La chronique de la semaine écoulée

NOUAR

Le rendez-vous éditorial de Radio Rythme Bleu.

Sur un ton volontairement satirique, Elizabeth NOUAR décrypte l'actualité politique de la Nouvelle-Calédonie.

Le lundi à 7h00
Rediffusion dans le journal de 11h30 et à 16h15

 

 

Chronique de la semaine écoulée du 18 Avril 2017

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Chronique du 18 Avril 2017

Dans une semaine nous saurons ! Ou presque !
Dans une semaine, nous connaîtrons les deux finalistes de l'élection présidentielle. 
Mais que la campagne fut longue !
Débutée avec les primaires de la droite, poursuivie avec les primaires de la gauche, pour désigner les champions des deux camps qui furent malmenés comme jamais, au terme d'un mécanisme qui demande encore à faire ses preuves.
Qu'elle fut aussi cruelle cette campagne !
Avec l'élimination de plusieurs têtes d'affiche, avec les affaires des uns et les manipulations des autres, qui nous ont souvent rappelé les plus improbables scénarios de séries télé.
Mais que cette campagne fut décevante !
Avec ses polémiques interminables. Avec ses feuilletons médiatico-judiciaires qui n'ont pratiquement jamais permis de parler du fond et de débattre des vrais sujets.
Elle fut aussi passionnante !
Avec ses retournements de situation, ses rebondissements permanents, ses coups de théâtre, ses débats inédits, comme une dramatique sans cesse renouvelée.
Elle fut également folle, surréaliste, déraisonnable et tellement incertaine !
A 5 jours du premier tour personne – personne – n'est capable de prédire qui va se qualifier pour le round final. 

Bon, sans leur faire injure, on peut sans doute faire l'impasse sur les petits candidats – comme ils détestent qu'on les appelle – les Poutou, Arthaud, Cheminade, Asselineau et Lassalle qui auront apporté, qui du folklore, qui des idées nouvelles, du Frexit à la conquête de Mars, en passant par la transformation de l'Elysée en musée...
On peut sans doute, aussi, sans trop de risque, avancer que Nicolas Dupont Aignan n'arrivera pas à franchir la barre même si, lui, y croit dur comme fer. 
Et on peut également penser que rien ne viendra enrayer l'inexorable tassement de Benoît Hamon, même s'il conserve, en Calédonie, l'indéfectible soutien du Palika, de l'UPM, du RDO et des progressistes. 

Il en reste donc quatre puisque, grâce à ses hologrammes et ses talents de tribun, Jean-Luc Mélenchon a rejoint le peloton de tête.  Il y côtoie Marine Le Pen qui, malgré une campagne en demi-teinte, reste en tête dans toutes les enquêtes d'opinion.Emmanuel Macron, qui vient de nulle part pour aller on ne sait où, mais dont la bulle – malgré toutes les prédictions – ne s'est pas encore dégonflé. François Fillon, revenu de toutes les attaques, de toutes les polémiques et de toutes les trahisons, mais porté par un peuple de droite qui a faim d'alternance. 
Un scénario incroyable dont les derniers épisodes ne sont pas encore écrits, et qui nous réserve peut-être encore bien des surprises, au vu du nombre d'indécis et alors que les électeurs semblent entrés en rébellion contre les sondages.
Mais lundi matin, pour nous, il n'en restera que deux.

Et en allant voter, les calédoniens devront avoir à l'esprit que – même si la plupart des candidats n'en ont pas parlé – la sortie de l'Accord de Nouméa sera l'un des premiers dossiers dont devra se saisir le prochain locataire de l'Elysée.
Et même si la campagne fût longue, cruelle, décevante, passionnante et folle... ça incite tout de même à réfléchir.


Chronique de la semaine écoulée du 10 Avril 2017

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         Chronique du 10 Avril 2017

Guerre ou paix.
C'est un peu l'alternative qui est proposée aux Calédoniens dans la perspective des élections législatives et, curieusement, c'est un thème qui avait déjà alimenté les élections de 2012. Mais certains acteurs jouent, depuis, à front renversé.
"Pour le référendum de 2018, nous avons besoin de chefs de paix" déclare ainsi Philippe Gomès dans une interview aux Nouvelles Calédoniennes. Un ton pacifique que n'a pas toujours eu le député de la seconde circonscription.
Mais, c'est bien connu, seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.
Et chacun aura compris aussi que, s'il appelle aujourd'hui, de ses vœux, des chefs de paix, c'est en réponse à Sonia Backès qui écrit, dans le livre qu'elle a publié à l'occasion de la campagne législative, qu'Harold Martin est "le seul chef de guerre dont nous disposons à ce jour." 

Chef de guerre contre chef de paix. Un qualificatif dont se serait bien passé le maire de Païta même si ses propos sont – il est vrai – plutôt combatifs, voire belliqueux, quand il affirme, vendredi, dans Transparence, que les indépendantistes ne sont pas les seuls à connaitre le rapport de force sur le terrain et que s'ils s'agitent on s'agitera aussi. 
Harold Martin qui prend essentiellement pour cible Philippe Gomès et Alain Christnacht, accusés de préparer l'indépendance association.Le refrain a déjà été entendu mais on joue, là encore, à front renversé.
Il y a cinq ans, c'était le leader de Calédonie ensemble qui reprochait à Pierre Frogier de vouloir discuter avec l'UC pour… préparer l'indépendance-association.
A l'époque, c'était Philippe Gomès qui endossait le rôle de chef de guerre en pourfendant les deux drapeaux et en fustigeant tous ceux qui voulaient préparer, par le dialogue, la sortie de l'Accord de Nouméa. 
Bien loin de la sagesse des propos qu'il tient aujourd'hui en affirmant que "le dialogue politique avec les indépendantistes, préalablement au référendum, est indispensable". Et quand il parle de "régression" en évoquant un référendum basique autour du "oui ou non à l’indépendance" ou quand il regrette que l'on organise cette consultation "comme s’il ne s’était rien passé depuis 30 ans", on a l'impression d'entendre les propos que Pierre Frogier tient, depuis des années, quand il condamne "ce référendum brutal qui fera perdre irrémédiablement les précieux acquis de ces 30 dernières années".
Autant dire que cela n'arrangera les affaires ni de l'un de l'autre, ni du député, ni du sénateur que certains vont s'empresser d'accuser de collusion en imaginant on ne sait quels noirs desseins. 

Guerre ou paix, les lignes bougent décidément entre ceux qui prônent le dialogue et ceux qui préfèrent la confrontation. Entre ceux qui privilégient l'apaisement et ceux qui réclament le rapport de force. Et cela va se traduire dans les slogans, les déclarations, les prises de positions des prochaines semaines. 
Guerre ou paix ?
C'est toute l'histoire de la Nouvelle-Calédonie depuis ces trente dernières années.
Elle a, jusqu'à présent – à quelques exceptions près – fait le choix de la réconciliation et de l'avenir apaisé.Et pourtant, comme le disait Clémenceau, il est plus facile de faire la guerre que la paix.                                                                       

 

Chronique de la semaine écoulée du 03 avril 2017

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Chronique du 03 Avril 2017

C'est bien connu, la “La trahison ne réussit jamais, car, lorsqu'elle réussit, on lui donne un autre nom”.
Ce proverbe américain semble juste fait pour la campagne présidentielle à laquelle nous assistons et qui nous donne tous les jours, depuis des mois, le pitoyable spectacle de trahisons dont on ne sait pas encore si elles réussiront et si – au bout du compte – on les appellera autrement.
 Et aucun camp n'y a échappé, comme si c'était devenu la règle du genre.

Il y a tout juste un mois, c'est François Fillon qui assistait, impuissant, à toutes les défections, et qui stigmatisait les désertions assumées, sans honte et sans orgueil, quand il les voyait, les uns après les autres, quitter le navire pris dans la tempête médiatique des affaires. Le discours du Trocadéro et l'absence de plan B, après le renoncement de Juppé, ont mis fin à l'hémorragie. Mais pour combien de temps ? 

Et c'est maintenant Benoît Hamon le candidat de la gauche, le vainqueur – lui aussi – des primaires de son camp, qui est rattrapé par ce vent mauvais et qui voit ses amis se jeter dans les bras du télévangéliste Macron, dont l'insolente ascension est portée par tout ce qui s'apparente à ce que l'on appelle désormais "le système".
Pauvre Benoît Hamon qui n'en revient pas !
Lui, qui avait malmené son gouvernement avec les frondeurs et qui se retrouve frondé à son tour.
Lui, qui croyait que les promesses de la primaire avaient une valeur.
Lui, qui pensait que personne n'oserait renier sa parole.
Il les voit tous rallier, les uns après les autres, le candidat de "En Marche", au mépris de leurs engagements.
La pire des trahisons, pour lui, c'est celle de Manuel Valls qui fait allégeance à Emmanuel Macron, quitte à faire imploser le parti socialiste.Il s'agit peut-être, pour l'ancien Premier ministre réformiste, d'un choix cohérent avec ses idées, mais c'est aussi, incontestablement, une trahison de sa parole. Et elle est d'autant plus pathétique que son soutien a été accueilli, avec condescendance, par un Emmanuel Macron, sûr de lui et dominateur, qui ne l'a remercié que du bout des lèvres en déclarant qu'il voulait des têtes nouvelles.

Le chouchou des médias et des sondages, dont les relations avec François Hollande sont placées sous le signe de l'ambiguïté. Il déclare qu'il ne peut être, à la fois, le traitre et l'héritier mais il pourrait bien être l'un et l'autre, tant il est difficile de savoir si le chef de l'Etat a été victime de la félonie de son protégé ou s'il en a fait son successeur caché et s'il a tout manigancé. 

Et que l'on ne pense pas, un instant, que la Calédonie échappe à ce mouvement. La trahison, on la voit à l'œuvre ici aussi !Faut-il rappeler qu'en 2004, l'Avenir ensemble avait été surnommé "trahir ensemble", par les proches de Jacques Lafleur ? Et faut-il rappeler la liste de ceux qui, depuis des années, passent sans vergogne, d'un parti à l'autre, d'une fidélité à une autre ?
 
“La trahison ne réussit jamais " disent les américains et chez nous, la sagesse populaire dit aussi que "Qui a trahi, trahira !"
 



Chronique de la semaine écoulée du 27 Mars 2017

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Chronique du 27 Mars 2017

On voit des complots partout !
C'est un signe des temps et les théories qui imaginent des groupes occultes agissant dans l'ombre pour orienter la marche du monde ont de beaux jours devant elles, notamment sur Internet.
On voit des complots partout ! Mais il y a complot et complot.
Faut-il, pour autant, qualifier de "complotiste" la dénonciation, par François Fillon, de la machination médiatico-judiciaro-politique qui s'est mise en œuvre pour lui barrer la route à l'Elysée ?
Il y a le calendrier, calqué sur la campagne présidentielle. Il y a ces fuites, savamment orchestrées dans les médias. Il y a ce feuilletonnage ininterrompu, semaine après semaine, jour après jour. Il y cette incroyable célérité du Parquet National Financier et cette rapidité, non moins étonnante, des juges chargés de l’enquête. Il y a cette violation incessante du secret de l'instruction…
Autant d'éléments qui peuvent accréditer la thèse de la manipulation ou, en tout cas, susciter de sérieuses interrogations. A tel point que l'on s'étonne des pudeurs soudaines de tous ceux qui s'indignent, aujourd'hui, des propos de François Fillon sur un éventuel cabinet noir de l'Elysée. 

La thèse du complot que l'on retrouve, aussi, en Calédonie à propos des législatives où l'investiture de Philippe Gomès par Les Républicains et l'UDI a été présentée comme le résultat d'une sombre conspiration, d'un accord secret qui aurait été conclu dans des buts inavouables et inavoués. Soupçonné par certains d'avoir ourdi une véritable conjuration, le sénateur Pierre Frogier a expliqué, ces derniers jours, que cette investiture est trivialement mécanique. Elle n'est pas due, non plus, d'ailleurs, aux mérites du député de la seconde circonscription ou au travail qu'il aurait accompli lors de ce mandat, même si c'est ce qu'il aimerait faire croire.
Cette investiture est, simplement, le résultat de l'accord électoral conclu, au niveau national, par Les Républicains et l'UDI, dans l'espoir de constituer une majorité présidentielle au lendemain de l'élection.
Mais, de nos jours, on voit des complots partout ! 

Harold Martin s'y est mis, lui aussi, pour justifier sa candidature aux législatives dans la seconde circonscription. Il veut faire barrage à Gomès qui – dit-il – prépare l'indépendance association dans le dos des calédoniens.Une thèse du complot sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie que l'on nous avait déjà sortie. Elle a un petit air de déjà vu, de déjà entendu et c'est manifestement un slogan recyclable.
Le savoureux de l'histoire, c'est que le député de la seconde circonscription se retrouve dans la position de l'arroseur arrosé, lui qui avait usé et abusé de la formule, en 2012, pour s'opposer aux candidats du Rassemblement en répétant, tout au long de la campagne, que Pierre Frogier négociait l'indépendance-association dans le dos des calédoniens.   
Comme quoi, à comploteur, comploteur et demi !
La théorie du complot, ça doit se toujours se manier avec beaucoup de précautions...


Chronique de la semaine écoulée du 20 Mars 2017

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Chronique du 20 Mars 2017

L'actualité est parfois facétieuse et nous en avons eu l'illustration cette semaine. A tel point que l'on se demande ce qui est passé par la tête des états-majors des Républicains et de l'UDI quand ils ont accordé l'investiture pour les législatives au député sortant de la seconde circonscription, Philippe Gomès.

Alors, certes, il y a des arguments objectifs qui sont d'ailleurs exposés dans le communiqué officiel signé de Bernard Accoyer."Les deux partis ont validé un accord électoral en vue des élections législatives de 2017. L’union de la droite est totale indique le secrétaire général des Républicains qui ajoute : Il n’y aura qu’un seul candidat de la droite et du centre dans 88% des circonscriptions." Et l'on sait que s'il y a des primaires de premier tour dans 46 circonscriptions cela n'est jamais le cas quand il y a un député sortant, qu'il soit Les Républicains ou UDI.
L'investiture accordée à Philippe Gomès répond donc à des impératifs nationaux qui dépassent le cadre politique local. Fin de l'histoire !

Mais il est clair qu'arrivée en Nouvelle-Calédonie, l'information a une autre saveur. Incongrue, étonnante, cocasse, ahurissante, surréaliste, effarante... Chacun la qualifiera, comme il veut, en fonction de ses convictions et de ses analyses mais voir le leader de Calédonie ensemble estampillé Les Républicains, ne laisse forcément pas indifférent, au vu du paysage politique local.
Seul le Rassemblement prend les choses avec philosophie en relevant qu'il n'y a "aucune raison que la Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique, déroge à un accord national."
Mais, sans surprise, cette investiture provoque une véritable levée de boucliers de la part de tous ceux qui, chez Les Républicains, avaient demandé l'investiture et ne l'ont pas eue. On comprend, d'ailleurs, leur énervement voire leur colère de voir leur principal adversaire paré d'une étiquette qui leur a échappée mais on ne peut pas, non plus, solliciter la commission nationale d'investiture et contester ses décisions quand elles ne vous sont pas favorables. 

Il n'est pas sûr, non plus, que le principal intéressé soit très satisfait de ce qui lui arrive. Philippe Gomès, certes, fait bonne figure et il affirme que ce soutien l'honore mais cette investiture a aussi des allures de cadeau empoisonné. Lui qui a toujours clamé que Calédonie ensemble n'appartient à aucun parti politique national et n'a aucun lien avec aucun d'entre eux, le voilà pris dans les filets d'un accord national qui l'oblige. Et malgré ses dénégations, il se retrouve bel et bien avec un fil à la patte. D'autant plus que l'accord est formel ! Lui qui avait soutenu Alain Juppé pour la primaire. Lui qui, le 5 mars – quand tout le monde quittait le bateau du candidat de la droite et du centre – avait affirmé qu'Alain Juppé devait reprendre le flambeau, le voilà obligé de soutenir François Fillon, sans réserve et dès le premier tour. Un engagement qui l'a amené à adresser, ces derniers jours, son parrainage à François Fillon.

Sans oublier que cet accord peut comporter une clause de réciprocité qui n'a pas échappé à Bernard Deladrière. Le candidat investi par Les Républicains dans la première circonscription, est déjà confronté à deux candidatures dissidentes et il fait valoir que, "dans l'esprit de cet accord électoral national, il serait logique qu'il n’y ait qu’un seul candidat de la droite et du centre dans la première circonscription de la Nouvelle-Calédonie."
Logique, sans doute, mais on a aussi remarqué que ce n'est pas la logique qui, depuis des semaines, préside à cette campagne électorale hors norme.


Chronique de la semaine écoulée du 13 Mars 2017

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 Chronique du 13 Mars 2017

On ne peut plus rien dire !
Et la main tremble en écrivant cette chronique de peur des interprétations qui lui en seront données. La moindre critique passe pour du dénigrement, le moindre reproche pour de la médisance, la plus petite pique est synonyme de bashing. Les responsables politiques sont décidément devenus bien chatouilleux en période de campagne électorale ! 

On ne peut plus rien dire, non plus, dans l'hémicycle du Congrès ! Ou, en tout cas, on ne peut plus échanger des invectives et des insultes. Le président y veille et il a prévenu qu'il ne supporterait pas que le boulevard Vauban devienne le lieu d'échauffourées et de querelles publiques. Thierry Santa ne veut pas que le Congrès se transforme en tribune politique dans la perspective des prochaines élections et il a l'intention d'y mettre bon ordre. Il a prévenu ! Il n'hésitera pas à prendre des sanctions à l'encontre des élus s'ils persistent à s'apostropher violemment depuis leurs bancs comme l'ont fait, jeudi, deux élus qui se sont affrontés verbalement, malgré les rappels à l'ordre du président.
Faut-il répondre à la provocation par la provocation au risque de transformer le débat politique en pugilat ? Telle est la question ! Et on souhaite bon courage au président du Congrès s'il veut canaliser les excès des uns et des autres qui voient, dans la retransmission des séances, une tribune formidable pour l'expression de leurs convictions ou l'affirmation de leur combativité. 

On ne peut plus rien dire sauf… sur Internet où les blogs et réseaux sociaux ne connaissent pas la censure et où l'anonymat permet trop souvent les expressions violentes et malveillantes, les diffamations sans sanctions, les dénonciations et les insultes gratuites. Les réseaux sociaux qui, parfois, servent de défouloir ou d'exutoire avec tous les risques que cela comporte et les emballements que cela peut provoquer. On l'a vu, cette semaine, à l'occasion de ce dramatique accident de moto sur la RP1. 

Il y a vraiment de l'électricité dans l'air à quelques semaines des échéances présidentielle et législatives. Et rien ne dit que les choses vont s'apaiser dans un climat de concurrence exacerbée où l'adversaire se trouve souvent dans le même camp, ce qui complique encore le débat et oblige chacun à la surenchère pour mieux se distinguer de l'autre. Il faut dire qu'encore une fois ces législatives donnent lieu à une sorte de recomposition politique, à une redistribution des cartes. On a assisté, une fois encore, à une fuite en canard d’un camp à l’autre, pour reprendre l'amusante expression de François Fillon évoquant le dégoût que lui inspiraient ces désertions assumées sans honte et sans orgueil. 

L'amusant dans cette histoire c'est que même si je n'ai cité personne, je parie que certains vont encore se sentir visés.
Décidément, on ne peut plus rien dire !


Chronique de la semaine écoulée du 6 Mars 2017

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 Chronique du 6 Mars 2017


On le savait ni de droite ni de gauche !
On découvre aujourd'hui que, concernant la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron n'est ni pour, ni contre l'indépendance.
Le premier candidat "transgenre" de l'histoire – comme l'a joliment appelé un éditorialiste – n'a décidément pas fini de nous étonner ! Son coordonnateur pour l'outremer, qui vient de passer une semaine à Nouméa, a enrichi l'offre politique en prônant la "neutralité institutionnelle" qui rejoint, peu ou prou, l'équidistance que nous avait infligée, ces dernières années, le gouvernement socialiste. On pourrait en rire si l'envoyé du candidat de "En Marche" ne nous avait affirmé, péremptoirement que – comme nul ne pouvait l'ignorer – son patron était le prochain Président de la République.
Et le pire c'est que, au-delà de la tranquille assurance de ses soutiens, ce scénario catastrophe pourrait se réaliser au bout d'une campagne de folie aux rebondissements surréalistes.
Le comble, ce serait quand même que ce quinquennat pour rien – qui a empêché François Hollande de se représenter – se termine par l'accession la fonction suprême de ce candidat attrape-tout, qui fut son secrétaire général adjoint à l'Elysée puis son ministre des finances. 

Tout ça, c'est la faute à l'affaire Fillon mais à l'heure où nous assistons au spectacle consternant de toutes les défections, il faut peut-être rappeler la genèse de cette affaire qui voit l'alliance d'une certaine presse et de quelques magistrats pour éliminer, délibérément, l'un des favoris de l'élection présidentielle. Et sans verser dans le complotisme, on ne peut que relever l'étrange machine à broyer qui s'est mise en place pour confisquer à la droite son élection et sa victoire. 
Que François Fillon ait commis des erreurs, soit ! Mais ce n'est pas, non plus, le plus grand criminel de tous les temps et l'on ne peut qu'être interpellé par la violence et l'acharnement du lynchage médiatique auquel il est soumis depuis des semaines.
Certes, il a été maladroit mais il a fait comme des centaines d'autres parlementaires et, jusqu'à preuve du contraire, ses agissements n'avaient rien d'illégaux. On est donc stupéfait devant la célérité et la précipitation de la justice.

Et si les hommes politiques ne sont pas – bien sûr – au-dessus des lois, les pouvoirs médiatiques et judiciaires doivent-ils, eux, s'exonérer de toutes règles ?
Peuvent-ils fouler au pied le secret de l'instruction et la présomption d'innocence ?
Ont-ils la légitimité pour perturber, troubler et gâcher, sans état d'âme, le processus démocratique de l'élection présidentielle ?
Ont-ils le droit d'éliminer un candidat qui avait reçu l'onction de la primaire, à quelques jours de la date limite du dépôt des candidatures ? 

Même si ce n'est pas dans l'air du temps, même si cela déçoit ceux qui pensent qu'il faut élire à la tête de l'Etat un parangon de vertu, la droite n'a plus d'autres choix que de soutenir François Fillon. 
Car il ne faut pas se leurrer ! Il n'y a pas de plan B et même pas de plan J comme Juppé. Il est illusoire de penser que l'on peut encore désigner un candidat de la droite – fut-il arrivé en seconde position à la primaire – alors qu'une majorité d'électeurs de la droite et du centre n'avait pas approuvé son projet. Et même si c'était le cas, il est chimérique d'imaginer qu'en 50 jours, il pourrait refaire l'union dans une famille totalement éclatée. Et il est impensable, pour des raisons financières et matérielles, qu'il puisse se lancer aujourd'hui dans une campagne avec quelques chances de la gagner.
Ceux qui lâchent Fillon aujourd'hui n'ont peut-être pas pris la mesure de cette politique du pire mais leur désertion risque d'aggraver encore le piège dans lequel s'est laissé enfermer leur famille politique.
Ils ont abandonné Fillon. Ils risquent de se retrouver avec Macron.



Chronique de la semaine écoulée du 27 Février 2017

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Chronique du 27 février 2017

Ils sont de retour !
Les observateurs de l'ONU avec toutes les critiques, les méfiances, les interrogations et les doutes qui les accompagnent.
Et pour cause ! Beaucoup en Calédonie ne supportent pas ce contrôle qu'ils jugent vexatoire voire humiliant, de la part de ces experts issus, souvent, de pays aux régimes controversés.
D'autres, plus philosophes, constatent que ces observateurs n'ont jamais rien trouvé de condamnable ou de répréhensible dans notre mode de gouvernance ou dans l'établissement de nos listes électorales. Leur présence constitue donc un gage de bonne foi et apporte la preuve – si besoin était – que nous n'avons rien à cacher.
Quoi qu'il en soit, c'est la conséquence incontournable de la regrettable inscription de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des pays à décoloniser et tant que nous y figurons, il faut faire avec et supporter ces gens qui viennent nous observer et nous surveiller comme si nous avions de sombres desseins.
L'un des enjeux – et non le moindre – de 2018 c'est, d'ailleurs, le retrait de la Calédonie de cette liste de l'ONU, selon la solution de sortie que nous allons trouver. 

Mais attention ! Avec l'approche des législatives, on risque de se retrouver au Concours Lépine de l'avenir institutionnel.Chaque candidat voudra se distinguer, innover, sortir de son chapeau "LA" solution à laquelle les autres n'avaient pas pensé.
Pas sûr que les Calédoniens soient mieux éclairés – sans jeu de mot – sur la sortie de l'Accord de Nouméa, tant l'exercice est contraint, tant l'issue de 2018 est forcément encadrée dans les quelques cas de figure qui ont déjà été exposés.L'excellent rapport, de Jean Courtial et de Ferdinand Melin Soucramanien, a fait le tour de la question.Il fixe clairement les hypothèses d'aboutissement de l'Accord de Nouméa et elles sont au nombre de quatre.
Il y a les deux solutions qui mènent à l'indépendance qui sont l'accès pur et simple à la pleine souveraineté et son succédané, la pleine souveraineté avec partenariat, c’est-à-dire l'indépendance association.
En 3ème hypothèse, les experts envisagent l'autonomie étendue que pourrait traduire la solution partagée défendue par Pierre Frogier qui a déjà évoqué les confins de l'autonomie.
Et enfin, en quatrième cas de figure, les spécialistes de droit public proposent l'autonomie pérennisée, c’est-à-dire le statu quo, le prolongement de l'Accord de Nouméa.
Bien que ce rapport date d'octobre 2013, il n'a pas pris une ride. Et personne, depuis, n'a produit d'analyse plus claire, ni plus exhaustive sur les scénarios d'avenir institutionnel du territoire.
Ceci pour mettre en garde contre les apprentis sorciers du droit constitutionnel ou les "Géo Trouvetout" du statut qui croient possible d'imaginer ou de découvrir un nouveau choix, une ultime possibilité, une issue à laquelle personne n'avait jamais pensé. 

La seule vraie question, c'est de savoir comment aboutir à cette solution institutionnelle.
Doit-elle être imposée par une majorité, ou discutée et négociée pour aboutir à un consensus ?
Doit-elle être soumise à referendum dès 2018, ou évoquée seulement après une consultation que les indépendantistes auront perdue ?
Faut-il attendre l'aboutissement des trois referendums prévus par l'Accord de Nouméa, et une réponse négative à ces trois consultations, pour que les partenaires politiques se réunissent pour examiner la situation ainsi créée ?
Ce sont les seules vraies questions. Tout le reste n'est que littérature ou vain concours d'inventions.   
 

 

Chronique de la semaine écoulée du 20 Février 2017

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Chronique du 20 Février 2017

La politique calédonienne, dans le camp des partisans de la France, a parfois des allures de jeu de bonneteau.
Vous ne savez jamais qui sera sous la carte que vous allez soulever !
Et comme cela fait des années que ça dure, il y en a qui s'en sont fait une spécialité et qui ont déjà fait plusieurs fois le tour de l'échiquier.
Ça donne un peu le tournis mais ils peuvent toujours faire valoir – en reprenant l'imparable argument d'Edgar Faure – que ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent.
Et le vent souffle de façon erratique, depuis 2004, et l'éclatement de l'ancien RPCR, même si les premières bourrasques avaient été ressenties, dès 1995, avec la création par Didier Leroux de l'UNCT, premier parti ouvertement anti Jacques Lafleur.
La brèche était ouverte et, depuis, les girouettes ne savent plus où donner de la tête !

On les retrouve, régulièrement, aux avants postes de toutes les initiatives dans lesquelles ils voient des alternatives crédibles qui effacent résolument leur précédente fidélité.
Et comme les vents sont parfois contraires, on les retrouve, les uns et les autres, dans le même camp ou dans des camps opposés, amis puis adversaires, persuadés à chaque fois qu'ils ont fait le bon choix quitte à en changer en fonction des opportunités. Le dernier avatar en date de cette flexibilité, c'est Sonia Backès qui après s'être autoproclamée meilleure candidate pour la première circonscription, a créé le tourbillon suffisant pour entraîner, dans son sillage, tous ceux qui sont rompus à ces retournements. 

La plupart de ceux qui, aujourd'hui la soutiennent, ont à un moment donné succombé aux sirènes de Philippe Gomès avant de rejoindre, les uns et les autres, Pierre Frogier puis de s'en détacher pour suivre une nouvelle égérie.
Et si c'est une figure paternelle qu'ils recherchent, c'est chez une femme, au parcours aussi alambiqué que le leur, qu'ils l'ont trouvée. 
Née à la politique avec le RPCR, comme elle le raconte elle-même dans son livre, adoubée par Pierre Frogier et Bernard Deladrière, elle n'a jamais eu – elle – de faiblesse pour Philippe Gomès. Elle tacle, d'ailleurs, sans états d'âme, les dérives autocratiques ou socialisantes du leader de Calédonie ensemble.
Et si elle fait, dans son livre, le constat lucide que c'est la faiblesse du camp loyaliste qui rapproche la Calédonie de l'indépendance, elle a déjà contribué à l'affaiblir avec, à son passif, la division du Rassemblement en 2013, du MPC en 2015 et des Républicains en 2017. La capacité de fracturer n'attend pas le nombre des années. 
Elle a d'ailleurs quelques points communs avec le télé-évangéliste Emmanuel Macron, un peu plus jeune qu'elle et persuadé, lui aussi, que l'âge est un facteur déterminant. Fan de la communication, comme elle, et convaincu, comme elle, que la politique est une aventure personnelle plutôt que collective. 

La comparaison s'arrête là, quand le leader de "En Marche" a l'imbécillité de qualifier, à Alger, la colonisation française de "crime contre l'humanité".
Et l'on s'interroge vraiment sur la culture historique d'Emmanuel Macron quand il pense rassurer les pieds noirs en leur déclarant : "Je vous ai compris".


Chronique de la semaine écoulée du 13 Février 2017

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Chronique du 13 Février 2017

Le lynchage médiatique a quelque chose d'odieux et même si on l'a souvent vu à l'œuvre, on ne s'y habitue jamais vraiment.
Il laisse toujours cette impression de malaise, voire de dégoût.
Ce sentiment d'une curée malsaine dans laquelle la victime n'a aucune chance, face à une meute hurlante qui réclame du sang et qui veut que des têtes tombent. 
Cette impression que le pilori est déjà dressé par tous ceux qui répètent, inlassablement les mêmes arguments, et rendent la défense inaudible et impuissante.
Cette sensation que la corde est déjà nouée par ceux qui reprennent en boucle les mêmes éléments pour exciter la vindicte populaire et hurler avec les loups.
C'est un moment difficile à passer. Terriblement éprouvant.Une sorte d'ordalie laïque qui ne fait pas honneur au système mais qui rythme désormais les campagnes électorales.Et ceux qui y survivent ne sortent pas indemnes de ce déferlement de violence et de haine.
C'est ce que vit, depuis des semaines, le candidat de la droite et du centre. On peut croire que le pire est passé mais il n'est pas encore totalement à l'abri de répliques dans cet interminable feuilleton qui mobilise l'essentiel de l’information, dans un pays plombé par une situation économique désastreuse, menacé par le spectre du terrorisme et miné par la violence des banlieues. 

Complot ou pas complot ?
La question ne peut être évitée quand on voit le calendrier choisi pour sortir cette affaire, quand on constate la célérité avec laquelle le parquet financier – créé par les socialistes – s'en est saisie et quand on observe ses conséquences dans l'opinion. Alors que depuis des mois le candidat de la droite était quasiment assuré de remporter l'élection présidentielle, les cartes sont rebattues et les beaux esprits rêvent aujourd'hui d'un duel Le Pen/Macron au second tour de la présidentielle.
Et peut-être ont-ils joué aux apprentis sorciers. Ces derniers temps, le peuple est plutôt sourcilleux et on a remarqué – en Grande Bretagne et aux Etats-Unis – qu'il ne suit plus forcément les consignes des habituels prescripteurs que sont les médias et les élites. 
Quoi qu'il en soit, le traitement du Pénélope Gate laisse pantois. On en retient que les faits reprochés à François Fillon sont tristement banals et qu'il est loin d'être le seul à les avoir commis. Qu'ils ne sont pas illégaux mais qu'ils sont répréhensibles sur le plan de la morale. Comme s'il fallait être irréprochable pour être élu président de la République ce qui, vous en conviendrez, réduit considérablement le champ des possibles. On retient, aussi, que le ressort de l'argent reste toujours aussi sensible en France où le sacro-saint principe de l'égalité rend automatiquement suspect celui qui a davantage ou qui réussit mieux.On en retient, enfin, que la surenchère d’Internet, des réseaux sociaux et des chaînes d’informations continues, amplifie encore le lynchage médiatique, en transformant chaque citoyen en accusateur public. 

Espérons que la campagne législative, en Nouvelle-Calédonie, ne donne pas lieu à ces excès et à ces débordements. Et nous avons tous en mémoire les vilénies de la campagne 2012 où ce sont les mensonges, mille fois répétés, qui ont fini par convaincre les électeurs.

 


Chronique de la semaine écoulée du 6 Février 2017

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Chronique du 6 Févier 2017

A qui profite la situation à Saint Louis ?
Posée comme ça, la question parait un peu brutale mais elle vaut la peine d'être soulevée quand on voit le nombre de réactions, de déclarations, de communiqués et de prises de position, que suscitent les troubles qui émanent de la petite tribu.
Même si – comme le regrette Éric Gay, le maire du Mont Dore en première ligne sur le dossier et je cite – "moins les gens connaissent Saint Louis et plus ils en parlent."
A qui profite la situation à Saint Louis ? Certainement pas aux Montdoriens et notamment aux habitants du sud de la commune dont la vie est devenue un enfer, qui sont terrorisés à l'idée de prendre la route, qui se sentent pris en otage et qui réclament en vain, la sécurité et la liberté de circuler.
Pas aux habitants de la tribu de Saint Louis, non plus, dont la grande majorité, nous dit-on, souffre de l'image sulfureuse de leur lieu d'origine et sur lesquels rejaillit l'opprobre jetée par une petite minorité que l'on appelait délinquants et qui sont désormais qualifiés, par certains, de terroristes. 

Alors à qui profite la situation à Saint Louis ? Certainement pas aux indépendantistes, affirme Daniel Goa, le président de l'UC qui explique, dans un long communiqué que les indépendantistes perdent des voix à chaque blocage.Position partagée par le FLNKS qui déclare que ces événements desservent la politique qu'il mène et ternissent son projet d'accession à la pleine souveraineté.Et c'est vrai que la nouvelle stratégie des indépendantistes en prend un coup, eux qui tentaient de lancer une opération de séduction pour faire croire que l'indépendance est viable et qu'elle apporterait le bonheur aux populations. Difficile de convaincre dans ce climat d'insupportable tension. 

Ce serait donc aux partisans du maintien dans la France que profiterait la situation à Saint Louis ? Encore moins ! Ce sont leurs responsables qui sont interpellés, parfois malmenés, par tous ceux qui réclament le retour à l'ordre et à la sécurité et qui ne comprennent pas que l'Etat n'exerce pas, dans ce domaine, ses compétences régaliennes de garant de l'ordre public. Et c'est à eux, le plus souvent, que l'on reproche cette inaction de l'Etat.Eux, qui appellent, en vain, le retour de l'autorité de l'Etat et qui réclament, constamment et depuis des années, des actions déterminées pour mettre fin à une situation intolérable qui n'a que trop duré. 
Et c'est ce qui amène certains à hausser le ton et à utiliser une logorrhée martiale comme si c'était dans la posture et la surenchère qu'était la solution. Comme s'il fallait rajouter de la tension à la tension. Comme si quelqu'un avait à gagner à une quelconque instrumentalisation. 

Mais puisque ça ne profite à personne, il est temps d'y mettre fin et c'est ce que l'Etat semble avoir compris, lui qui a haussé le ton en début de semaine, en lançant même une sorte d'ultimatum et en laissant entendre qu'il pourrait y avoir des victimes de part et d'autre.
Faut-il qu'il y ait des morts à Saint Louis pour ramener tout le monde à la raison ?
"Nous ne sommes pas arrivés à un tel point de stupidité pour que ça se termine comme ça !" lâche, avec bon sens, Éric Gay, le maire du Mont Dore.
D'autant plus que là, vraiment, ça ne profiterait à personne !
 


Chronique de la semaine écoulée du 30 janvier 2017

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Chronique du 30 janvier 2017

Ce sont encore les vacances en Nouvelle-Calédonie. Personne ne peut en douter.
Ce n'est pas le cas en métropole où la campagne présidentielle fait rage. Une présidentielle un peu folle qui ressemble à une série télé où chaque épisode est un peu plus haletant que le précédent et réserve des rebondissements époustouflants.
La faute aux primaires, cette fausse bonne idée importée des Etats-Unis qui dénature le vote, cultive la division dans chacun des camps et transforme l'élection présidentielle en un interminable scrutin à six tours. Quel que soit le résultat de la primaire de la gauche, le suspens aura été à son comble tout du long.
Sans parler de l'étrange confusion autour de la participation du premier tour et de l'incapacité de la haute autorité de donner le nombre exact de votants. Les imprécisions, les contradictions et les incohérences se sont conjuguées pour donner une impression, au mieux d'amateurisme, au pire de manipulation politique. Mais le temps médiatique est tel que cet incident, qui aurait pu jeter le discrédit sur le parti socialiste et sur la primaire de la gauche, a très vite été oublié au bénéfice d'un autre événement – ô combien plus croustillant – celui des révélations du Canard Enchainé sur Pénélope Fillon. 
"Séquence de boules puantes", "manipulation grossière", "manœuvres qui puent la calomnie"… Le vainqueur de la primaire de la droite et du centre n'a pas l'intention de se laisser faire et il dénonce vigoureusement "les forces qui sont à l’œuvre pour le faire taire et tenter d’affaiblir sa candidature".
Et c'est vrai que l'on peut s'interroger sur ces révélations, fort opportunément transmises au journal satirique et reprises, largement, par tous les médias qui se livrent à un procès en charge contre François Fillon. Pourquoi lui et pourquoi maintenant ?Mais dans le même temps, on craint de connaître la réponse.
D'autant plus que les autres révélations de la semaine font beaucoup moins de bruit. Celles qui concernent Emmanuel Macron, le chouchou des médias qui se serait servi de son poste de ministre des finances et qui aurait dépensé beaucoup d’argent public en réceptions pour préparer sa campagne. Celui-là même qui avait été soupçonné, il y a quelques mois, de profiter de ses voyages ministériels à l'étranger pour organiser des levées de fonds.
Et c'est vrai que l'on peut s'interroger sur l'absence d'écho donné aux affaires de monsieur Macron. 

Ce sont encore les vacances en Nouvelle-Calédonie mais l'Union calédonienne, elle, a pris les devants tant elle a peur que son boycott des échéances nationales – pudiquement rebaptisé non-participation – ne lui enlève de la lisibilité.
Alors, elle anticipe sur le brouhaha des campagnes à venir en mettant la barre assez haut. Dans son discours devant le comité directeur de Pouebo, Daniel Goa déclare que "si le non à l'indépendance l’emporte en 2018, l’accord politique qui a scellé l’Accord de Nouméa s’arrête" et que, dans ce cas, les Kanak ouvriront les discussions avec le peuple Français et l'ONU pour consacrer leur souveraineté.La bonne nouvelle c'est que le président de l'UC accepte – enfin – d'envisager la défaite annoncée de son camp.
Mais imaginez un peu les réactions d'indignation auxquelles nous aurions eu droit si c'était l'un des responsables des partisans du maintien dans la France qui avait ainsi enterré, aussi brutalement, l'Accord de Nouméa…
C'est vrai que ce sont encore les vacances en Nouvelle-Calédonie.



 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 



 



 

 

 

 

 



 

 

 

 



 

 

 

 



 

 



 









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