La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

L'Eveil océanien n'en finit pas de brouiller les cartes et semble même en tirer un certain plaisir.
Après avoir voté pour Sonia Backès à la présidence de la province Sud, puis pour Roch Wamytan à la présidence du Congrès, il déjoue les pronostics des indépendantistes et écrit un nouveau scénario dans lequel il s'associe cette fois-ci, à l'Avenir en confiance pour l'élection du gouvernement.
Ça ne plait pas à tout le monde et les Océaniens du RDO, notamment, protestent de façon véhémente contre ce qu'ils considèrent comme un revirement.

Mais pour distrayant et inédit que soit l'exercice, il ne donne pas vraiment de lisibilité politique et près d'un mois après les provinciales du 12 mai, les Calédoniens qui pensaient avoir été clairs dans leur choix, ne savent toujours pas à quelle sauce ils seront mangés.
Parce que même si la probable composition du gouvernement est connue, on ne sait toujours pas si ses onze membres, qui seront élus jeudi, seront capable de désigner leur président et leur vice-président, étape indispensable pour la mise en place du nouvel exécutif.
Et on se souvient des scénarios catastrophes que certains groupes politiques ont été capables d'inventer ces dernières années.
Curieusement, les institutions sont un domaine dans lequel il est possible de faire preuve d'une imagination débordante et débridée.

Je ne vous rappellerai pas l'épisode de 2011 et les démissions systématiques et collectives des membres de la liste Calédonie ensemble le jour même de l'élection de l'exécutif. 
Cette année-là, on avait élu pas moins de quatre fois le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et il avait même fallu modifier la loi organique pour retrouver une relative stabilité. Désormais, il faut attendre 18 mois entre deux démissions complète d'une liste.

Je ne vous rappellerai pas, non plus, la chute du gouvernement Ligeard, en 2014, à la suite de la démission en bloc de tous les membres de Calédonie ensemble, ni la vacance qui s'en est suivie puisque, de fin décembre à début avril, il n'avait pas été possible d'élire un président.
C'est le FLNKS qui avait tranché, le 1er avril, en faisant élire Philippe Germain à la tête de l'exécutif.

Quant au gouvernement sortant, celui qui expédie actuellement les affaires courantes, il a fallu pas moins de trois mois pour l'installer, le temps, là aussi, qu'une majorité se dégage pour désigner le président du gouvernement.

On frémit à l'idée que ce type de scénario – ou un autre tout aussi surréaliste – se reproduise pour ce 16ème gouvernement.
On espère que personne n'aura l'audace ou l'inconscience, de retarder encore la mise en place des institutions mais il faut savoir qu'avec un tel éclatement de la représentation, tout est encore possible.
Faute d'une véritable majorité, il existe plusieurs majorités alternatives au sein du futur exécutif.

Mais on se dit – soyons fou ! – que la sagesse va l'emporter.
Nous sommes au début de la dernière mandature de l'Accord de Nouméa et à la veille du deuxième référendum.
Il y a urgence à régler les problèmes sociaux, économiques et financiers qui ont été quelque peu mis sous le tapis ces derniers mois, pour cause de campagne électorale.
Qui pourrait avoir intérêt, dans ce contexte, à brouiller encore un peu plus les cartes ?  Et qu'en dirait la majorité des Calédoniens à qui on n'a pas le droit de confisquer les résultats des provinciales et du référendum ?