoise de dire qu'on ne l'a pas écouté et que le résultat ne correspond pas du tout à ses recommandations.
Et pourtant ! Ses promoteurs n'ont pas fait dans la dentelle pour défendre cette super réforme grâce à laquelle – à les entendre – neuf Calédoniens sur dix paieront moins d’impôt !
Et qu'importe si leurs opposants affirment, de leur côté, que la diminution d'impôt sera minime mais que cette réforme pénalise, en réalité, les familles avec enfants et que la multiplication des niches fiscales a de forts relents d'électoralisme.
Sans oublier cette volonté de faire payer les riches qui semble s'inspirer tout droit des réformes socialistes.
Les indépendantistes ne s'y sont pas trompés. Ils ont voté cette réforme fiscale, en se payant même le luxe d'un chantage aux amendements, tant ils savaient que Calédonie ensemble avait impérativement besoin de leurs voix pour faire passer ce texte. 

Loin de ces arguties fiscalistes, c'est la réalité de l'insécurité qui s'est de nouveau rappelée à nous cette semaine entre les barrages de Saint Louis et les saccages de Païta, avec un ras le bol palpable face à l'incompréhensible impuissance de l'Etat à disposer efficacement les forces de l'ordre.
Faut-il jouer les va-t'en guerre ? Et la tentation existe !
Ou faut-il éviter de jouer avec le feu et de souffler sur les braises ? C'est ce que la raison commande mais l'exaspération a ses raisons que la raison ne connait pas.
Il faut – c'est certain – que l'Etat apporte une réponse rapide à ces situations insupportables et qu'il le fasse quand il est encore temps !
Dans quelques mois, nous serons en pleine campagne électorale. La présidentielle, les législatives.
Et dans les diverses écuries, il y en a déjà beaucoup qui piaffent !

 



Chronique de la semaine écoulée du 05 décembre 2016

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Chronique du 05 Décembre 2016

C'est le grand "chamboule-tout" dans le paysage politique national !
En l'espace de 15 jours, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont, tous les trois, disparu, de la liste des présidentiables, alors que jusque-là, chacun d'eux pouvait légitimement prétendre à la fonction suprême.
Nous n'allons pas épiloguer sur les raisons de ces bouleversements, ni sur les raisons de la défaite des uns et de la renonciation de l'autre.
Nous n'allons pas, ici, analyser ce phénomène qui fait que, désormais, le peuple semble n'en faire qu'à sa tête et prendre un malin plaisir à déjouer les pronostics des sondeurs, des analystes et de tous les "sachant".
D'autant plus que la Calédonie n'est pas encore atteinte par ce syndrome ! Sur le territoire, on a voté Sarkozy, au premier tour de la primaire et quand il a été éliminé on a, logiquement, reporté ses voix sur Fillon qui réalise, chez nous, l'un de ses plus forts résultats.
Question de légitimisme et de fidélité. Malgré la cohorte des soutiens calédoniens, plus ou moins opportunistes, à Alain Juppé, malgré l'envoi groupé de SMS par le député de la seconde circonscription, le maire de Bordeaux n'aura pas réussi à faire un score sur le territoire.Ni au premier, ni même au second tour où il est arrivé en deuxième position dans tous les bureaux de vote. 
Quant au renoncement de François Hollande, il ne traumatisera pas une Calédonie qui ne l'a jamais porté dans son cœur. Même les indépendantistes, qui avaient pourtant voté pour lui, exprimaient, il y a peu, leur déception. A tel point que l'Union calédonienne a annoncé sa décision de ne pas participer aux échéances nationales.
Boycott ou pas boycott ? Le président de l'UC affirme – sans convaincre – que ce n'est pas un boycott.
Mais c'est aussi sur la consultation de sortie que plane, désormais, cette menace depuis que plusieurs indépendantistes laissent entendre, clairement, qu'ils conditionnent leur participation à ce scrutin crucial, à l'inscription automatique et sans condition des kanak sur la liste électorale spéciale.
Des indépendantistes dont le comportement déconcerte, plus on se rapproche de l'échéance de 2018. Et il reste encore deux ans !
Chacun relève, déjà, leur anachronisme, l'archaïsme de leur discours, leur propension à employer un langage du passé.Eux qui se prétendent progressistes nous ressortent, comme il y a trente ans, l'antienne de l'Etat colonial. Comme si rien ne s'était passé…
Et sans vergogne, certains d'entre eux rendent hommage à Fidel Castro qui – à en croire Daniel Goa – "a été une source d’inspiration importante pour le peuple kanak ces quarante dernières années".
Lors de son congrès, Calédonie ensemble a fustigé ce retour au passé des indépendantistes. Le parti de Philippe Gomès s'est aujourd'hui rallié aux valeurs qui rassemblent les calédoniens. Des valeurs qui avaient été définies, dès 2013, par Pierre Frogier qui proposait, lors d'une convention de son parti, que la citoyenneté calédonienne soit basée sur l'addition des valeurs républicaines, des valeurs chrétiennes et des valeurs mélanésiennes.
Et, signe des temps, le discours du leader Maximo de Calédonie ensemble n'aura duré qu'une trentaine de minutes, samedi matin, loin des interventions fleuves auxquelles il nous avait habitués.
 


Chronique de la semaine écoulée du 24 octobre 2016

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Chronique du 24 octobre 2016

Grâce aux experts, nous savons ce que nous pensons !
Ou, en tout cas, ce qu'ils pensent que nous pensons selon les mots du Premier ministre qui était venu nous rassurer en déclarant, devant le Congrès, que l'Etat avait mis à notre disposition les meilleurs experts de la République sur la Calédonie. "
"Ils sont là pour vous aider à matérialiser le fruit de vos propres réflexions
– ajoutait Manuel Valls – S’il le faut ils se montreront capables de formuler ce qu’ils pensent que vous pensez !" 
Les six experts "es avenir institutionnel" ont donc rendu leur copie. Un document de 31 pages, auquel s'ajoute une dizaine de pages d'annexes dont la proposition pour une charte des valeurs communes. 
Ce n'est pour l'instant qu'un projet qui demande à être validé lors du prochain comité des signataires mais, à lire plusieurs passages de ce rapport, les experts marchent sur des œufs. Ils sont prudents à l'extrême, ils prennent toutes les précautions, soucieux de n'apparaître que comme les réceptacles des paroles qui leur ont été confiées. Ils indiquent ainsi que "les constats rassemblés ne portent, en eux-mêmes, aucun projet politique pour la Nouvelle-Calédonie. Ils ne sont le fruit d'aucune négociation politique entre les partenaires, pas plus qu'avec l'Etat. Ils constituent simplement un relevé global des divergences et des convergences constatées entre les partenaires de Nouvelle-Calédonie." Tout est dit et cette synthèse correspond, de fait, à la mission qui leur avait été confiée.

Mission accomplie donc, même si ce fut au prix d'atermoiements, de contestations, de crispations et d'incompréhensions.
Le travail est fait et bien fait, le document est de bonne facture. C'est un bel exercice intellectuel aux accents universitaires, une synthèse fidèle des positions des uns et des autres. 
Mais sommes-nous avancés pour autant puisque l'on ne connait pas la finalité de ce travail d'introspection ? 
Et à quoi tout cela aura-t-il servi alors que la perspective du referendum d'autodétermination, gommera toutes les convergences pour mieux exacerber les divergences ? 
Et si ce long travail n'avait servi qu'à occuper le terrain ? A donner l'impression de préparer l'avenir ? A donner du temps au temps avant la consultation référendaire ?
C'est le reproche que, clairement, Pierre Frogier fait à l'Etat en dénonçant – et je cite – "la culture du louvoiement, l’absence d’orientation, l’usage de mots vides de sens" et en stigmatisant "le brouhaha trimestriel des experts".

Tel un moderne Cassandre, le président du Rassemblement continue à mettre en garde contre le referendum.
Dans son plaidoyer pour une solution partagée dans la France, il dit et répète que cela conduira à des surenchères, à des tensions, à des divisions et que les précieux acquis de ces 30 dernières années seront irrémédiablement perdus, et il déclare que si on ne sait pas où on va, il vaut mieux ne pas demander aux Calédoniens d'y aller. 
Les yeux fixés sur la présidentielle, et l'alternance annoncée, le Rassemblement déclare, d'ores et déjà, qu'il ne validera pas le travail des experts.
C'est la prochaine majorité qui sera en charge de la sortie de l'Accord de Nouméa et peut-être saura-t-elle lever la malédiction de Cassandre, qui avait un don de divination mais que l'on ne croyait pas. On peut toujours se rassurer en se disant que ceux qui prendront la relève n'auront qu'à lire le rapport des experts.
Ils sauront ce que nous pensons ou, au moins, ce que les experts pensent que nous pensons.


Chronique de la semaine écoulée du 17 octobre 2016

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Chronique du 17 octobre 2016

CÇa balance dans le monde du nickel ! 
Alors que KNS se débat avec un difficile plan de licenciement et tente d’expliquer qu’il vaut mieux se séparer de 47 personnes aujourd’hui, plutôt que de devoir en virer 800 à la fin de l’année, les révélations du blog Calédonickel risquent de faire désordre. Son rédacteur – dont chacun sait qu’il est très bien informé –  affirme en effet que le secrétaire général de la SMSP s’est vu accorder, à son départ à la retraite, une indemnité de 42 millions de francs. Et il livre, au passage le salaire de l’intéressé, près de 3 millions par mois, et celui du président de la SMSP, qui serait de 5 millions.En parallèle de ces sommes exorbitantes, le rédacteur du blog rappelle les graves problèmes de trésorerie de la SMSP, qui est dans l’incapacité de régler ses dettes et de renégocier une restructuration de ses prêts.
Un pavé dans la mare dont se seraient bien passé les dirigeants de l’usine pays qui doivent faire face à la grogne des syndicats et aux exigences du partenaire minoritaire, mais tout puissant, qu’est Glencore !
On se demande comment tout cela va se terminer mais on trouve Victor Tutugoro, l’un des promoteurs de la doctrine nickel, bien optimiste quand il affirme que ce n’est qu’un mauvais moment à passer et qu’il suffit de faire le dos rond. 

On ne sait pas, non plus, comment va se terminer l’élection présidentielle qui, par la grâce des primaires, est devenue un scrutin à quatre tours. Mais ici, comme ailleurs, certains ont la conviction qu’à la fin c’est Juppé qui gagne et forcément, ça change les comportements.
Par exemple, on avait dit que la primaire de la droite et du centre ne devait pas susciter de divisions. Tout le monde en a convenu. Plus facile à dire qu’à faire même si son découvre qu’en Calédonie, ce ne sont pas tant les divisions entre les supporters des différents candidats qu'il faut craindre, que les rivalités entre les partisans d'Alain Juppé. On finit par s'y perdre tant la concurrence est vive, mais comme ils se chargent tous, chacun de leur côté, de diffuser la bonne parole de leur champion, nous avons reçu en plusieurs exemplaires la lettre d'Alain Juppé aux Calédoniens.
Il y a d'abord Simon Loueckhote, le porte-parole officiel et délégué d'Alain Juppé à la commission départementale pour l'organisation de la primaire de la droite et du centre.
Il y a ensuite, Gil Brial, responsable du comité de soutien à Alain Juppé.
Il y a enfin Philippe Gomès qui, avec le zèle des convertis, diffuse cette lettre aux Calédoniens accompagnée d'un commentaire indiquant qu'Alain Juppé est sur la même ligne que Calédonie Ensemble.
Alain Juppé appréciera… mais, à notre avis, un député ne devrait pas dire ça…
Nous laisserons l'ancien Premier ministre reconnaitre les siens, avec le sentiment que ces querelles picrocholines viennent apporter la preuve – même si ça ne plait pas à tout le monde que – par leur sens de la division – les Calédoniens ont bien quelque chose de gaulois.  

Chronique de la semaine écoulée du 10 octobre 2016

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 Chronique du 10 Octobre 2016

Un peu de tout cette semaine et décidément, tout change et rien ne change alors que nous sommes clairement entrés en période électorale et qu'il n'y a pas que la présidentielle à l'horizon.
Il n'y a pas que la présidentielle mais ça s'est bousculé cette semaine, autour des candidats à la primaire de la droite et du centre ! 
Pierre Frogier chez Nicolas Sarkozy, à qui il accorde son soutien indéfectible depuis des années, pour lui remettre les adhésions de son comité de soutien calédonien.
Philippe Gomès chez Alain Juppé, pour exprimer un soutien qui semble indexé sur les sondages et pour lui remettre, curieusement, une statuette de guerrier kanak dont, dans le contexte actuel, on recherche vainement, la symbolique.
Mais c'est comme ça. Chacun son style. Décidément, rien ne change ! 

Le député de la seconde circonscription qui a, aussi, multiplié les amendements dans le projet de loi sur l'égalité réelle. Aide à la continuité territoriale, alignement des tarifs bancaires et de l'électricité sur ceux de l'Hexagone, suppression de l'agrément préalable de Bercy pour la défiscalisation. On veut tout comme les DOM, sans être un DOM. On veut les avantages de l'autonomie et ceux de la départementalisation ou, plus trivialement, le beurre et l'argent du beurre. Et surtout, on veut faire croire aux calédoniens que c'est possible ! Décidément, rien ne change ! 

Ça ne s'est pas bousculé, en revanche, à l'ONU où seuls, le gouvernement, représenté par Jean-Louis D'Anglebermes, et Calédonie ensemble, représenté par Gérald Poadja, ont pétitionné devant le comité de décolonisation. Le FLNKS, lui, n'était pas là et, ces derniers jours, il ne cachait pas sa désapprobation quant à la présence d'un élu du Nord non indépendantiste dont le déplacement, à New York, a été pris en charge par la province Nord. Décidément tout change ! 

Et ça change, aussi, à la SMSP où l'on ne cache plus ses désillusions face à l'évolution de la situation. "La survie de KNS est en jeu", reconnaît André Dang qui, pour une fois, ne fait pas dans l'optimisme béat. L'actionnaire majoritaire de l'usine du Nord s'est appliqué, toutes ces dernières années, et jusque à ces dernières semaines encore, à affirmer que tout allait bien, que l'usine et la société étaient performantes, qu'il n'y avait aucun problème. La vague de licenciements qui vient d'être décidée jette un autre éclairage sur la réalité alors que l'usine du Nord – fleuron de la stratégie politique des indépendantistes – est soumise au bon vouloir de son partenaire minoritaire, Glencore, dont on attend qu'il investisse des dizaines de millions de dollars. La Calédonie rattrapée par les réalités économiques. Décidément, rien ne change !   

Et on termine avec les aventures d'Harold Martin qui a balancé, vendredi, en exclusivité sur RRB. Mis en examen pour achat de voix, il a donné sa vérité, lâché plusieurs noms et livré quelques révélations. Et dans cette affaire qui, à l'entendre, apparaît comme un tantinet rocambolesque, il choisit l'offensive avec le sentiment d'un acharnement contre lui parce qu'il dérange politiquement. 
Et quand on apprend que le sous-traitant de la NSA, arrêté récemment aux Etats-Unis et accusé de vol de données secrètes s'appelle, lui aussi, Harold Martin, on se dit qu'effectivement, c'est véritablement de l'acharnement.


Chronique de la semaine écoulée du 3 Octobre 2016

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 Chronique du 3 octobre 2016

Beaucoup de bruits pour pas grand-chose.
L'altercation qui a opposé, mardi, au Congrès Roch Wamytan et Gil Brial ne méritait ni cet excès d'honneur, ni cette indignité.
Ce n'est pas bien – chacun en conviendra – de s'insulter ou d'échanger des noms d'oiseaux dans l'hémicycle, mais les élus sont des êtres humains comme les autres avec leurs histoires, leurs humeurs, leurs sensibilité.
Ce sont aussi, par définition, des militants avec leurs convictions, leurs engagements, leurs certitudes. Il est normal que, de temps en temps, le ton monte, que l'exaspération, l'indignation ou la colère s'expriment, sauf à vouloir des débats atones, aseptisés et complètement anesthésiés. 

Mais là, me dira-t-on, on a dépassé les bornes et les insultes étaient racistes !
Sauf que, pour injurieux qu'il fut, Roch Wamytan n'a pas tenu les propos qui lui ont été intentionnellement prêtés. 
Et l'on peut s'interroger sur les motivations de certains à déformer, altérer, aggraver ces déclarations pour, clairement, jeter de l'huile sur le feu !
Comme on pourra s'étonner que, sur un blog où l'on échange quotidiennement et de façon anonyme, des insultes, des injures et des invectives, les différents intervenants aient joué les vierges effarouchées. Un blog où, paradoxalement, on ne s'était guère ému quand un élu – et non des moindres – avait proposé d'avoir recours à la kalachnikov pour régler ses différents. 

Mais cet épisode est tout de même révélateur d'une tension qui monte, d'une pression qui s'accroit et d'un climat qui devient un peu délétère. Et le pire, c'est que ça ne risque pas de s'arranger ! 
Le compte à rebours est pratiquement lancé. Dans deux ans, en novembre 2018, les calédoniens ont rendez-vous avec leur histoire. Ils devront décider de rester ou non dans la France et, au fur et à mesure que l'échéance se rapprochera, le climat sera de plus en plus tendu, les accrochages de plus en plus violents et les débats de plus en plus vifs.
Déjà, à l'occasion de la fête de la citoyenneté, les plus ultra des indépendantistes se sont livrés à une démonstration de leur conception du destin commun en déclinant leur nouveau slogan "2018, c'est possible". 
Ils savent – comme tout le monde – que ce n'est pas possible mais rien ne les empêchera, dans les deux ans qui viennent, de prétendre le contraire, d'affirmer que l'indépendance est viable et d'essayer de le démontrer. 
De leur côté, les partisans du maintien dans la France vont tout faire, évidemment, pour défendre leur option et tenter de convaincre en espérant obtenir le score le plus important et la majorité la plus large possible au referendum, tant il est évident que seul ce résultat incontestable pourra donner un peu d'air et avoir un impact déterminant sur la scène nationale et internationale. 
Ces échanges se feront-ils à fleurets mouchetés ? On peut en douter !
Il y a fort à parier, au contraire, que l'on ne rivalisera pas d'élégance et de délicatesse dans les controverses. L'enjeu justifie que chacun mette tout son poids et tous ses arguments dans la balance, quitte à quelques dérapages, à quelques outrances, à quelques excès. Et tant pis pour ceux dont les oreilles sensibles ont été heurtées par les propos entendus au Congrès.
Cela se fera-t-il au détriment de la recherche d'un destin commun ? On peut le redouter. Le referendum ce sera chacun pour soi.
Et tous les adeptes de la confrontation binaire et frontale sont sûrement les moins bien placés, aujourd'hui, pour se plaindre d'éventuels débordements.


Chronique de la semaine écoulée du 26 Septembre 2016

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Chronique du 26 septembre 2016

"Tout va très bien, madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien !"  pour reprendre un ancien refrain qui a fait les bonheurs de l'avant-guerre en métropole.
Preuve que tout change mais que rien ne change et que le déni fait toujours partie de l'arsenal des dirigeants et des communicants. 
Tout va très bien pour l'usine du Nord. On déplore un tout petit rien. 140 emplois supprimés à KNS dont 50 licenciements économiques.
Mais à part ça tout va très bien !
"Nous sommes performants !" a même déclaré le président de la SMSP, André Dang, la semaine dernière à la télévision.
Tout va très bien, vous dit-on ! 

Et pour l'économie aussi tout va très bien. On déplore un tout petit rien. 2216 postes de moins qu’au second trimestre 2015, selon les derniers chiffres publiés par l'ISEE.
Mais à part ça tout va très bien !
"Aujourd'hui on a, à peu près, le même nombre d'emplois qu'en 2015" nous a déclaré le président du gouvernement.
On vous le disait tout va très bien ! 
Ce qui est sûr c'est qu'il va falloir "pulser" très fort si l'on veut enrayer cette augmentation du chômage.

La crise du nickel, dont on parle depuis des mois, se traduit désormais brutalement par des destructions de postes.On avait réussi à l'éviter jusque-là. KNS, la SLN ou Vale NC ont réduit drastiquement la sous-traitance et lancé des plans de réduction des coûts. La SLN a supprimé des postes en choisissant de ne pas renouveler des départs à la retraite. KNS avait déjà supprimé, l'an dernier, des emplois d'expatriés. Mais c'est la première fois que l'on assiste à des licenciements économiques.
C'était inévitable, inéluctable, incontournable nous dit-on, alors que la pression de Glencore se fait de plus en plus forte. Il doit décider, dans les prochaines semaines, du sort de son usine calédonienne. Décider de continuer à la financer ou de la céder à un repreneur. Et, pour KNS, la contrainte est double. Elle doit prouver qu'elle est capable de faire des économies, en taillant dans sa masse salariale, mais aussi qu'elle est capable d'assurer une production constante et régulière et d'être à terme rentable et donc viable. Il y a du pain sur la planche.
D'autant plus que KNS n'est pas une usine comme les autres. C'est un mythe, c'est un symbole, c'est l'outil du rééquilibrage et l'aboutissement d'une revendication, c'est un enjeu colossal.Et on peine à imaginer les conséquences d'un échec ou d'une remise en cause.
Décidément, tout va très bien ! 

La sauvegarde de l'emploi qui sera peut-être l'un des enjeux des prochaines législatives en Nouvelle-Calédonie. Parce que même si l'actualité est focalisée sur les primaires de la droite et du centre, on repère, à des tout petits riens – là encore – que la bataille législative est lancée en Calédonie. Certes on n'en est qu'aux préliminaires mais des échauffourées au Congrès, aux bisbilles du conseil municipal de Nouméa, on sent comme une nervosité dans l'air.
Mais à part ça, tout va très bien !
 

 

 



 



 

 

 

 

 



 

 

 

 



 

 

 

 



 

 



 









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