La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Comme le temps passe !
C'est déjà le 19ème comité des signataires qui se réunit, ce jeudi, à Matignon, sous la présidence du Premier ministre Edouard Philippe et en présence de trois délégations d'élus calédoniens : Les indépendantistes du FLNKS, la délégation de l'Avenir en Confiance et celle de Calédonie ensemble.
Les comités des signataires sont à géométrie variable et c'est la première fois que les élus siègeront dans cette configuration, issue des provinciales de mai dernier.

 C'est le 19ème comité des signataires en 21 ans et, certaines années, il y en a eu deux, ce qui veut dire que cette instance essentielle, chargée de veiller à la mise en œuvre de l'Accord de Nouméa n'a pourtant pas été réunie tous les ans depuis 1998.
Mais maintenant, elle se réunit même hors délai puisque beaucoup pensent que l'Accord de Nouméa, qui avait été signé pour vingt ans, a vécu et que nous sommes entrés dans une nouvelle phase.
Mais ce n'est pas l'avis du Conseil d'Etat et donc, ce n'est pas l'avis de l'Etat qui considère que l’Accord de Nouméa restera en vigueur, "tant que les consultations n’auront pas abouti à la nouvelle organisation politique proposée".

Nous voilà bien !
Cela pourrait nous conduire jusqu'en 2023. Et encore !
Tout ne sera pas joué puisqu'après le 3ème référendum, si – comme on peut le prévoir, les calédoniens disent encore NON à l'indépendance – les partenaires politiques devront se réunir "pour examiner la situation ainsi créée", selon l'expression ampoulée de l'Accord de Nouméa.

Bref, on n'est pas sortis de l'auberge et l'Accord de Nouméa a encore de beaux jours devant lui.
On n'y touchera pas, on ne le modifiera pas, on ne le remettra pas en cause, pendant les trois ans qui viennent, même si plusieurs des mesures qu'il comprend sont transitoires.
L'Etat, en effet, agit en bon greffier de l'Accord, au lieu d'en être un partenaire actif. Il le met en œuvre littéralement, fidèle à sa lettre, à défaut d'en respecter l'esprit.
Il veut remplir toutes les cases, malgré les mises en garde, sans vérifier si à un moment ou un autre, on s'est égaré dans son application.

Et c'est pourtant ce qui s'est passé avec ces référendums de sortie de l'Accord de Nouméa. Ils devaient être organisés pendant la dernière mandature, entre 2014 et 2018. C'était bien prévu !
En 2018, tout devait être réglé. Les trois référendums auraient dû être organisés et on devrait en être, aujourd'hui, à la dernière phase. Peut-être même – si le calendrier avait été respecté – aurions déjà trouvé un nouveau statut pérenne pour la Nouvelle-Calédonie. Peut-être, serait-elle déjà ancrée durablement dans la France et son économie relancée.

Au lieu de ça, on va, ces prochains jours, se disputer sur la date de l'organisation du scrutin. 
Faut-il le faire le plus tôt possible, pour s'en débarrasser et se libérer de l'hypothèque qui pèse sur la Calédonie ?
Faut-il essayer de gagner du temps ?
Ou faut-il, au contraire, trainer encore un peu, jouer la montre et organiser le 2ème référendum en novembre 2020, ce qui amènerait le 3ème en novembre 2022, c’est-à-dire après la présidentielle ?

La question n'est pas aussi anecdotique qu'il y parait même si, à l'évidence, l'Accord de Nouméa, c'est un provisoire qui dure !