Incident diplomatique avec Port Vila
L'invitation d'une délégation commerciale conduite par le président du FLNKS provoque un incident diplomatique entre la France et le Vanuatu.

L'Etat et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie se sont livrés à des mises au point après la présence, au Vanuatu, d'une délégation du FLNKS conduite par son président Christian Tein, où elle prétend effectuer une mission commerciale. Un déplacement qui suscite beaucoup d'interrogations alors que cette délégation d'une vingtaine de personnes est composée du membre du gouvernement Michaël Forrest, mais aussi d'élus comme Sylvain Pabouty et Omeira Naisseline, ainsi que du maire de Lifou Pierre Qaeze, et ils sont accompagnés de plusieurs chefs d'entreprises.
Ils ont été accueillis, à Port Vila, par plusieurs personnalités du Vanuatu et ils viennent participer à un événement intitulé "V.O.I.C.E. 2030", pour "Vanuatu Opportunities for Investment and Caledonian Enterprises", qui se tient à Port Vila du 4 au 7 mai, à l’initiative du ministère du Commerce du Vanuatu. L'objectif est de promouvoir et de renforcer la coopération économique entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu.
Le problème, c'est que le Vanuatu n'a pas invité les bonnes personnes.
Dans un communiqué, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie rappelle que, conformément à la loi organique, le président est la seule autorité compétente pour représenter la Nouvelle-Calédonie à l’extérieur. À cet égard, il constate qu’aucune invitation officielle n’a été adressée ni au président ni au membre du gouvernement chargé de l’économie et du commerce extérieur. Le gouvernement ajoute que son président Alcide Ponga demeure profondément attaché au développement de la coopération régionale, en particulier aux échanges économiques avec les pays voisins.
Toutefois, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie estime qu’une préparation conjointe de cet événement, dans le respect des usages et des cadres de coopération régionales et économiques, aurait permis d’en garantir une meilleure cohérence et efficacité.
En conséquence, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie précise que la délégation actuellement présente à Port-Vila ne saurait être considéré comme une délégation officielle du gouvernement. Les personnalités qui y participent, y compris celles exerçant par ailleurs des fonctions au sein du gouvernement calédonien, n’y interviennent pas en qualité officielle.
Une dernière phrase qui désigne naturellement Mickaël Forrest, membre du gouvernement en charge de la jeunesse, des sports et de la culture.
L'Etat réagit également à la situation en apportant son soutien au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et en indiquant que l’Ambassadeur de France au Vanuatu ne participera à aucun des événements programmés dans le cadre de cette rencontre économique.
Dans un communiqué rendu public par le haut-commissariat, l'État constate qu'aucune invitation officielle n’a été transmise au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, institution pourtant seule compétente en matière de politique commerciale et de coopération bilatérale avec les États de la région.
L'Etat précise que – par l’intermédiaire de son Ambassadeur de France au Vanuatu, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer – il a rappelé aux autorités vanuataises la nécessité de solliciter formellement l'exécutif calédonien pour permettre la constitution d’une délégation officielle.
Rien n'ayant été fait en ce sens, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie souligne que la délégation calédonienne actuellement présente à Port-Vila ne saurait être considérée comme une délégation officielle du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l'Etat précise que, dans ces conditions, l’Ambassadeur de France au Vanuatu ne participera à aucun des événements programmés dans ce cadre.
Un communiqué qui émane de la représentation permanente de la France auprès de la communauté du Pacifique, du haut-commissariat et de l'ambassade de France au Vanuatu.
