Chronique de la semaine écoulée

Chronique de la semaine écoulée

Une campagne électorale, c'est une véritable guerre psychologique et elle bat déjà son plein dans la perspective des provinciales du 12 mai prochain.
Une guerre dans laquelle les indépendantistes sont passés maîtres. Ils l'ont montré à plusieurs reprises et ils en jouent davantage encore depuis le référendum du 4 novembre.
L'objectif est de faire croire à leurs adversaires qu'ils sont plus forts qu'ils ne le sont en réalité. D'où leurs cris de victoire au lendemain d'un référendum perdu. Ils ont réagi comme s'ils l'avaient gagné, de manière à sidérer les partisans du maintien dans la France jusqu'à leur faire douter de leur victoire.
C'est de la guerre psychologique.

Et ils ont enchaîné avec une manipulation, plus redoutable encore.
Ils prétendent, affirment et réaffirment, que de plus en plus de non-indépendantistes, sont séduits par leur discours et les rejoignent.  Notamment dans le Nord. C'est ce que répète, à l'envi, Daniel Goa qui évoque "la poussée actuelle du nationalisme. Une dynamique qu’il faut, selon lui, capter et à laquelle il faut répondre."
Il est clair que, dans cette dérive, la confusion sémantique entretenue par Calédonie ensemble n'est pas innocente. On ne joue pas, impunément, avec les expressions de nationalisme, de souveraineté et de peuple calédonien.

 Mais, dans cette guerre psychologique que mènent les indépendantistes, la présence de Robie Courtot – maire de Pouembout et ex-militant de Calédonie ensemble – sur la liste UC de la Province Nord, est un pion important, pour accréditer la thèse selon laquelle les non-indépendantistes du Nord se rallieraient à la cause indépendantiste.

Et c'est d'autant plus pernicieux que cette idée est colportée par certains idiots utiles qui relaient ce message et en font une vérité. Comme ce journaliste qui demande à son interlocuteur loyaliste s'il se rend compte que le message indépendantiste est de, plus en plus séduisant pour des populations non kanakes, en particulier dans le Nord, sans même s'interroger sur la véracité de son affirmation.
Et les mêmes qui, depuis des décennies s'attachent à minorer, à loisir, le nombre de kanak attachés viscéralement à la France, vont maintenant s'extasier devant le ralliement de quelques européens au FLNKS.
Preuve que les indépendantistes sont assez forts en guerre psychologique.

C'est aussi une guerre que se livrent, entre eux, à chaque échéance, les partisans du maintien dans la France. Cela se traduit par de véritables bras de fer dans la constitution de listes unitaires où il s'agit de prendre l'ascendant psychologique en affirmant que l'on est le plus fort ou le plus légitime.
Cela se traduit, aussi, dans le débauchage – un peu puéril, à force d'être répétitif – de militants de l'autre camp.
C'est une façon de prétendre que l'on est plus attractif et donc plus puissant, mais cela ne convainc plus personne alors que, la plupart du temps, ce va-et-vient entre partis – dont certains se sont fait une spécialité – traduit surtout des frustrations, des rancœurs et des ambitions.

Les affaires et autres boules puantes, peuvent aussi être une arme psychologique. C'est clairement un élément de déstabilisation de l'adversaire mais elles sont à manier avec beaucoup de précaution parce qu'elles peuvent toujours éclabousser au-delà de la zone visée ou attirer une riposte non proportionnée. 
Mais quand c'est la justice qui s'en mêle, comme cette semaine avec l'affaire des emplois présumés fictifs, là c'est du droit.
Ce n'est plus de la guerre psychologique !