La fréquence aux couleurs de la France

Une feuille de route pour les six prochains mois

Dans sa déclaration de politique générale, Milakulo Tukumuli a voulu tenir une discours de vérité, de responsabilité et de confiance. Il énonce 5 urgences et il prévient que la Nouvelle-Calédonie doit engager des réformes majeures mais que, même réformée, elle ne passera pas 2027 sans l'aide de l'Etat.

Par Elizabeth Nouar 24 août 2026 à 07:09
Milakulo Tukumuli DPG

Un discours original pour le président du 19ème gouvernement qui n'a pas voulu énumérer un catalogue de mesures mais qui a choisi de dresser un bilan de vérité et de fixer de grands principes. Une déclaration de politique générale dont on retient que la situation est grave, que les réformes s'imposent et que ce gouvernement marchera sur deux jambes : la justice sociale et la relance économique.
Et dès le début, Milakulo Tukumuli a fixé la règle du jeu

Le président du gouvernement propose donc un discours de vérité, de responsabilité sur les réformes difficiles à mettre en œuvre, un discours de confiance et enfin, le discours d'un gouvernement soudé.
Il commence par dire ce qui va mieux. Le moral des chefs d'entreprise s'est amélioré, les recettes fiscales sont en hausse, tout comme la consommation des ménages, le prix de la tonne de nickel a cessé de chuter.
Mais si le tourisme repart il n’a retrouvé que la moitié de son niveau d’avant. Le BTP tourne toujours au ralenti et la confiance n’est pas revenue. Sans confiance, pas d’investissement. Sans investissement, pas d’emploi ajoute Milakulo Tukumuli qui relève que le secteur privé a perdu un salarié sur six.

Voilà pour la note d'espoir de cette déclaration de politique générale. La chute est enrayée mais la reprise n’est pas encore engagée.
Le président du gouvernement livre ensuite la vérité sur notre situation sociale.
Le régime de retraite d'abord qui ne tient que grâce au PGE et Milakulo Tukumuli prévient que sans nouvelle ressource financière et sans réforme, 42 000 Calédoniens pourraient se retrouver sans pension dans quelques mois.
Le RUAMM ensuite dont le trou s’agrandit d'année en année.
Il révèle ensuite la vérité sur la situation financière de la Nouvelle-Calédonie

 

Vérités sur notre économie, sur nos régimes sociaux et sur nos finances et le président du gouvernement en tire deux conclusions qui sont – dit-il – indissociables.

 

En clair, concernant cette aide de l'Etat, il ne s’agit pas de nous soustraire à nos responsabilités, ajoute Milakulo Tukumuli, il s’agit de demander à l’État de nous donner les moyens et le temps nécessaires pour les assumer pleinement.
Face à cette situation, le gouvernement ne baissera pas la tête. "Ce gouvernement est un gouvernement d’action" déclare son président et il n’a qu’une raison d’être : remettre la Nouvelle-Calédonie sur le chemin de la confiance et de la prospérité.
Et il refuse le choix entre relancer l’économie ou protéger nos concitoyens, un choix qui conduirait à l'impasse. Ce gouvernement marchera donc sur ses deux jambes : la justice sociale et la relance économique

 

Sur cette base, et sans annoncer de mesures précises, le président du 19ème gouvernement fixe 5 urgences à mettre en œuvre.
Il faut remettre de l'ordre dans nos dépenses, préserver le régime de retraite du secteur privé, garantir l'avenir de l'assurance maladie, préserver l'économie et favoriser la relance et enfin, apporter aux Calédoniens une vie digne, à travers le pouvoir d'achat, le travail, le logement et la mobilité.
Concernant la réforme des retraites et la réforme du RUAMM, il prône la concertation mais il indique que ces réformes devront être votées par le Congrès avant le 31 décembre.
Concernant la relance de l'économie, Milakulo Tukumuli s'adresse aux chefs d'entreprise et il indique qu'il faudra veiller à préserver les entreprises et les travailleurs indépendants que la crise a fragilisés et que la contribution de chacun devra être demandée avec discernement, selon les capacités réelles. 
Pour lui, notre modèle économique et fiscal mérite d’être repensé. 

 

Concernant le nickel, secteur essentiel, il indique que le gouvernement soutiendra activement tout projet industriel cohérent, porté par des acteurs solides et durablement engagés aux côtés de la Nouvelle-Calédonie. Mais il faut aussi, selon lui, préparer la Calédonie au jour où elle dépendra moins du nickel et bâtir une économie qui tienne debout par elle-même grâce, notamment, au tourisme, à l’agriculture, au développement du numérique. Il consacre à ce titre tout un passage à la mer et à l'économie bleue.

Le président du gouvernement s'adresse enfin à la jeunesse alors que beaucoup de jeunes pensent que l’avenir est ailleurs. Ce que nous vous devons commence à l’école et se poursuit par la formation déclare Milakulo Tukumuli

 

Le président du 19ème gouvernement ne dira que quelques mots sur l'avenir institutionnel.
Une question qui n’appartient pas à ce gouvernement, dit-il, mais qui est néanmoins essentielle et pour lui personne ne peut se satisfaire que le dialogue soit interrompu. Il reprendra parce qu’il reprend toujours dans notre pays et chacun devra alors y prendre sa part, déclare Milakulo Tukumuli qui ajoute que l’incertitude sur demain n’autorise pas l’immobilisme aujourd’hui. On peut ignorer de quoi l’avenir sera fait et savoir exactement ce que le présent commande."

Le président enchaine ensuite sur les partenaires du redressement, en l'occurrence, toutes les institutions qui devront travailler ensemble.
Avec une mention particulière pour l'Etat parce que depuis plusieurs années, et encore plus depuis mai 2024, la solidarité nationale n’a pas fait défaut. Sans cet appui, la Nouvelle-Calédonie ne se serait pas relevée.
Et Milakulo Tukumuli évoque la mission transpartisane qui part à Paris pour parler de la place que doit prendre la Nouvelle-Calédonie dans le projet de loi de finances pour 2027.

 

Une mission à Paris essentielle pour la préparation du budget 2027 de la Nouvelle-Calédonie. Il dépendra pour une grande partie du soutien financier que nous aurons obtenu de l’État. Un budget qui devra être sincère et équilibré et si cela se révélait impossible, Milakulo Tukumuli déclare qu'il en tirerait toutes les conséquences parce qu'il n'a pas sollicité cette fonction pour administrer l’impuissance. Une façon de mettre sa démission dans la balance.
Ce gouvernement sera un gouvernement de résultat conclut son président en ajoutant que la génération précédente nous a légué la paix et que notre responsabilité est de faire vivre cette paix en redonnant à notre pays les conditions de son développement.

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