Affaire de soupçons d’emplois fictifs par Calédonie Ensemble : le délibéré fixé au 22 septembre
La fin du procès en appel de six membres de Calédonie Ensemble dont ses deux leaders, Philippe Gomès et Philippe Michel. Ils étaient jugés depuis trois jours pour des soupçons d’emplois fictifs de 40 collaborateurs wallisiens et futuniens entre 2014 et 2018.

En tête d’affiche de ce procès : Philippe Gomès et Philippe Michel. A l’époque des faits, Calédonie Ensemble était à la tête de la Province Sud. Philippe Michel en était le président et signait les fameux arrêtés pour embaucher ces collaborateurs qui avaient pour rôle de partager les informations communiquées par le parti politique auprès de leur communauté. Problème : ces prétendues réunions hebdomadaires pour propager la parole étaient peu encadrées et documentées. Pire, des dizaines de témoignages des collaborateurs eux-mêmes viennent confirmer qu’ils ne se rendaient pas à ces fameuses réunions. Il ne fait alors aucun doute, selon l’avocat général Pierre-Yves Michau, qu’il s’agit de travail frauduleux, financé sur fonds publics.
En première instance, Philippe Gomès et Philippe Michel avaient été condamnés respectivement à quatre ans et trois ans d’emprisonnement, dont deux ans avec sursis, ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Des peines dont le ministère public a requis la confirmation devant la cour d’appel. Une hérésie pour leurs avocats qui ont demandé leur relax.
« Dans ce dossier, celui qui tire les ficelles, c’est Philippe Gomès » a résumé l’avocat général. Selon Pierre-Yves Michau, Philippe Michel, lui, a fait preuve de mauvaise foi en déclarant être dans l’obligation de signer les arrêtés. Au terme de quatre heures d’audition, l’ancien président de la Province Sud avait même lancé : « Si les groupes politiques voulaient recruter un danseur de claquettes, ils pouvaient le faire, je n’avais rien à dire ! » Il estimait alors que cette pratique était commune à l’ensemble des groupes politiques.
Pour les autres prévenus, l’avocat général a requis deux ans d’emprisonnement avec sursis contre Sutita Sio-Lagadec et dix-huit mois avec sursis contre Silipeleto Muliakaaka, présenté à plusieurs reprises au cours des débats comme le lanceur d’alerte dans cette affaire. Il a en revanche demandé la relaxe de Martine Lagneau et Marie-Christine Gey. À l’issue des plaidoiries, la cour a mis l’affaire en délibéré. Son arrêt sera rendu le 22 septembre.


