
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
On se raccroche à ce qu'on peut ! Et comme personne ne sait où l'on va, ni comment va évoluer la situation institutionnelle, chacun répète à l'envi que la seule certitude, c'est que les élections provinciales auront lieu le 28 juin.
Mais en est-on bien certain ?
Lors de la dernière réunion, mardi, entre Sébastien Lecornu et les partenaires politiques calédoniens, aucune date n'a été fixée précisément pour le prochain scrutin.
Les participants ont seulement déduit de ses propos ou de ses silences, que le Premier ministre allait respecter la date limite du 28 juin au plus tard.
C'est la loi organique du 6 novembre 2025 qui a fixée cette date du 28 juin en entérinant un 3ème report, afin de permettre la poursuite de la discussion en vue d’un accord consensuel sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
On le sait, les élections provinciales étaient prévues, à l'origine en mai 2024, et elles avaient été reportées une première fois jusqu’au 15 décembre 2024 au plus tard, pour mettre en œuvre la réforme constitutionnelle modifiant le corps électoral, réforme qui a été interrompue par les violences insurrectionnelles de mai 2024. Dans le contexte né des émeutes, il avait été décidé, de reporter de nouveau les provinciales au 30 novembre 2025, pour permettre la reprise du dialogue institutionnel.
Et, en novembre 2025, après Bougival, il avait été décidé de reporter une fois encore le renouvellement des membres du congrès et des assemblées de province au 28 juin 2026.
Une prolongation de 25 mois du mandat provincial que le Conseil Constitutionnel n'avait pas estimé disproportionné mais il précisait que c'était la dernière fois que l'on pouvait reporter les élections provinciales. "Un report supplémentaire méconnaîtrait la Constitution", indiquait même la haute juridiction.
Dont acte, mais est-ce si sûr ?
Nous serons bientôt fixés puisque le décret de convocation des électeurs doit être publié quatre semaines, au moins, avant la date du scrutin, c’est-à-dire, au plus tard, au 27 mai prochain. Mais, jusque-là, il convient de rester prudent.
D'autant plus qu'objectivement, un nouveau report ne serait pas complètement absurde même s'il rallongerait d'autant l'interminable mandat débuté en mai 2019.
Il suffirait, en fait, d'une nouvelle loi organique pour différer une fois encore le scrutin et le gouvernement pourrait justifier ce report par la nécessité de poursuivre les discussions ou d'aboutir à un accord sur l'ouverture du corps électoral, élément essentiel de ces élections provinciales. Il pourrait arguer qu'un décret de convocation des électeurs, sur un corps électoral gelé, ferait l'objet de multiples recours et qu'il vaut mieux tenter une ouverture même partielle, d'autant plus que le Rassemblement national se déclare prêt désormais à adopter une réforme de ce type.
Sans oublier que la date du 31 mai avait circulé, un temps, pour organiser le scrutin. Les raisons de cette date anticipée étaient pertinentes et elles sont toujours d'actualité. Il s'agissait d'éviter d'organiser les élections sans des renforts conséquents en force de l'ordre or, de nombreux escadrons de gendarmes seront mobilisés pour sécuriser le sommet du G7 qui se déroulera à Evian du 15 au 17 juin. Sera-t-il possible d'en mobiliser suffisamment pour sécuriser, 10 jours plus tard, les provinciales en Nouvelle-Calédonie ?
Toujours est-il que cette incertitude de calendrier ne va pas arranger les affaires des candidats potentiels aux provinciales et Dieu sait s'ils sont nombreux. Pas une semaine sans qu'un nouvel impétrant ne se fasse connaitre. A ce rythme, si les élections étaient encore reportées, les listes seraient légions, notamment en Province Sud. A moins qu'un nouveau report ne permette de décanter ces aspirations et de privilégier l'indispensable union ?
Décidément, il n'y a vraiment aucune certitude...


