La chronique de la semaine écoulée

NOUAR

Le rendez-vous éditorial de Radio Rythme Bleu.

Sur un ton volontairement satirique, Elizabeth NOUAR décrypte l'actualité politique de la Nouvelle-Calédonie.

Le lundi à 7h00
Rediffusion dans le journal de 11h30 et à 16h15

 

Chronique de la semaine écoulée du 18 Décembre 2017

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Chronique du 18 Décembre 2017


Presque rien sur un peu de tout cette semaine alors que l'on rentre dans la période des fêtes de fin d'année qui a tendance à faire passer au second plan toutes les autres préoccupations.
La trêve des confiseurs sera la bienvenue après une année 2017 qui aura mis à rude épreuve un certain nombre de certitudes politiques, en métropole et en Calédonie, et à la veille de 2018, présentée parfois comme une échéance ultime même si, vraisemblablement, la consultation référendaire ne changera pas la face de notre monde mais n'apportera que des confirmations.
 
Mais en cette fin d'année, on parle économie et finances publiques. C'est la saison budgétaire même si elle a pris chez nous quelques retards par la grâce d'un absurde blocage du gouvernement. Et les finances ne vont pas très bien. C'est le constat unanime. Il va falloir continuer à se serrer la ceinture.
C'est le moment sans doute de rappeler le précepte du baron Louis qui affirmait au tournant du 19ème siècle "Faites-nous de bonnes politiques et je vous ferai de bonnes finances". Un précepte que Jacques Lafleur avait repris en son temps. Et il ne se trompait pas dans la hiérarchie en rappelant la prééminence de la politique sur l'économie.
Une vérité que l'on tend à oublier aujourd'hui, alors que les bilans, courbes et statistiques économiques semblent devenu l'alpha et l'oméga de la réflexion politique et que l'on juge de l'efficacité du pouvoir au regard de ses effets sur l'économie davantage que dans les domaines régaliens où s'exerce l'autorité de l'Etat.
Cette remarque vaut aussi pour la Nouvelle-Calédonie où les commentaires sur la situation économique et financière semblent parfois prendre le pas sur les réalités politiques auxquelles nous sommes confrontés.
On m'objectera que les deux sont liés et on aura raison mais tout est question de priorité et de calendrier. A moins de dix mois du referendum, il est illusoire de penser que l'on redressera, comme par magie, les finances publiques et que l'on mettra instantanément en place des politiques publiques capables de redresser la barre, d'assouplir la fiscalité et de redonner confiance aux entrepreneurs.
Faisons de bonnes politiques, préparons de façon apaisée et sereine le referendum, trouvons une solution harmonieuse pour la suite et les lendemains de l'Accord de Nouméa et nous pourrons alors rêver de bonnes finances. 
 
Je voulais aussi vous dire un mot sur la victoire des nationalistes en Corse. Là-bas, ils ne se paient pas de mots. Nationaliste, en Corse, on sait ce que ça veut dire et il y en a chez nous, qui devraient en prendre des leçons au lieu d'entretenir la confusion. 
 
Et puis un mot enfin sur l'affaire Urvoas/Solère. Durant l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, Jean-Jacques Urvoas – qui était le Garde des Sceaux, de François Hollande – aurait fait parvenir, à Thierry Solère, des renseignements confidentiels sur une enquête pour fraude fiscale le concernant. Lequel Thierry Solère voulait savoir où en étaient ses déboires, parce qu'il aurait été informé d'une possible nomination au poste de ministre de l'Intérieur en cas de victoire d'Emmanuel Macron. Le même Thierry Solère qui vient d'adhérer à la République En Marche après avoir été un élément clef de la recomposition politique  puisqu'il est l’origine des Constructifs, et qu'il a été un déclencheur de la fracture à droite. Il pourrait maintenant être exclu de son nouveau part.
Qui a dit : "La trahison ne réussit jamais parce que quand elle réussit, on lui donne un autre nom" ?

 

Chronique de la semaine écoulée du 11 Décembre 2017

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         Chronique du 11 Décembre 2017

C'est un petit malin, Edouard Philippe ou un fin stratège !
En quatre jours passés sur le territoire, il a réussi à faire plaisir à tout le monde et, dans son discours devant les élus du Congrès, il est arrivé à placer les éléments de langage de chacun.
Pas si facile qu'il y parait !
Il a parlé à la fois, du grand palabre et des deux drapeaux, de la déclaration commune et du peuple souverain et même du referendum binaire tout en ajoutant qu'on pouvait regretter ou se réjouir de cette formulation binaire.
Un exercice d'équilibrisme qui lui vaut des louanges de part et d'autre. Tout le monde est content et, comme d'habitude, certains n'hésitent pas à récupérer, sans vergogne, les propos du chef du gouvernement comme si c'était eux, et eux seuls, qu'Edouard Philippe avait entendu voire comme s'ils avaient, eux-mêmes, tenu la plume du Premier ministre.
Tout ceci est un peu dérisoire. 
 
Il reste tout de même une évidence, que nul ne contestera, c'est que – pour la première fois depuis longtemps – l'Etat semble décidé à s'impliquer dans le dossier calédonien, à prendre des initiatives et même à proposer une méthode. Celle d'un dialogue resserré qui n'est pas borné dans le temps, avec des points de rendez-vous et des thèmes de travail.
En fait, il reprend globalement la démarche prônée, depuis des années, par Pierre Frogier qui, demande inlassablement à l'Etat de prendre les choses en main, d'inscrire ses pas dans ceux de Michel Rocard, et de retrouver les principes qui ont amené aux accords de Matignon et de Nouméa, de manière à créer les conditions d'un dialogue apaisé et confiant entre les deux légitimités pour préparer, au mieux, l'échéance 2018.
A dix mois de ce rendez-vous crucial, on peut penser que c'est le sentiment de l'urgence qui a inspiré le Premier ministre et peut-être effectivement, est-il encore temps…
 
Mais on se demande, tout de même, à quoi doit servir ce dialogue nourri auquel appelle Edouard Philippe. A occuper le terrain d'ici fin octobre 2018 ? A susciter le compromis et l'esprit de consensus ? A préparer une solution alternative que la plupart des acteurs politiques ont, jusqu'à présent, refusée ?
Ce qui est sûr, c'est que le Premier ministre s'inscrit dans le temps long. Il balaie "le jour d'après" pour évoquer les lendemains de la consultation et même les décennies qui viennent.
L'Etat ouvre donc une phase de dialogue et l'on se retrouve dans la configuration classique des trois partenaires : indépendantistes, partisans du maintien dans la France et Etat. Avec une variante qui était sans doute inévitable : des ultras de part et d'autre. Les indépendantistes avaient les leurs et, avec la création des Républicains calédoniens – parti sans électeur puisqu'il n'existait pas aux dernières élections provinciales – les non indépendantistes vont également avoir leurs extrêmes à gérer.
 
Car il ne faut pas s'y tromper. C'est bien pour essayer de parler d'une seule voix que quatre mouvements, aux histoires et aux références différentes, ont signé une déclaration commune pour une "Calédonie dans la France et dans la paix".
C'est bien pour jouer la carte de l'union – malgré leurs différences, voire leurs divergences – que les partisans du maintien dans la France ont constitué ce que l'on appelle désormais la plateforme.
Le nouveau parti se discrédite complètement en prétendant, haut et fort, au prix des habituelles caricatures, qu'il est le seul à défendre la Calédonie dans la France. 
Mais ce n'est pas la première fois que certains de ses membres fondateurs jouent contre leur camp...

  

Chronique de la semaine écoulée du 04 Décembre 2017

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Chronique du 4 Décembre 2017

  

 

Chronique de la semaine écoulée du 27 Novembre 2017

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Chronique du 27 Novembre 2017

 

Les mots ont un sens et il faut en user prudemment, surtout en ces périodes d'incertitude sur l'avenir institutionnel. Ce n'est qu'en discutant sur des termes précis que l'on peut trouver un accord sans ambiguïté.
La longue séance du Congrès sur l'avis de modification de la loi organique pour la constitution de la liste spéciale référendaire est là, s'il en était besoin, pour en apporter la preuve.
Et si, parfois, on a eu l'impression que certains coupaient les cheveux en quatre, c'est au prix de l'exactitude des mots que l'unanimité a été trouvée. 
 
Les mots ont un poids et ce n'est sûrement pas le moment de le négliger comme le prouve, ces jours-ci, la querelle sous-jacente sur la souveraineté.La souveraineté, mot clef des prochains mois alors que la fameuse loi organique qu'il s'agit de modifier est relative – précisément – à "l'organisation de la consultation sur l'accession à la pleine souveraineté".
Une pleine souveraineté qui a de moins en moins de partisans, puisque plusieurs indépendantistes affirment, aujourd'hui, que leur choix est celui d'une souveraineté avec participation, ce que l'on appelle communément l'indépendance association. 
Les indépendantistes qui, depuis des mois, reprochent à leurs partenaires, de ne pas vouloir parler de la souveraineté et lors du colloque de l'UNC, c'est Pierre Frogier qui a repris la balle au bond en déclarant qu'il fallait en parler et qu'il fallait lever ce tabou."Entre partenaires de l'Accord de Nouméa, nous devons pouvoir parler de tout !" a-t-il déclaré, en rappelant les propos du président du Sénat, Gérard Larcher, qui devant le Congrès, recommandait d’appréhender comme il convient cette notion de souveraineté, parce que – disait-il – il n’existe, dans notre monde, aujourd’hui, que des souverainetés partagées.
 
Et voilà qui complique encore un peu la donne !
Nous sommes contraints de raisonner sur un oxymore puisque – en théorie – la souveraineté ne se partage pas !
En cette période cruciale, il ne sert à rien de crisper ou de provoquer au risque d'être improductif et Philippe Gomès doit, peut-être, y prendre garde quand il se prononce pour une souveraineté calédonienne au sein de la République. D'autant plus que – sans tomber dans la pédanterie – l'affirmation selon laquelle "le peuple calédonien est souverain parce qu'il a le droit à l'autodétermination", tient plutôt du sophisme que du raisonnement rigoureux.
 
Et d'abord, qu'est-ce que ce peuple calédonien dont on nous rebat les oreilles ?  L'expression est loin de faire l'unanimité, et l'on peut rappeler que la notion de "peuple corse, composante du peuple français", a été retoquée, en 1991, par le Conseil Constitutionnel. Il l'a jugée contraire à la Constitution qui ne connaît que le peuple français sans distinction d'origine, de race ou de religion.
L'accord de Nouméa ne parle d'ailleurs pas de "peuple calédonien", même s'il reconnaît une citoyenneté calédonienne, mais il invite à "constituer une communauté humaine affirmant son destin commun".
 
Autant dire que, dans les mois qui viennent, il va falloir discuter, négocier, palabrer, mais sans heurter et sans jamais perdre de vue l'essentiel.
C'est dire s'il va nous falloir faire preuve d'imagination, d'audace, mais aussi, paradoxalement, de prudence… parce que, justement, les mots ont un sens.
 

 

Chronique de la semaine écoulée du 20 Novembre 2017

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Chronique du 20 Novembre 2017

 
Quel avenir institutionnel pour la Nouvelle-Calédonie ?
Pendant deux jours, on a réfléchi sur les scénarios du futur et sur la façon dont le territoire pourrait s'organiser après le référendum de novembre 2018. Rien de conclusif dans ce colloque de l'UNC, mais il s'agissait d'échanger, de débattre, de s'informer, de comparer. Et, globalement, on en est ressorti avec l'idée que, de toute façon, la Calédonie resterait une collectivité "sui generis" et qu'il lui revenait d'inventer elle-même son propre modèle. "N'essayez pas de prendre une boite de chaussures pour y faire entrer l'édredon de la Nouvelle-Calédonie" C'est l'expression imagée employée par l'ancien Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, qui était venu participer aux débats comme contributeur positif.
On en retient, aussi, la conviction qu'il faut que les acteurs politiques calédoniens se parlent et pas seulement à Paris. Et qu'ils osent parler de tout, en levant tous les tabous. A ce titre, la souveraineté est l'un des thèmes-clefs, l'un des points de blocage sur lequel il faudrait se dire des choses.
Mais encore faut-il avoir des interlocuteurs et c'est là que le bât blesse ! L'absence des représentants de l'UC et de l'UNI a ainsi été très mal ressentie par les participants au colloque qui n'ont pas compris cette politique de la chaise vide.
Et quand les indépendantistes seront prêts à débattre, encore faut-il qu'ils le fassent avec sincérité et sans arrière-pensée. C'est le message transmis par Pierre Frogier qui les a appelés à parler avec leur cœur au lieu de se réfugier dans des postures, des boycotts, ou des propos d'estrade.
Et sur ce plan, on est servi ! Entre les déclarations virulentes du président de l'Union calédonienne qui remet en cause tous les accords, et les menaces de boycott du référendum par le parti travailliste, nous avons notre lot de postures à un an du référendum. Heureusement qu'il reste encore un temps pour que tout cela se décante.
 
En attendant, ça a fait du bien, de prendre un peu de hauteur pendant quelques jours avant de retomber dans les bagarres du quotidien. Entre les règlements de compte au sein du conseil municipal de Nouméa et l'annonce de la création d'un énième parti chez les partisans du maintien dans la France, la Calédonie entonne une fois encore le grand air de la division qui lui a pourtant toujours si mal réussi.
Mais certains n'apprendront jamais !
Sans oublier la persistance de la crise du gouvernement qui n'arrive toujours pas à élire son président. Et l'on a appris que celui qui était à l'origine du blocage, le représentant des Républicains calédoniens, était, par ailleurs, adhérent de le République En Marche.
Pas de chance. En Calédonie nous avons le seul marcheur qui fasse du surplace !

 

Chronique de la semaine écoulée du 13 Novembre 2017

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Chronique du 13 Novembre

 

 

Chronique de la semaine écoulée du 06 Novembre 2017

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 Chronique du 06 Novembre 2017

 

Chronique de la semaine écoulée du 23 Octobre 2017

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                                                          Chronique du 23 Octobre 2017

Qui, quand, quoi, comment ?
C'est à ce traditionnel questionnement que va devoir répondre le prochain comité des signataires de l'Accord de Nouméa. Le 16ème du nom qui sera aussi – selon toute vraisemblance – l'avant-dernier avant la consultation de sortie.

Et tout d'un coup, on perçoit un sentiment d'urgence comme si personne n'avait vu l'horloge tourner et que l'on se réveillait brutalement en réalisant que le referendum d'autodétermination aura lieu dans un an et qu'à la vérité, rien n'est prêt ! 
 
Qui ? La question aura vampirisé toutes les autres. Imaginez un peu ! On en est encore à constituer la liste de ceux qui seront autorisés à participer au scrutin et – comme toujours dans ce domaine – rien n'est simple. Si on sait qui a le droit de voter, on ne sait toujours pas comment les inscrire et ça fait des mois que ça dure, que l'on se querelle sur les chiffres et que l'on se demande si les natifs – selon leur origine – ont ou non, les mêmes prérogatives.Tout cela est un peu ubuesque, même si l'on conçoit que ce référendum doit être incontestable et incontesté. Mais le pire c'est que, pendant que l'on s'écharpe sur cette question, on n'avance sur rien. Et les différents participants ont d'ores et déjà prévenu que si l'on ne trouvait pas un accord sur la liste électorale spéciale, lors du comité des signataires, on n'arriverait pas à traiter les autres thèmes.
 
Et pourtant, la liste est longue !
Parce qu'une fois que l'on saura qui peut voter, il faudra encore déterminer, comment ils voteront. Et c'est aussi une question essentielle au bon déroulement du scrutin et à sa sincérité.Comment faire en sorte que le vote ne soit pas influencé, que des bulletins ne soient pas détournés, que chacun puisse s'exprimer en toute liberté ? C'est la question des bureaux de vote décentralisés, des procurations, des observateurs…
Et forcément, il y aura débat.
 
Et ce n'est pas tout parce qu'il reste au moins deux points essentiels pour organiser cette consultation : la date et la question.
La date, parce que – même si tout le monde parle de novembre 2018 – on ne sait toujours pas, en réalité, quand aura lieu ce scrutin, ni qui va décider de son organisation. Ce peut être le Congrès, à la majorité des trois cinquièmes, et il a jusqu'au mois de mai 2018 pour se décider. Mais s'il ne le fait pas, ce sera le rôle de l'Etat qui devra l'organiser au plus tard en novembre 2018.
Et puis, excusez du peu, il faut également décider de la question qui sera posée, parce que ça non plus ce n'est pas arrêté. L'Accord de Nouméa dit, seulement, que la consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité. Un peu compliqué comme questionnement. Alors, pour faire simple, la question pourrait être "Etes-vous pour ou contre l'indépendance ?" mais cette formulation basique ne fait pas l'unanimité et il faudra, là aussi, en débattre.
 
Et quand on aura répondu au "qui, quand, quoi, comment" il restera tout de même une question, la question essentielle même, celle du "pourquoi".
Pour quel destin commun ? Pour quelle communauté de destin ?
C'est la première qu'il aurait fallu soulever mais tout le monde – ou presque – a oublié de la poser…
 

 Chronique de la semaine écoulée du 16 Octobre 2017

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Chronique du 16 Octobre 2017

Il faudra bien que quelqu'un cède dans l'absurde bras de fer autour de l'élection du président du gouvernement.
Il faudra bien que quelqu'un cède, et c'est ce qui rend d'autant plus inepte cet affrontement qui ne suscite, pour l'instant, qu'indifférence et incompréhension dans la population.
Indifférence, parce que les conséquences ne se font pas encore sentir. Le gouvernement sortant expédie les affaires courantes et cette paralysie, de fait, de l'exécutif ne se traduit pas, pour le moment, dans la vie quotidienne des calédoniens. Il pourrait en être autrement si cette crise finissait par avoir des répercussions, notamment dans le secteur budgétaire.
Incompréhension, parce que cette épreuve de force ne semble pas à la hauteur des enjeux que la Calédonie doit affronter dans les tout prochains mois. Comment justifier que l'on prive le territoire d'un gouvernement à quelques jours d'un comité des signataires important, à quelques semaines de la visite du Premier ministre et alors que l'échéance 2018 et ses incertitudes devraient mobiliser toutes les énergies ?
Le jeu n'en vaut pas la chandelle est-on tenté de dire.

De toute façon, il faudra que quelqu'un cède, ou fasse le premier pas, pour atteindre cette majorité introuvable de six voix.
Par le passé, on s'en souvient, ce sont les indépendantistes qui avaient résolu l'équation, en faisant l'appoint, pour élire Philippe Germain. Mais personne n'avait trouvé cela vraiment satisfaisant. Les indépendantistes, qui se sont sentis floués, jurent qu'on ne les y prendra plus. Et ils sont d'autant plus crispés depuis les législatives qui ont laissé des traces plus profondes qu'on ne le croyait. Et comme ils sont minoritaires au gouvernement, personne ne peut leur reprocher de se désintéresser de la situation et de laisser les partisans du maintien dans la France se sortir de la situation inextricable qu'ils ont eux-mêmes créée. "Qu'ils se débrouillent !" disent volontiers les élus UC et UNI.

Les Républicains calédoniens – qui n'ont, d'ailleurs, de Républicains qu'une étiquette usurpée – ont décidé de jouer à plein leur rôle de poil à gratter. Ils n'ont qu'un siège au gouvernement mais ils en font un objet de chantage et de marchandage. Ils posent leurs conditions pour voter pour le président du gouvernement choisi par la plateforme.  Ils réclament des engagements sur la fiscalité, sur le non transfert des compétences de l'article 27, sur la lutte contre les abus d'alcool et sur la relance de l'emploi et la survie des comptes sociaux. Des revendications qui font figure ou d'évidences ou de prétextes, alors qu'en réalité, la volonté des Républicains calédoniens est, surtout, d'être entendus, considérés, pris en compte, pour échapper à la marginalité dans laquelle ils se sont eux-mêmes enfermés.
Quant au "plan B" de soutien à Bernard Deladrière, c'est clairement une manœuvre de diversion, qui vise à mettre un coin entre les partis de la plateforme.

On en est là et la marge de manœuvre des partis de la plateforme est assez étroite.Changer de candidat au milieu du gué ? Ça ne semble pas envisageable.Chercher une voix chez les indépendantistes ? Ce n'est pas à l'ordre du jour.Accepter d'échanger avec ceux qui s'inscrivent dans l'opposition et qu'ils ont baptisés "chefs de guerre" ? Ce n'est pas prévu pour l'instant.
Et pourtant, il faudra bien que quelqu'un cède ! Ou que l'on se prive, durablement, d'un gouvernement de plein exercice, à quelques mois d'une échéance essentielle.



Chronique de la semaine écoulée du 09 Octobre 2017

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Chronique du 09 Octobre 2017

Ignoble ! Outrancier ! Clivant ! Ce sont les qualificatifs que s'échangent, depuis quelques jours, Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls, dans une escalade verbale insensée, autour de la mission d'information de l'Assemblée Nationale sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
C'est le leader de la France insoumise qui a ouvert les hostilités dès l'annonce de la composition de cette mission dans laquelle il devait siéger avec l'ancien Premier ministre. "Une corvée, selon Jean-Luc Mélenchon, que de siéger avec l'ignoble Valls. "Ici, qui vient-il trahir ?" ajoutait-il insidieusement.
Et la corvée était telle, que Mélenchon a préféré démissionner d'une mission dont son pire ennemi a été élu président. Pour lui, on ne saurait faire un choix plus inapproprié. "Monsieur Valls, écrit-il, est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l’extrême droite"Une escalade que l'ancien chef de gouvernement ne pouvait laisser passer. A son tour, Manuel Valls, dénonce le ton "ignoble et outrancier" employé par Jean-Luc Mélenchon qui, "en claquant la porte de la mission Nouvelle-Calédonie, affiche son mépris pour les Calédoniens" 

Mais nous avons compris que, dans cette querelle, nous ne sommes que des prétextes. Valls et Mélenchon se détestent et refusent de se côtoyer quelle qu'en soit la raison ou le sujet. Une haine, alimentée par les récentes évolutions politiques, et qui s'exprime sur d'autres sujets. Valls reproche à Mélenchon son discours "islamo-gauchiste" tandis que Mélenchon dénonce une "proximité" de l'ancien Premier ministre "avec les dirigeants de l’extrême droite israélienne" et accuse "la bande à Valls d'être totalement intégrée à la fachosphère et à sa propagande".
Bien loin du dossier calédonien ! 

Exit donc Mélenchon ! Et malgré sa culture, sa verve et ses talents d'orateur, on ne s'en plaindra pas même s'il regrette, lui, de devoir démissionner après avoir "suivi personnellement chaque étape de la vie politique du territoire depuis, avant même, les accords entre ses protagonistes".La Calédonie a besoin de davantage de sérénité. 
Quant à Manuel Valls, qui prend les rênes de la mission sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, il s'est déclaré sur Twitter "très fier" de la présider, avec Christian Jacob comme rapporteur. Et sa nomination n'a rien d'anodin.
Il avoue, d'ailleurs, un attachement personnel pour la Nouvelle-Calédonie et l'on connait sa fibre rocardienne qui l'amène à porter un regard particulier sur les accords de Matignon et de Nouméa. Michel Rocard, dit-il, l'a "initié à la Nouvelle-Calédonie". On relève, également, qu'il s'est débarrassé de l'attitude d'équidistance, qui lui avait été reprochée, au début de son mandat de Premier ministre, pour adopter une posture plus volontariste. Aujourd'hui, il se déclare "très inquiet de tout ce qui apparaîtrait comme une question couperet et qui laisserait l'avenir, ou le jour d'après dans le brouillard" et c'est lui aussi qui, devant le Congrès, avait affirmé que "La consultation sur l’accession à la pleine souveraineté, par sa nature même, ne construira pas un consensus miraculeux et qu'il est donc indispensable de ne pas se limiter à cet horizon."
Des questions dont il a eu l'occasion de s'entretenir, il y a quelques semaines avec le sénateur Pierre Frogier.

Hasard du calendrier, c'est un natif de Barcelone qui prend aujourd'hui la présidence de cette mission, lui qui qualifie de "folie" l'indépendance de la Catalogne.
Il n'y a, bien sûr, aucune analogie entre les deux situations mais quoi qu'en pense Mélenchon, la nomination de Valls c'est peut-être un choix très approprié !
 

Chronique de la semaine écoulée du 02 Octobre 2017

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Chronique du 02 Octobre 2017

La décolonisation ce n'est pas forcément l'indépendance et l'on peut envisager une décolonisation dans la France.
C'est l'un des rappels utiles fait à l'occasion de la réunion, mardi, de la 4ème commission des Nations Unies en charge, précisément de la décolonisation.
Trois issues sont possibles pour un territoire inscrit sur la fameuse liste des territoires à décoloniser : l'indépendance, l'indépendance association ou l'intégration.Trois issues auxquelles s'ajoutent une quatrième : celle d'un statut librement choisi par la population du territoire concerné. Statut qui, nous concernant, peut notamment être une très large autonomie au sein de la République française.
L'essentiel, pour l'ONU, c'est en fait l'autodétermination, c’est-à-dire le choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique.

Des précisions sémantiques qui ne sont pas déplacées à 13 mois maintenant de la fameuse consultation de sortie de l'Accord de Nouméa, qui n'est autre qu'un scrutin d'autodétermination. 
Parce qu'on a tendance à embrouiller les calédoniens avec un jargon approximatif qui peut parfois semer le trouble, le doute et la confusion.
L'Accord de Nouméa, nous dit-on, est un accord de décolonisation.
Oui, mais avec la nuance importante que décolonisation ne signifie pas indépendance ni pleine souveraineté.
La Calédonie est inscrite sur la liste des territoires à décoloniser.
Oui, mais elle peut en être retirée sans accéder à l'indépendance.
L'Accord de Nouméa ne ment d'ailleurs pas sur ces points et il est bon de le relire. Il indique, seulement, que la décolonisation est le moyen de refonder un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd'hui en Nouvelle-Calédonie, et il précise, uniquement, que le cheminement vers l’émancipation sera porté à la connaissance de l’ONU. 

Mais comment se défaire d'une certaine méfiance à l'égard des Nations Unies que l'on sait – par nature et historiquement – plutôt favorables aux revendications indépendantistes, au mépris parfois de l'intégrité territoriale ?
Comment convaincre que les calédoniens, dans leur grande majorité, souhaitent rester au sein de l'ensemble français avec un statut rénové, original, innovant qu'il leur reste à inventer et qui traduira une véritable communauté de destin ?
C'est le pari relevé, cette année encore, par les partisans du maintien dans la France, réunis dans une délégation issue de la plateforme "pour une Calédonie dans la France et dans la paix". Ils veulent faire entendre, à New York, une autre voix que celle du FLNKS, en espérant être audible auprès d'une assemblée qui – n'en doutons pas – ne leur est pas instinctivement favorable. 

Et pourtant, la Calédonie a fait tous les efforts qu'il fallait ! Elle a ravalé ses suspicions à l'égard de l'ONU en ouvrant ses portes, à plusieurs reprises, à des délégations venues vérifier la bonne application de l'Accord de Nouméa. Elle a même accepté que ses observateurs viennent surveiller la constitution de ses listes électorales.
Une bonne volonté dont on espère qu'elle portera ses fruits même s'il faut se garder de toute naïveté. Ce sont les calédoniens, et eux seuls, qui décideront de leur autodétermination, d'où la nécessité qu'ils parlent d'abord, entre eux, avant de s'exprimer devant les instances internationales.
Ont-ils conscience qu'il leur reste bien peu de temps pour s'y mettre ?


Chronique de la semaine écoulée du 25 Septembre 2017

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                                                   Chronique du 25 Septembre 2017

Objectif 2018 ! C'est le prochain scrutin qui attend les calédoniens, une fois passées les nombreuses échéances électorales de 2017.
Le dernier épisode c'était hier, avec l'élection sénatoriale qui s'est jouée en un petit tour. Pierre Frogier et Gérard Poadja, candidats sur la même liste "Pour une Calédonie dans la France et dans paix", ont obtenu, dès le matin, la majorité absolue. 
L'événement n'est pas tant, d'ailleurs, dans la victoire, que dans la liste commune, traduction de la déclaration qui a été signée entre les deux tours des législatives, la fameuse plateforme, constituée par le Rassemblement, Calédonie ensemble, le MPC et Tous calédoniens. Une plateforme qui enregistre donc une nouvelle victoire et qui est confortée par l'élection sénatoriale, puisque que le report de voix s'est fait, une fois encore. Les grands électeurs ont joué le jeu de l'union. 

Il faut dire qu'à 14 mois de l'échéance cruciale de 2018, l'union apparaît, à la majorité des calédoniens, comme une nécessité et comme une évidence. C'est l'avenir de la Calédonie qui se jouera, et l'enjeu vaut mieux que les discordes et les chamailleries qui émaillent, depuis des années, le camp des partisans du maintien dans la France. 
Mais l'union est un combat qui n'est jamais gagné d'avance et il reste des incrédules qui observent, avec méfiance et circonspection, le rapprochement des frères ennemis d'hier.
Il y a les attentistes qui se demandent si ça va tenir, les sceptiques qui pensent que ça ne va pas durer, les amers qui refusent l'apaisement, mais aussi les inquiets qui craignent la rupture et les va-t'en guerre qui la souhaitent.
Aux responsables de la plateforme de rassurer les uns, de démentir les autres et de faire réussir cette improbable construction qui oblige, ceux qui se sont tant détestés, à parler d'une même voix pour préparer un avenir dans la France et dans la paix. A eux de savoir ouvrir, au plus vite, le dialogue avec les indépendantistes pour débuter, enfin, les indispensables discussions d'avenir. A eux, enfin, de savoir rassembler le plus largement possible, les calédoniens qui sont opposés à l'indépendance parce c'est cette unité qui leur donnera crédibilité et efficacité. 

D'autant plus que cette union est rendue nécessaire, aussi, par les incertitudes du pouvoir national.A l'évidence, Paris a d'autres préoccupations que le dossier calédonien. Entre les catastrophes naturelles et les manifestations de rue, l'avenir de la Nouvelle-Calédonie aura de la peine à apparaître comme une priorité.
Même sur le dossier de la liste électorale spéciale pour la consultation de sortie, le Premier ministre préfère renvoyer la balle aux acteurs calédoniens plutôt que de se saisir lui-même du problème. 

Et quand il y a, à la tête de l'Etat, un président de la République qui considère que la colonisation est un crime contre l'humanité et un acte de barbarie, ce n'est pas le moment d'étaler ses dissensions.Il vaut mieux, dans ce cas-là, jouer collectif et défendre le même projet, dans la perspective de 2018.
 



Chronique de la semaine écoulée du 18 Septembre 2017

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                                                  Chronique du 18 Septembre 2017

Hasard du calendrier, ce 24 septembre – date de la désormais "fête de la citoyenneté" qui célèbrera cette année le 164ème anniversaire du rattachement de la Nouvelle-Calédonie à la France – sera, aussi, celle des élections sénatoriales.
La dernière étape d'une séquence électorale qui a commencé il y a plus d'un an et qui a déjà vu se succéder les primaires des différents partis politiques, la présidentielle et les législatives.
Hasard du calendrier, ce rendez-vous électoral aura lieu à 14 mois de l'échéance fixée, il y a près de 20 ans, par l'Accord de Nouméa : la consultation d'autodétermination par laquelle les calédoniens doivent choisir de rester, ou non, dans la France.

Hasard du calendrier, ces élections sénatoriales se dérouleront alors que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est dans l'incapacité d'élire son président et que l'exécutif est réduit à l'expédition des affaires courantes.Hasard du calendrier ? Sans doute !Mais cette conjonction d'événements vient surtout nous rappeler que le temps presse.Dans un peu plus d'un an, nous serons confrontés à un rendez-vous capital, crucial, déterminant et il serait peut-être temps de le préparer. Et ce ne sont pas avec des divisions incessantes, de petits règlements de compte ou des querelles d'ego, que nous le préparerons.Ce n'est pas – à l'évidence – en menant une guéguerre pour la présidence du gouvernement, alors que chacun sait qu'il faudra en sortir un jour, et qu'il n'y a pas dix mille solutions pour trouver une issue. Le prétexte d'une réunion, en présence éventuellement du haut-commissaire, pour parler des orientations du gouvernement n'abuse personne ! Et certainement pas ceux qui font cette proposition.
C'est trop tard et l'enjeu n'est plus là parce que le temps presse. 

Ce n'est pas non plus avec des surenchères, des outrances, de la mauvaise foi ou des raisonnements fallacieux que nous créerons les conditions d'une sortie apaisée de l'Accord de Nouméa. Les responsables indépendantistes le savent, même s'ils continuent à entretenir l'ambiguïté, auprès de leurs bases, avec un projet de société qui, selon eux, permettrait à la Nouvelle-Calédonie, de vivre aussi bien en se passant de l'aide de la France.
Eux aussi doivent prendre conscience que le temps presse et qu'ils vont bientôt être rattrapés par la réalité. 

On a beaucoup glosé, ces dernières années, sur "le jour d'après", mais on s'aperçoit qu'en réalité, ce sont les jours d'avant dont nous devons nous préoccuper. Comment faire pour arriver sereinement, et dans les meilleures conditions possibles, à ce rendez-vous de novembre 2018 ? Comment faire pour sauvegarder le vivre ensemble ? "Comment faire pour que tout ce qu'on a fait, depuis 30 ans, ne parte pas en vrille un dimanche ?" Interroge, ainsi, Pierre Frogier qui ne veut pas laisser tourner l'horloge, sans rien faire, jusqu'à la date de la consultation. Et cette exigence s'impose d'autant plus face à une donne nationale inédite qui oblige à la cohérence et à l'unité des acteurs politiques calédoniens.Le hasard du calendrier veut que cette échéance essentielle pour notre avenir se déroulera avec un nouveau pouvoir qui – quoi qu'on en dise – méconnait totalement la réalité du dossier calédonien.
Mais, selon certains, il n'y a pas de hasard !




 

 

 



 

 

 

 

 

 







 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

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