La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Rien ne va plus entre l'UC et l'UNI !

Huit mois après la démarche unitaire qui avait amené les indépendantistes à faire une campagne commune pour le référendum du 4 novembre, c'est la guerre ouverte entre les deux principales composantes du FLNKS et, franchement, cela n'étonne personne. 
Ce qui surprend, en revanche, c'est qu'ils arrivent, régulièrement, à sauver les apparences et à faire comme si tout allait bien entre eux, alors que l'on connaît les importantes divergences qui existent, depuis toujours, entre l'Union calédonienne, le plus vieux parti du territoire, sûr de sa légitimité historique, et le Palika, parti d'obédience marxiste, qui conteste depuis longtemps la suprématie de l'UC dans le camp indépendantiste.
Des divergences historiques et de fond, auxquelles s'ajoutent des haines personnelles que chacun connait même s'ils réussissent, en général, à ne pas les afficher au grand jour.

Mais curieusement, l'affaire de la vice-présidence du gouvernement semble avoir fait sauter les digues. Aujourd'hui, les rancœurs s'étalent en public et dans les médias, chacun accusant l'autre de tous les maux avec une violence que l'on avait rarement entendue.
Et pourtant, ce n'est pas la première fois que la vice-présidence est une source de division entre l'UC et l'UNI. Mais cette fois-ci, elle est le révélateur d'une exaspération croissante entre les deux frères ennemis indépendantistes qui ont chacun leur interprétation des résultats du 12 mai.

L'Union calédonienne déclare ainsi que le scrutin provincial la consacre comme premier parti politique du pays.
Une affirmation que réfute l'UNI qui ironise en relevant que passer de 11 élus en 2014 à 11 élus en 2019 ce n'est pas une "progression" et qui souligne qu'elle-même est passée de neuf à douze élus au Congrès.

Les deux partis s'accusent aussi, mutuellement, de ne pas respecter la stratégie concertée, actée par le FLNKS. En gros, les autres doivent se rallier au parti indépendantiste arrivé en tête. Et l'UC met en avant son vote en faveur de Paul Néaoutyine dans la Province Nord, vote qui n'a été suivi d'aucun retour d'ascenseur puisque l'UNI a trusté tous les postes de l'exécutif.
A ce titre, l'Union calédonienne souligne qu'elle a trois membres au gouvernement quand l'UNI n'en a que deux et que, logiquement, la vice-présidence doit lui revenir.
Objection de l'UNI qui rétorque que la stratégie concertée a été bafouée par l'UC qui aurait entrepris des tractations discrètes avec la liste d'Alcide Ponga pour s'emparer de la présidence de la Province Nord. L'UC qui aurait, aussi, discuté dans le dos de l'UNI, avec l'Eveil océanien et qui a même piqué à l'UNI la présidence de la commission permanente. N'en jetez plus la coupe est pleine. La liste des griefs, on le voit, est longue.
Et comme si cela ne suffisait pas, l'UNI désigne clairement un responsable : Gilbert Tyuiénon qui, à en croire Louis Mapou, "a été au cœur de toutes les dissensions qui se sont produites ces derniers mois au sein du FLNKS."
Gilbert Tyuienon que l'UC veut précisément faire élire vice-président face à Jean-Pierre Djaiwé le candidat de l'UNI.
Bref, on semble bel et bien dans l'impasse et on se retrouve comme en juin 2014, où le poste de vice-président était resté vacant, en raison déjà, d'une rivalité entre l'Union calédonienne et le Palika.  

Maintenant que les partisans du maintien dans la France ont quasiment réussi l'unité, et que Calédonie ensemble n'est plus que l'ombre d'elle-même, on pouvait attendre une accalmie dans le climat politique. Et bien c'est raté ! Vous avez aimé les dissensions dans le camp loyaliste ? Vous adorerez les querelles entre les indépendantistes !