Radio Rythme Bleu

La chronique de la semaine écoulée

21 juin 2022 à 07:54

Ce second tour des législatives avait, forcément, des allures de 4ème référendum !

On ne pourra pas nous reprocher d'avoir affaibli la majorité présidentielle parce ce que ce n'est pas la faute des calédoniens si Emmanuel Macron se retrouve face à une Assemblée nationale ingérable et ingouvernable.
Comme souvent, à contre-courant de la politique nationale, la Nouvelle-Calédonie a donc envoyé au Palais Bourbon, deux députés de "ensemble !" pour la majorité présidentielle.
Et finalement, ce ne seront pas des godillots ou des députés "Playmobil" – comme certains les en ont soupçonnés.
Ils vont, à l'inverse, se retrouver dans un véritable champ de mines et essuyer les plâtres d'une Assemblée nationale complètement éclatée.
Du jamais vu sous la 5ème République !
Ce sont donc des députés macronistes que la Calédonie a élus mais, dans l'esprit des électeurs, ce sont surtout des députés loyalistes.
Davantage qu'une confiance ou une allégeance au Président de la République, c'est leur attachement à la France qu'ont voulu exprimer les électeurs calédoniens dans cette nouvelle confrontation loyalistes/indépendantistes qui avait, forcément, des allures de 4ème référendum.
Certes, ce n'est pas le même corps électoral mais, d'un autre côté, on reproche régulièrement aux exclus de ne pas voter quand ils en ont la possibilité. Et s'ils se sont effectivement abstenus aux législatives, on n'est pas loin d'un corps électoral qui représente les populations intéressées.
Toujours est-il que l'on se retrouve, dans les deux circonscriptions, avec un rapport de force immuable de 60/40. C'est – quoi qu'on en dise – le véritable étiage de la représentation politique entre partisans du maintien de la Calédonie dans la France et indépendantistes.
Et ce 4ème référendum, les indépendantistes ne peuvent accuser personne de leur avoir volé !
Ils ont décidé de participer aux législatives, ils ont même réussi à qualifier leurs deux candidats au second tour, mais ils restent minoritaires en Nouvelle-Calédonie. En fait, pour la 4ème fois en 5 ans, les électeurs calédoniens ont exprimé leur refus de l'indépendance.
Mais une fois encore, ils l'ont fait – n'en déplaisent à certains – de façon différenciée selon les provinces.
Si l'on reporte les résultats du second tour des législatives à l'échelle des provinces, on constate, sans surprise, que le Nord et les Iles ont voté massivement en faveur du candidat indépendantiste et que le Sud s'est prononcé très largement pour le candidat loyaliste.
CQFD. Il existe une triple fracture géographique, politique et identitaire en Nouvelle-Calédonie et elle se révèle scrutin après scrutin.
Une véritable partition électorale qu'il faut constater au lieu de s'en indigner ou de la contester.
C'est peut-être même la base sur laquelle devra se construire l'avenir institutionnel puisque aucun camp ne convaincra l'autre et encore moins le contraindra.
Comment harmoniser le destin de populations qui veulent vivre ensemble, sur la même terre mais pas de la même façon et sans partager les mêmes convictions ? C'est l'enjeu des futures discussions sur l'avenir institutionnel et c'est le casse-tête que devront résoudre ceux qui se bousculent pour être autour de la table.
Malheureusement, ils ne pourront sans doute pas compter sur la majorité présidentielle désormais relative qui doit faire face au recul des macronistes, au succès de la "Nupes" et à la poussée du Rassemblement national.
A l'Assemblée nationale aussi, il y comme une triple partition...

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