La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Trois mois après les provinciales du 12 mai, on parle gros sous. Il est clair que les dossiers économiques vont largement dominer l'actualité des prochaines semaines et que c'est sur ces questions qu'est attendue la nouvelle majorité.
On sent d'ailleurs poindre une certaine impatience dans la population et dans les milieux socio-économiques, et on comprend qu'il y a un hic !
Et de fait, le budget supplémentaire est très compliqué à élaborer.

Certes, ce n'est pas complètement une surprise. On sait que la situation des finances publiques n'est pas au beau fixe et que la situation économique peut être qualifiée de catastrophique mais, en fait, si on a bien suivi, c'est pire encore que ce que l'on craignait et le budget primitif 2019 est sur la sellette.
Une croissance surévaluée, des recettes de TGC mal estimées, un emprunt majoré…
Les nouveaux responsables des finances et du budget font le procès de l'équipe précédente en parlant, carrément, de budget "insincère".

Et si c'est vrai, c'est grave !
Un budget est "insincère" quand ceux qui l'ont élaboré ont intentionnellement faussé les grandes lignes de l'équilibre budgétaire.

Les responsables des finances et du budget de l'ancienne mandature s'en défendent, bien sûr et, à leur décharge on peut faire valoir que la prévision de croissance est très aléatoire parce qu'elle dépend de très nombreux facteurs.
Mais les nouveaux élus pointent du doigt un certain nombre d'anomalies qui soulèvent des questions.
Leurs prédécesseurs ont-ils volontairement exagéré les prévisions de croissance en tablant sur une hausse de 4% malgré la morosité économique ambiante, aggravée par la crise mondiale  et le contexte électoral de l'année 2019 ?
Ont-ils fait preuve de mauvaise foi en affirmant que le rendement de la TGC était conforme aux attentes alors qu'il était inférieur de 3 milliards ?
Ont-ils délibérément majoré le montant prévu de l'emprunt accordé à la Nouvelle-Calédonie par l'AFD ?

Ce sont des questions qui vont faire débat dans les prochaines semaines même si l'ancien président du gouvernement, Philippe Germain, les balaie du revers de la main en déclarant que les critiques des nouveaux dirigeants sont bêtes, inutiles et surprenantes et en affirmant qu'il y voit un aveu de faiblesse.
Une position défendue également par Calédonie ensemble qui estime que toute critique envers le précédent gouvernement est une agression qui va à l'encontre de la collégialité et de la solidarité de l'exécutif.

Il est clair qu'une fois les institutions mises en place, la politique va reprendre ses droits et l'on sait qu'au-delà des positionnements sur l'avenir institutionnel, les divergences sont grandes, entre les partis non-indépendantistes, concernant les domaines économiques et sociaux.
Autant dire que, dans ce contexte, l'élaboration et l'adoption du budget supplémentaire 2019 vont être particulièrement délicates.
Et il faudra bien que la nouvelle équipe puisse exercer son droit d'inventaire !