La chronique de la semaine écoulée

NOUAR

Le rendez-vous éditorial de Radio Rythme Bleu.

Sur un ton volontairement satirique, Elizabeth NOUAR décrypte l'actualité politique de la Nouvelle-Calédonie.

Le lundi à 7h00
Rediffusion dans le journal de 11h30 et à 16h15



 

Chronique de la semaine écoulée du 12 décembre 2016

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                                                                                                                                           Chronique du 12 Décembre 2016

La lutte contre la vie chère, c'est un peu notre courbe du chômage à nous...
L'inversion de la courbe, on nous en parle depuis des années mais on ne voit jamais rien venir. Et ceux qui ont pris cet engagement de faire baisser les prix risquent de se retrouver un jour, comme François Hollande, contraints de renoncer, après avoir scruté des mois durant, les oscillations d'une courbe qui refusait obstinément de se redresser. 
Le dernier avatar de la lutte contre la vie chère, c'est l'augmentation du pouvoir d'achat ! A défaut de faire vraiment baisser les prix, on nous promet une augmentation de notre capacité à dépenser, qui aboutirait – comme par miracle –  à une relance de la consommation.
Et c'est comme ça que l'on nous a vendu la fameuse réforme de l'IRPP, véritable serpent de mer qui était censée moderniser notre fiscalité mais qui, selon les spécialistes, s'apparente plutôt à un replâtrage, bien loin des objectifs qui avaient été fixés. 
L'expert Jean-Pierre Lieb n'en fait d'ailleurs pas mystère ! Il explique – pudiquement – que la réforme fiscale adoptée par le Congrès est "différente" de ce qu'il préconisait. Une façon courtoise de dire qu'on ne l'a pas écouté et que le résultat ne correspond pas du tout à ses recommandations.
Et pourtant ! Ses promoteurs n'ont pas fait dans la dentelle pour défendre cette super réforme grâce à laquelle – à les entendre – neuf Calédoniens sur dix paieront moins d’impôt !
Et qu'importe si leurs opposants affirment, de leur côté, que la diminution d'impôt sera minime mais que cette réforme pénalise, en réalité, les familles avec enfants et que la multiplication des niches fiscales a de forts relents d'électoralisme.
Sans oublier cette volonté de faire payer les riches qui semble s'inspirer tout droit des réformes socialistes.
Les indépendantistes ne s'y sont pas trompés. Ils ont voté cette réforme fiscale, en se payant même le luxe d'un chantage aux amendements, tant ils savaient que Calédonie ensemble avait impérativement besoin de leurs voix pour faire passer ce texte. 

Loin de ces arguties fiscalistes, c'est la réalité de l'insécurité qui s'est de nouveau rappelée à nous cette semaine entre les barrages de Saint Louis et les saccages de Païta, avec un ras le bol palpable face à l'incompréhensible impuissance de l'Etat à disposer efficacement les forces de l'ordre.
Faut-il jouer les va-t'en guerre ? Et la tentation existe !
Ou faut-il éviter de jouer avec le feu et de souffler sur les braises ? C'est ce que la raison commande mais l'exaspération a ses raisons que la raison ne connait pas.
Il faut – c'est certain – que l'Etat apporte une réponse rapide à ces situations insupportables et qu'il le fasse quand il est encore temps !
Dans quelques mois, nous serons en pleine campagne électorale. La présidentielle, les législatives.
Et dans les diverses écuries, il y en a déjà beaucoup qui piaffent !

 



Chronique de la semaine écoulée du 05 décembre 2016

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Chronique du 05 Décembre 2016

C'est le grand "chamboule-tout" dans le paysage politique national !
En l'espace de 15 jours, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont, tous les trois, disparu, de la liste des présidentiables, alors que jusque-là, chacun d'eux pouvait légitimement prétendre à la fonction suprême.
Nous n'allons pas épiloguer sur les raisons de ces bouleversements, ni sur les raisons de la défaite des uns et de la renonciation de l'autre.
Nous n'allons pas, ici, analyser ce phénomène qui fait que, désormais, le peuple semble n'en faire qu'à sa tête et prendre un malin plaisir à déjouer les pronostics des sondeurs, des analystes et de tous les "sachant".
D'autant plus que la Calédonie n'est pas encore atteinte par ce syndrome ! Sur le territoire, on a voté Sarkozy, au premier tour de la primaire et quand il a été éliminé on a, logiquement, reporté ses voix sur Fillon qui réalise, chez nous, l'un de ses plus forts résultats.
Question de légitimisme et de fidélité. Malgré la cohorte des soutiens calédoniens, plus ou moins opportunistes, à Alain Juppé, malgré l'envoi groupé de SMS par le député de la seconde circonscription, le maire de Bordeaux n'aura pas réussi à faire un score sur le territoire.Ni au premier, ni même au second tour où il est arrivé en deuxième position dans tous les bureaux de vote. 
Quant au renoncement de François Hollande, il ne traumatisera pas une Calédonie qui ne l'a jamais porté dans son cœur. Même les indépendantistes, qui avaient pourtant voté pour lui, exprimaient, il y a peu, leur déception. A tel point que l'Union calédonienne a annoncé sa décision de ne pas participer aux échéances nationales.
Boycott ou pas boycott ? Le président de l'UC affirme – sans convaincre – que ce n'est pas un boycott.
Mais c'est aussi sur la consultation de sortie que plane, désormais, cette menace depuis que plusieurs indépendantistes laissent entendre, clairement, qu'ils conditionnent leur participation à ce scrutin crucial, à l'inscription automatique et sans condition des kanak sur la liste électorale spéciale.
Des indépendantistes dont le comportement déconcerte, plus on se rapproche de l'échéance de 2018. Et il reste encore deux ans !
Chacun relève, déjà, leur anachronisme, l'archaïsme de leur discours, leur propension à employer un langage du passé.Eux qui se prétendent progressistes nous ressortent, comme il y a trente ans, l'antienne de l'Etat colonial. Comme si rien ne s'était passé…
Et sans vergogne, certains d'entre eux rendent hommage à Fidel Castro qui – à en croire Daniel Goa – "a été une source d’inspiration importante pour le peuple kanak ces quarante dernières années".
Lors de son congrès, Calédonie ensemble a fustigé ce retour au passé des indépendantistes. Le parti de Philippe Gomès s'est aujourd'hui rallié aux valeurs qui rassemblent les calédoniens. Des valeurs qui avaient été définies, dès 2013, par Pierre Frogier qui proposait, lors d'une convention de son parti, que la citoyenneté calédonienne soit basée sur l'addition des valeurs républicaines, des valeurs chrétiennes et des valeurs mélanésiennes.
Et, signe des temps, le discours du leader Maximo de Calédonie ensemble n'aura duré qu'une trentaine de minutes, samedi matin, loin des interventions fleuves auxquelles il nous avait habitués.
 


Chronique de la semaine écoulée du 24 octobre 2016

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Chronique du 24 octobre 2016

Grâce aux experts, nous savons ce que nous pensons !
Ou, en tout cas, ce qu'ils pensent que nous pensons selon les mots du Premier ministre qui était venu nous rassurer en déclarant, devant le Congrès, que l'Etat avait mis à notre disposition les meilleurs experts de la République sur la Calédonie. "
"Ils sont là pour vous aider à matérialiser le fruit de vos propres réflexions
– ajoutait Manuel Valls – S’il le faut ils se montreront capables de formuler ce qu’ils pensent que vous pensez !" 
Les six experts "es avenir institutionnel" ont donc rendu leur copie. Un document de 31 pages, auquel s'ajoute une dizaine de pages d'annexes dont la proposition pour une charte des valeurs communes. 
Ce n'est pour l'instant qu'un projet qui demande à être validé lors du prochain comité des signataires mais, à lire plusieurs passages de ce rapport, les experts marchent sur des œufs. Ils sont prudents à l'extrême, ils prennent toutes les précautions, soucieux de n'apparaître que comme les réceptacles des paroles qui leur ont été confiées. Ils indiquent ainsi que "les constats rassemblés ne portent, en eux-mêmes, aucun projet politique pour la Nouvelle-Calédonie. Ils ne sont le fruit d'aucune négociation politique entre les partenaires, pas plus qu'avec l'Etat. Ils constituent simplement un relevé global des divergences et des convergences constatées entre les partenaires de Nouvelle-Calédonie." Tout est dit et cette synthèse correspond, de fait, à la mission qui leur avait été confiée.

Mission accomplie donc, même si ce fut au prix d'atermoiements, de contestations, de crispations et d'incompréhensions.
Le travail est fait et bien fait, le document est de bonne facture. C'est un bel exercice intellectuel aux accents universitaires, une synthèse fidèle des positions des uns et des autres. 
Mais sommes-nous avancés pour autant puisque l'on ne connait pas la finalité de ce travail d'introspection ? 
Et à quoi tout cela aura-t-il servi alors que la perspective du referendum d'autodétermination, gommera toutes les convergences pour mieux exacerber les divergences ? 
Et si ce long travail n'avait servi qu'à occuper le terrain ? A donner l'impression de préparer l'avenir ? A donner du temps au temps avant la consultation référendaire ?
C'est le reproche que, clairement, Pierre Frogier fait à l'Etat en dénonçant – et je cite – "la culture du louvoiement, l’absence d’orientation, l’usage de mots vides de sens" et en stigmatisant "le brouhaha trimestriel des experts".

Tel un moderne Cassandre, le président du Rassemblement continue à mettre en garde contre le referendum.
Dans son plaidoyer pour une solution partagée dans la France, il dit et répète que cela conduira à des surenchères, à des tensions, à des divisions et que les précieux acquis de ces 30 dernières années seront irrémédiablement perdus, et il déclare que si on ne sait pas où on va, il vaut mieux ne pas demander aux Calédoniens d'y aller. 
Les yeux fixés sur la présidentielle, et l'alternance annoncée, le Rassemblement déclare, d'ores et déjà, qu'il ne validera pas le travail des experts.
C'est la prochaine majorité qui sera en charge de la sortie de l'Accord de Nouméa et peut-être saura-t-elle lever la malédiction de Cassandre, qui avait un don de divination mais que l'on ne croyait pas. On peut toujours se rassurer en se disant que ceux qui prendront la relève n'auront qu'à lire le rapport des experts.
Ils sauront ce que nous pensons ou, au moins, ce que les experts pensent que nous pensons.


Chronique de la semaine écoulée du 17 octobre 2016

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Chronique du 17 octobre 2016

CÇa balance dans le monde du nickel ! 
Alors que KNS se débat avec un difficile plan de licenciement et tente d’expliquer qu’il vaut mieux se séparer de 47 personnes aujourd’hui, plutôt que de devoir en virer 800 à la fin de l’année, les révélations du blog Calédonickel risquent de faire désordre. Son rédacteur – dont chacun sait qu’il est très bien informé –  affirme en effet que le secrétaire général de la SMSP s’est vu accorder, à son départ à la retraite, une indemnité de 42 millions de francs. Et il livre, au passage le salaire de l’intéressé, près de 3 millions par mois, et celui du président de la SMSP, qui serait de 5 millions.En parallèle de ces sommes exorbitantes, le rédacteur du blog rappelle les graves problèmes de trésorerie de la SMSP, qui est dans l’incapacité de régler ses dettes et de renégocier une restructuration de ses prêts.
Un pavé dans la mare dont se seraient bien passé les dirigeants de l’usine pays qui doivent faire face à la grogne des syndicats et aux exigences du partenaire minoritaire, mais tout puissant, qu’est Glencore !
On se demande comment tout cela va se terminer mais on trouve Victor Tutugoro, l’un des promoteurs de la doctrine nickel, bien optimiste quand il affirme que ce n’est qu’un mauvais moment à passer et qu’il suffit de faire le dos rond. 

On ne sait pas, non plus, comment va se terminer l’élection présidentielle qui, par la grâce des primaires, est devenue un scrutin à quatre tours. Mais ici, comme ailleurs, certains ont la conviction qu’à la fin c’est Juppé qui gagne et forcément, ça change les comportements.
Par exemple, on avait dit que la primaire de la droite et du centre ne devait pas susciter de divisions. Tout le monde en a convenu. Plus facile à dire qu’à faire même si son découvre qu’en Calédonie, ce ne sont pas tant les divisions entre les supporters des différents candidats qu'il faut craindre, que les rivalités entre les partisans d'Alain Juppé. On finit par s'y perdre tant la concurrence est vive, mais comme ils se chargent tous, chacun de leur côté, de diffuser la bonne parole de leur champion, nous avons reçu en plusieurs exemplaires la lettre d'Alain Juppé aux Calédoniens.
Il y a d'abord Simon Loueckhote, le porte-parole officiel et délégué d'Alain Juppé à la commission départementale pour l'organisation de la primaire de la droite et du centre.
Il y a ensuite, Gil Brial, responsable du comité de soutien à Alain Juppé.
Il y a enfin Philippe Gomès qui, avec le zèle des convertis, diffuse cette lettre aux Calédoniens accompagnée d'un commentaire indiquant qu'Alain Juppé est sur la même ligne que Calédonie Ensemble.
Alain Juppé appréciera… mais, à notre avis, un député ne devrait pas dire ça…
Nous laisserons l'ancien Premier ministre reconnaitre les siens, avec le sentiment que ces querelles picrocholines viennent apporter la preuve – même si ça ne plait pas à tout le monde que – par leur sens de la division – les Calédoniens ont bien quelque chose de gaulois.  

Chronique de la semaine écoulée du 10 octobre 2016

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 Chronique du 10 Octobre 2016

Un peu de tout cette semaine et décidément, tout change et rien ne change alors que nous sommes clairement entrés en période électorale et qu'il n'y a pas que la présidentielle à l'horizon.
Il n'y a pas que la présidentielle mais ça s'est bousculé cette semaine, autour des candidats à la primaire de la droite et du centre ! 
Pierre Frogier chez Nicolas Sarkozy, à qui il accorde son soutien indéfectible depuis des années, pour lui remettre les adhésions de son comité de soutien calédonien.
Philippe Gomès chez Alain Juppé, pour exprimer un soutien qui semble indexé sur les sondages et pour lui remettre, curieusement, une statuette de guerrier kanak dont, dans le contexte actuel, on recherche vainement, la symbolique.
Mais c'est comme ça. Chacun son style. Décidément, rien ne change ! 

Le député de la seconde circonscription qui a, aussi, multiplié les amendements dans le projet de loi sur l'égalité réelle. Aide à la continuité territoriale, alignement des tarifs bancaires et de l'électricité sur ceux de l'Hexagone, suppression de l'agrément préalable de Bercy pour la défiscalisation. On veut tout comme les DOM, sans être un DOM. On veut les avantages de l'autonomie et ceux de la départementalisation ou, plus trivialement, le beurre et l'argent du beurre. Et surtout, on veut faire croire aux calédoniens que c'est possible ! Décidément, rien ne change ! 

Ça ne s'est pas bousculé, en revanche, à l'ONU où seuls, le gouvernement, représenté par Jean-Louis D'Anglebermes, et Calédonie ensemble, représenté par Gérald Poadja, ont pétitionné devant le comité de décolonisation. Le FLNKS, lui, n'était pas là et, ces derniers jours, il ne cachait pas sa désapprobation quant à la présence d'un élu du Nord non indépendantiste dont le déplacement, à New York, a été pris en charge par la province Nord. Décidément tout change ! 

Et ça change, aussi, à la SMSP où l'on ne cache plus ses désillusions face à l'évolution de la situation. "La survie de KNS est en jeu", reconnaît André Dang qui, pour une fois, ne fait pas dans l'optimisme béat. L'actionnaire majoritaire de l'usine du Nord s'est appliqué, toutes ces dernières années, et jusque à ces dernières semaines encore, à affirmer que tout allait bien, que l'usine et la société étaient performantes, qu'il n'y avait aucun problème. La vague de licenciements qui vient d'être décidée jette un autre éclairage sur la réalité alors que l'usine du Nord – fleuron de la stratégie politique des indépendantistes – est soumise au bon vouloir de son partenaire minoritaire, Glencore, dont on attend qu'il investisse des dizaines de millions de dollars. La Calédonie rattrapée par les réalités économiques. Décidément, rien ne change !   

Et on termine avec les aventures d'Harold Martin qui a balancé, vendredi, en exclusivité sur RRB. Mis en examen pour achat de voix, il a donné sa vérité, lâché plusieurs noms et livré quelques révélations. Et dans cette affaire qui, à l'entendre, apparaît comme un tantinet rocambolesque, il choisit l'offensive avec le sentiment d'un acharnement contre lui parce qu'il dérange politiquement. 
Et quand on apprend que le sous-traitant de la NSA, arrêté récemment aux Etats-Unis et accusé de vol de données secrètes s'appelle, lui aussi, Harold Martin, on se dit qu'effectivement, c'est véritablement de l'acharnement.


Chronique de la semaine écoulée du 3 Octobre 2016

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 Chronique du 3 octobre 2016

Beaucoup de bruits pour pas grand-chose.
L'altercation qui a opposé, mardi, au Congrès Roch Wamytan et Gil Brial ne méritait ni cet excès d'honneur, ni cette indignité.
Ce n'est pas bien – chacun en conviendra – de s'insulter ou d'échanger des noms d'oiseaux dans l'hémicycle, mais les élus sont des êtres humains comme les autres avec leurs histoires, leurs humeurs, leurs sensibilité.
Ce sont aussi, par définition, des militants avec leurs convictions, leurs engagements, leurs certitudes. Il est normal que, de temps en temps, le ton monte, que l'exaspération, l'indignation ou la colère s'expriment, sauf à vouloir des débats atones, aseptisés et complètement anesthésiés. 

Mais là, me dira-t-on, on a dépassé les bornes et les insultes étaient racistes !
Sauf que, pour injurieux qu'il fut, Roch Wamytan n'a pas tenu les propos qui lui ont été intentionnellement prêtés. 
Et l'on peut s'interroger sur les motivations de certains à déformer, altérer, aggraver ces déclarations pour, clairement, jeter de l'huile sur le feu !
Comme on pourra s'étonner que, sur un blog où l'on échange quotidiennement et de façon anonyme, des insultes, des injures et des invectives, les différents intervenants aient joué les vierges effarouchées. Un blog où, paradoxalement, on ne s'était guère ému quand un élu – et non des moindres – avait proposé d'avoir recours à la kalachnikov pour régler ses différents. 

Mais cet épisode est tout de même révélateur d'une tension qui monte, d'une pression qui s'accroit et d'un climat qui devient un peu délétère. Et le pire, c'est que ça ne risque pas de s'arranger ! 
Le compte à rebours est pratiquement lancé. Dans deux ans, en novembre 2018, les calédoniens ont rendez-vous avec leur histoire. Ils devront décider de rester ou non dans la France et, au fur et à mesure que l'échéance se rapprochera, le climat sera de plus en plus tendu, les accrochages de plus en plus violents et les débats de plus en plus vifs.
Déjà, à l'occasion de la fête de la citoyenneté, les plus ultra des indépendantistes se sont livrés à une démonstration de leur conception du destin commun en déclinant leur nouveau slogan "2018, c'est possible". 
Ils savent – comme tout le monde – que ce n'est pas possible mais rien ne les empêchera, dans les deux ans qui viennent, de prétendre le contraire, d'affirmer que l'indépendance est viable et d'essayer de le démontrer. 
De leur côté, les partisans du maintien dans la France vont tout faire, évidemment, pour défendre leur option et tenter de convaincre en espérant obtenir le score le plus important et la majorité la plus large possible au referendum, tant il est évident que seul ce résultat incontestable pourra donner un peu d'air et avoir un impact déterminant sur la scène nationale et internationale. 
Ces échanges se feront-ils à fleurets mouchetés ? On peut en douter !
Il y a fort à parier, au contraire, que l'on ne rivalisera pas d'élégance et de délicatesse dans les controverses. L'enjeu justifie que chacun mette tout son poids et tous ses arguments dans la balance, quitte à quelques dérapages, à quelques outrances, à quelques excès. Et tant pis pour ceux dont les oreilles sensibles ont été heurtées par les propos entendus au Congrès.
Cela se fera-t-il au détriment de la recherche d'un destin commun ? On peut le redouter. Le referendum ce sera chacun pour soi.
Et tous les adeptes de la confrontation binaire et frontale sont sûrement les moins bien placés, aujourd'hui, pour se plaindre d'éventuels débordements.


Chronique de la semaine écoulée du 26 Septembre 2016

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Chronique du 26 septembre 2016

"Tout va très bien, madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien !"  pour reprendre un ancien refrain qui a fait les bonheurs de l'avant-guerre en métropole.
Preuve que tout change mais que rien ne change et que le déni fait toujours partie de l'arsenal des dirigeants et des communicants. 
Tout va très bien pour l'usine du Nord. On déplore un tout petit rien. 140 emplois supprimés à KNS dont 50 licenciements économiques.
Mais à part ça tout va très bien !
"Nous sommes performants !" a même déclaré le président de la SMSP, André Dang, la semaine dernière à la télévision.
Tout va très bien, vous dit-on ! 

Et pour l'économie aussi tout va très bien. On déplore un tout petit rien. 2216 postes de moins qu’au second trimestre 2015, selon les derniers chiffres publiés par l'ISEE.
Mais à part ça tout va très bien !
"Aujourd'hui on a, à peu près, le même nombre d'emplois qu'en 2015" nous a déclaré le président du gouvernement.
On vous le disait tout va très bien ! 
Ce qui est sûr c'est qu'il va falloir "pulser" très fort si l'on veut enrayer cette augmentation du chômage.

La crise du nickel, dont on parle depuis des mois, se traduit désormais brutalement par des destructions de postes.On avait réussi à l'éviter jusque-là. KNS, la SLN ou Vale NC ont réduit drastiquement la sous-traitance et lancé des plans de réduction des coûts. La SLN a supprimé des postes en choisissant de ne pas renouveler des départs à la retraite. KNS avait déjà supprimé, l'an dernier, des emplois d'expatriés. Mais c'est la première fois que l'on assiste à des licenciements économiques.
C'était inévitable, inéluctable, incontournable nous dit-on, alors que la pression de Glencore se fait de plus en plus forte. Il doit décider, dans les prochaines semaines, du sort de son usine calédonienne. Décider de continuer à la financer ou de la céder à un repreneur. Et, pour KNS, la contrainte est double. Elle doit prouver qu'elle est capable de faire des économies, en taillant dans sa masse salariale, mais aussi qu'elle est capable d'assurer une production constante et régulière et d'être à terme rentable et donc viable. Il y a du pain sur la planche.
D'autant plus que KNS n'est pas une usine comme les autres. C'est un mythe, c'est un symbole, c'est l'outil du rééquilibrage et l'aboutissement d'une revendication, c'est un enjeu colossal.Et on peine à imaginer les conséquences d'un échec ou d'une remise en cause.
Décidément, tout va très bien ! 

La sauvegarde de l'emploi qui sera peut-être l'un des enjeux des prochaines législatives en Nouvelle-Calédonie. Parce que même si l'actualité est focalisée sur les primaires de la droite et du centre, on repère, à des tout petits riens – là encore – que la bataille législative est lancée en Calédonie. Certes on n'en est qu'aux préliminaires mais des échauffourées au Congrès, aux bisbilles du conseil municipal de Nouméa, on sent comme une nervosité dans l'air.
Mais à part ça, tout va très bien !

 

 


Chronique de la semaine écoulée du 19 Septembre 2016

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Chronique du 19 septembre 2016

S'il y avait un concours d'acronymes nul doute que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie le remporterait.
Sa dernière arme fatale, c'est le PULSE, le Plan d'Urgence Locale de Soutien à l'Emploi.Pas la peine de vous faire un dessin, le PULSE doit pulser l'emploi. Bravo aux communicants qui ont fait cette géniale trouvaille !
Mais, au-delà du sigle, la dizaine de mesures censées préserver et développer l'emploi nous laisse un peu sur notre faim et a un goût de déjà vu, comme une ressemblance avec les plans qui ont fleuri, ces dernières années, en métropole.
Passons sur la création d'un guichet unique, mesure purement administrative de regroupement de différents services. Il est chargé d’aider les entreprises en difficulté et les salariés licenciés. Et c'est déjà un aveu de la situation catastrophique dans laquelle se trouve notre économie qui pouvait, il y a peu, se prévaloir du plein emploi.
Les mesures pour préserver l'emploi ensuite.Elles consistent à étendre le dispositif de chômage partiel qui passe de 900 à 1800 heures indemnisables par an tandis que l'indemnisation passe de 66 à 100% du SMG.
Les mesures pour développer l'emploi enfin. Il s'agit ni plus ni moins que de la création d'emplois aidés avec des primes à l'embauche voire des prises en charge des salaires. 

Des mesures sociales, certes, mais qui ont coût pour la collectivité et qui vont au rebours de tous les programmes des candidats à la primaire de la droite et du centre qui plaident tous, à l'inverse, pour une réduction de la dépense publique, pour un allègement de la fiscalité sur les ménages et les entreprises, et pour une dégressivité des allocations chômage.

Ajouté à la loi compétitivité, ce glissement à gauche de la politique économique et sociale calédonienne n'aura pas échappé, on s'en doute, au vice-président du MEDEF, Thibaut Lanxade, venu célébrer, cette semaine, les 80 ans du MEDEF NC.
Son diagnostic est sans appel ! Interrogé sur l'encadrement des marges, il parle "d'une ineptie économique qui aura des répercussions sur l'emploi et sur l'investissement". Il évoque aussi "un pouvoir politique qui, avec un certain dogmatisme, s'est orientée dans une voie contraire à la liberté d'entreprendre ce qui produit, à chaque fois, dit-il, des dégâts irrémédiables". Pour lui, cet interventionnisme des pouvoirs publics et ce dirigisme économique sont "extrêmement dangereux. Ils ne vont pas dans la bonne direction parce qu'ils diminuent la  confiance et que l'une des clefs de la croissance c'est la confiance. Quand la confiance n'est plus là, la croissance s'effondre" prévient le vice-président du MEDEF.

Et on peut penser que pour la relancer, il faudra plus qu'un acronyme.


Chronique de la semaine écoulée du 12 Septembre 2016

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Chronique du 12 Septembre 2016

Qui aime bien châtie bien !
L'Union calédonienne a donc infligé une sanction à Anthony Lecren, mettant ainsi un terme au feuilleton qui durait depuis des mois.Une sanction toute symbolique, chacun l'aura bien compris, puisque le membre du gouvernement, en charge notamment de l'aménagement foncier, n'écope que d'un an de suspension de ses fonctions politiques au sein de l'UC – fonctions plus théoriques que réelles – mais qu'il conserve son siège dans l'exécutif de la Nouvelle-Calédonie. 
L'UC, néanmoins, sauve les apparences. Le dossier a abouti après avoir été traité par sa commission de discipline, puis renvoyé à son congrès extraordinaire et, enfin, bouclé par son comité directeur.
Elle est allée au bout de la logique, la procédure a été respectée et c'est à bulletins secrets que les délégués se sont prononcés.

On s'en doute, cette sanction fera grincer des dents ! Certains la trouveront bien douce voire magnanime, notamment les responsables politiques qui ont réclamé le départ d'Anthony Lecren du gouvernement et tous ceux qui, sur les réseaux sociaux, se sont érigés en redresseurs de torts.
Mais derrière le cas Lecren, ce qui se joue en ce moment, au sein du plus vieux parti de Nouvelle-Calédonie, c'est en fait un rapport de force entre les différentes sections et les différents courants. Ce n'est pas forcément nouveau, mais cela prend davantage d'ampleur à deux mois de son congrès de novembre et à deux ans de la sortie de l'Accord de Nouméa. L'Union calédonienne a la particularité de remplacer tous les ans son président. Au-delà d'une sanction envers l'un de ses membres, ce qui était en jeu, lors de ce comité directeur, c'était le nombre de délégués sur lequel peut compter chaque faction. La clémence à l'égard du neveu de Charly Pidjot, disparu il y a exactement 4 ans, est-elle un indicateur ? La réponse sera apportée lors du prochain congrès de l'UC.

Et entretemps, l'Union calédonienne a du pain sur la planche. Projet de société, projet économique, plan d'action, assemblée référendaire… Elle multiplie les publications et les déclarations péremptoires sur la viabilité de l'indépendance. 
Ça tombe bien ! C'est justement la question posée par le Rassemblement lors de son récent comité directeur."S'il faut éclairer quelque chose, a ironisé Pierre Frogier, c'est que deviendrait la Nouvelle-Calédonie en cas d'indépendance". Et il demande que l'on dise aux calédoniens quelles en seraient les conséquences au plan social, financier et budgétaire. Quelles seraient les conséquences sur le niveau de vie, sur le pouvoir d'achat, quelles seraient les ressources, comment seraient payés les fonctionnaires, comment fonctionneraient les écoles et les hôpitaux…
Une pression mise également par la députée maire de Nouméa, Sonia Lagarde qui réclame, elle aussi, que les indépendantistes dévoilent leur projet.

Et pourquoi ne pas confier cette mission aux experts qui risquent de se retrouver au chômage technique ?
Ils doivent rédiger la synthèse de ce qu'ils pensent que les calédoniens pensent, à l'issue des groupes de travail mais l'UC a dit ce week-end qu'elle n'acterait rien, tandis que le président du Rassemblement a exprimé sa plus grande méfiance envers la démarche en cours. Il craint que ce soit une façon d'emmener les calédoniens là où ils ne veulent pas aller, c'est-à-dire vers une indépendance association. Pierre Frogier en veut pour preuve la proximité sémantique entre "les zones de compatibilité" qu'avait identifiées Edgard Pisani et "les convergences" que les socialistes nous demandent aujourd'hui de rechercher.
Pour l'instant, l'un des points de convergence entre indépendantistes et partisans du maintien dans la France, c'est le scepticisme à l'égard des méthodes des socialistes.
Reste à savoir si c'est un début de zone de compatibilité.

 


Chronique de la semaine écoulée du 05 Septembre 2016

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Chronique du 05 Septembre 2016

Sans vouloir jouer les rabats joie, l'instauration de la TGC n'a rien de révolutionnaire !
Je sais que certains élus du Congrès ont exprimé "une joie immense" lors de l'adoption de cette réforme fiscale mais il faut raison garder. Ce qui aurait été extraordinaire c'est que le Congrès n'adopte pas cette taxe générale à la consommation, qui est déjà en vigueur dans 160 pays, et qui est attendue, en Nouvelle-Calédonie, depuis une quinzaine d'années. On peut seulement s'étonner du délai qu'il aura fallu pour convaincre certains partis politiques, comme Calédonie ensemble, et certaines organisations patronales, comme la FINC et la CGPME, du bienfondé de cette réforme. Et s'ils s'en font aujourd'hui les promoteurs zélés, il ne faut pas oublier qu'ils s'y sont fermement opposés ces dernières années. Comme il ne faut pas oublier que ce sont des raisons électoralistes qui, dans un passé récent, ont reporté l'adoption de ce texte qui fait désormais l'unanimité.
Aujourd'hui, tout le monde est pour la TGC mais gare aux désillusions ! Elle n'entrera en vigueur que dans un peu moins de deux ans, en juillet 2018 et – contrairement à ce que disent certains – elle ne fera pas baisser les prix !
On peut prendre date. 

C'est, justement, parce que la TGC est inflationniste que le gouvernement a sorti de son chapeau la loi compétitivité, adoptée elle aussi, par le Congrès, au prix de sourdes manœuvres. Mais autant la TGC constitue une modernisation bienvenue de notre fiscalité, autant la loi compétitivité illustre le pire des archaïsmes !
Un archaïsme économique d'abord.C'est bien simple, partout dans les pays développés, on a renoncé à l'encadrement autoritaire des prix et des marges. Depuis les années 80, on est revenu de cette mesure surannée que les économistes déconseillent en raison de ses conséquences dramatiques sur l'activité et sur l'emploi. Une mesure tellement archaïque que même les socialistes français l'ont abandonné eux qui, désormais – à l'instar du Premier ministre Manuel Valls – aiment l'entreprise. Eux qui ont enterré le discours du Bourget quand François Hollande proclamait que son ennemi c'était la finance. Il n'y a plus guère qu'en Calédonie, que l'on se croit moderne quand on appelle à défiler contre les riches et quand on prend pour cible la libre entreprise.
Un archaïsme politique, ensuite, pour la manière dont a été adoptée cette loi controversée. On l'a dit. Une réforme d'une telle ampleur nécessitait le consensus. A l'inverse, cette loi divise les politiques entre eux, les patrons entre eux, les salariés entre eux. Et l'échec de la mobilisation de l'intersyndicale en a apporté, si besoin, la preuve. Les vociférations d'un ancien leader syndical, récemment promu conseiller économique et social, avaient, elles aussi, quelque chose de suranné, bien loin de la modernité d'un syndicalisme réformiste que l'on voit à l'œuvre dans les grandes démocraties, bien loin aussi de l'obligation de réserve que l'on attend d'un membre du CES national.
Et enfin, la façon dont une majorité a été trouvée au Congrès renvoie, elle aussi, à des méthodes anciennes. L'Union calédonienne, qui avait laissé plané l'incertitude, ne s'est décidée à la voter qu'au prix d'on ne sait quelles concessions qui lui ont été accordées in extremis et ces petits arrangements risquent de laisser des traces, notamment dans le domaine fiscal.
Ils se croient modernes parce qu'ils font adopter une législation que la Nouvelle-Calédonie n'avait pas encore expérimentée mais précisément, la vraie modernité de la Calédonie, c'est qu'elle avait réussi, jusque-là, à échapper aux pesanteurs venues d'ailleurs.

 


Chronique de la semaine écoulée du 29 août 2016

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Chronique du 29 août 2016

Ce sera donc la réponse du berger à la bergère, de certains syndicats à une partie du patronat.
Si certains descendent dans la rue, ils nous trouveront face avec eux !", avait martialement déclaré Didier Guénant Janson et – joignant le geste à la parole – il enjoint ses troupes de venir manifester devant le Congrès, le 1er septembre, jour où les élus examineront les fameux projets de loi TGC et Compétitivité. Mais à part se livrer à une hypothétique démonstration de force et à part faire pression, une nouvelle fois, sur les élus qui se retrouvent pris entre deux feux, on ne voit pas à quoi servira cette énième manifestation contre la vie chère.
Et pour tout dire, ce slogan funeste est à la base d'un immense malentendu qui perturbe, depuis des années, la vie politique et sociale de la Nouvelle-Calédonie, sans apporter la moindre réponse aux problèmes de fond que rencontre notre économie.
"Lutter contre la vie chère", c'est le slogan simpliste et démagogique par excellence ! Qui – même parmi les plus riches – ne souhaite pas que les prix soient moins élevés et que la vie soit moins chère ? Mais ce n'est pas en pointant du doigt quelques familles et quelques entreprises que l'on résoudra la situation. Pire ! On se moque des calédoniens en leur faisant miroiter quelques mesures comme la panacée universelle et il faut le dire tout net : Ce ne sont ni la TGC, ni la compétitivité qui feront baisser les prix !

Par on ne sait quel prodige, la TGC fait aujourd'hui l'unanimité alors qu'elle avait été violemment combattue, notamment par Calédonie ensemble ou la CGPME, quand elle avait été envisagée, il y a quelques années. Elle fait l'unanimité parce qu'elle apportera en transparence, en clarté, en lisibilité dans l'empilement des taxes que connait la Calédonie, mais tout le monde sait qu'elle ne provoquera pas une baisse des prix. Au contraire ! La TGC, doit conserver, à la Nouvelle-Calédonie, le même rendement fiscal que toutes les taxes qu'elle va remplacer et elle risque, même, d'être légèrement inflationniste. Tout le monde le sait ! Et tous les apprentis sorciers qui, pendant des années, ont basé tous leurs discours, toutes leurs promesses de campagne, toute leur démagogie sur la lutte contre la vie chère, sont aujourd'hui rattrapés par cette réalité.
Ils avaient promis la TGC pour faire baisser les prix ? Ils promettent maintenant la compétitivité pour empêcher la TGC de faire augmenter les prix. On marche sur la tête !

Ce qui est sûr, c'est que ce sont les entreprises qui en feront les frais – et pas seulement les plus grosses ou les plus riches – avec un risque immédiat de conséquences sur les emplois. Est-ce bien nécessaire en ces temps de crise ?
Il restera à recycler les slogans.Ce ne sera plus la lutte contre la vie chère mais la lutte pour la création d'emplois et gageons que l'on trouvera bien, à ce moment-là, quelqu'un, en Calédonie, pour nous promettre d'inverser la courbe du chômage !
 




 

 



 



 

 

 

 

 



 

 

 

 



 

 

 

 



 

 



 









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