Un féminicide jugé aux Assises de Nouméa
Pour cette première affaire de la session de l’année 2026, les jurés se penchent sur le meurtre d’une femme par son ex compagnon.

Le 28 août 2023 à Thio, au petit matin, le corps d’une femme est retrouvé dans un champ, dissimulé derrière de hautes herbes, à proximité de la RP1. Les enquêteurs constatent que le corps, baignant dans son sang, présentait des plaies crâniennes profondes. "Le nez était explosé, la mâchoire déboîtée et les dents disloquées" selon les légistes. La mort serait due à un traumatisme crânien par au moins 4 coups violents à la tête. Ce n'est qu'après être allé manger chez son frère que l'ex compagnon de la victime avoue aux gendarmes l’avoir tuée.
Une crime particulièrement violent
La veille du meurtre, après une journée où la victime et l’accusé ont consommé du cannabis et de l’alcool en forte quantité (« près de 2 bouteilles de Pastis pur » selon l’accusé), ils se sont rendus à une fête d’anniversaire. L’alcool coule de nouveau à flot et une dispute éclate. Un fait presque devenu courant dans leur relation où l’accusé, jaloux, avait de nombreuses fois été violent avec la victime. Cette dernière quitte alors la fête mais l’accusé la suit et lui demande des explications. Il se saisit à deux mains d’une pierre d’1,8 kg et lui assène plusieurs coups à la tête. "Je voulais l’éclater avec le caillou. Elle l’avait mérité !" a déclaré l'accusé au moment de son interrogatoire.
Présent dans le box des accusés, l’homme de 38 ans est resté quasiment silencieux depuis le début de l’audience . Face aux questions des avocats, il a seulement déclaré : « Je m’excuse auprès de la famille. Je ne suis pas venu pour me défendre mais pour être jugé ».
Plusieurs témoignages ont déjà eu lieu dont celui des forces de l’ordre chargés de l’enquête. "Ils n’étaient pas fait pour être ensemble, leur caractère était incompatible", a notamment déploré l’un d’eux.
Les réquisitions du ministère public sont attendues ce mercredi 11 mars, tout comme le verdict. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité, la relation de concubinage avec la victime constituant une circonstance aggravante.


