La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Cherche argent désespérément !
Le gouvernement a quelques difficultés à boucler le budget supplémentaire 2019.
Ça y est ! Il touche au but. Mais il faut dire qu'il a rencontré quelques écueils sur le chemin de son élaboration en découvrant, ici ou là, des recettes sous-évaluées ou des dépenses oubliées.
Jusqu'au fameux milliard cinq de CCS, la Contribution Calédonienne de Solidarité qu'il va falloir rembourser à plusieurs entreprises calédoniennes, filiales de groupes métropolitains.
La décision du tribunal administratif a fait couler beaucoup d'encre et pourtant, elle ne faisait guère de doute et le gouvernement précédent avait été mis en garde. 
Il avait considéré cette contribution comme une cotisation, alors que la cour administrative d’appel de Paris avait clairement dit qu'il s'agissait d'un impôt et qu'il était incompatible avec la convention fiscale qui existe, depuis 1983, entre la Métropole et la Nouvelle-Calédonie.

L'épisode a d'ailleurs donné lieu à quelques perles.
C'est d'abord l'ancien président du gouvernement, Philippe Germain, qui se déclare scandalisé par le recours formé par ces entreprises au nom d'une convention fiscale qu'il juge "archaïque". Mais pourquoi n'a-t-il essayé de renégocier cette convention quand il était au pouvoir ? Et pourquoi s'en prendre aujourd'hui, à ces entreprises qui investissent en Calédonie et qui sont déjà taxées sur le territoire ?
C'est ensuite le chef du groupe UNI au Congrès, Louis Mapou, qui dénonce une convention fiscale inique d'inspiration coloniale, oubliant qu'en 1983, c'est… Jean-Marie Tjibaou qui était au pouvoir et que c'est son gouvernement qui a négocié et signé cette convention.
C'est enfin Génération nc, le jeune parti de Nicolas Metzdorf qui réclame – toute affaire cessante, lors du comité des signataires – la renégociation de cette convention fiscale.
On n'est plus à une incohérence près, mais les relations fiscales entre la Calédonie et la métropole ne sont peut-être pas la priorité dans le contexte économique actuel de la Calédonie… Et d'autres sujets devraient être inscrits à l'ordre du jour du prochain comité des signataires.

Un comité auquel les indépendantistes nous annoncent qu'ils iront unis, avec une seule délégation, ce qui n'était pas arrivé depuis très longtemps.
Ce qui est bien avec eux, c'est qu'ils arrivent, à chaque fois, à nous faire croire qu'ils se sont réconciliés même s'ils sont, en réalité, à couteaux tirés.
L'UC et l'UNI ne sont d'accord sur rien. Ni sur la politique minière, ni sur la politique économique, ni même sur le projet d'avenir mais ils arrivent à faire comme si…

A l'inverse, les partisans du maintien dans la France sont d'accord sur l'essentiel mais ils ont de la peine à faire l'union. Les choses semblent toutefois aller mieux depuis la création de l'Avenir en Confiance et l'effondrement, dans les urnes, de Calédonie ensemble et s'ils iront en délégations séparées, on peut espérer qu'ils arriveront à parler d'une même voix face aux indépendantistes et à l'Etat, notamment sur les questions relatives à l'organisation du prochain référendum.
C'est en fait la politique économique et sociale qui divise les non-indépendantistes.
On verra si le grand débat "Entreprises", réuni par le gouvernement, réussi à dégager des convergences pour la relance de l'économie et le retour à la confiance parce qu'il y a tout de même un point qui fait l'unanimité et qui dépasse tous les clivages : 
La Calédonie cherche argent, désespérément !