
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
"Vae victis !" Malheur aux vaincus !
L'expression du gaulois Brennus prend tout son sens lors des élections municipales dont le mode de scrutin est particulièrement cruel pour les battus, quel que soit leur score. La liste arrivée en tête fait une véritable razzia sur les sièges du conseil municipal ne laissant que la portion congrue à l'opposition.
Et ils sont nombreux, parmi les maires sortant, à en avoir fait l'amère expérience lors d'un second tour qui a amplifié les résultats du premier et confirmé les grandes tendances qui avaient été relevées le 15 mars.
Les électeurs calédoniens se sont un peu défoulés et ils ont joué au "chamboule-tout", sans hésiter, parfois, à déjouer les pronostics.
Sur les 33 communes calédoniennes 22 auront un nouveau maire à l'issue de ces élections municipales qui – incontestablement – ont rebattu les cartes. A défaut d'élections provinciales – et même si le corps électoral n'est pas le même – ce scrutin offre une nouvelle photographie du paysage politique calédonien.
Le premier constat, c'est le bon score des candidats soutenus par les loyalistes. Ils s'imposent dans toutes les communes de l'agglomération et ils font, ailleurs, des scores très honorables même quand ils ne l'emportent pas.
Des résultats qui battent en brèche le qualificatif de "radicalisés", dont ils ont été affublés par leurs adversaires qui plastronnent, depuis des mois, en se présentant comme les modérés, la voie médiane ou la troisième voie, face aux extrêmes des deux bords. Des centristes autoproclamés qui, sans vergogne, renvoyaient dos à dos, les agitateurs de la CCAT et les partisans de la France.
Les électeurs calédoniens ne s'y sont pas laissés prendre. Ils ont tranché et renvoyé chez eux les tenants de cette voie médiane issus, notamment, de Calédonie ensemble et de l'Eveil océanien.
Mais, dans un même mouvement, les électeurs indépendantistes semblent vouloir tourner la page du 13 mai et de ses violences insurrectionnelles dont ils subissent les conséquences dans leur vie quotidienne.
Au-delà du référendum "pour ou contre Bougival", que voulait leur imposer l'Union calédonienne, ils n'ont pas hésité à sanctionner le plus vieux parti calédonien en lui enlevant quelques bastions. On pense à Koné, le chef-lieu de la province Nord mais aussi à Canala – où Christian Tein était venu soutenir le maire sortant – à Poum, et Pouebo, qui tombent dans l'escarcelle du Palika ou encore à Maré.
Les résultats de ces municipales ne sont pas toujours très lisibles parce qu'ils traduisent aussi l'émergence de personnalités inclassables ou inconnues du grand public, mais ils traduisent une volonté d'apaisement après les violences inédites vécues par les calédoniens.
Une volonté de changement aussi et de clarification après des mois d'incertitudes institutionnelles.
Les calédoniens n'ont peut-être pas voté "pour" ou "contre" Bougival et son accord complémentaire, dont ils peinent souvent à comprendre les contours. Mais le message qu'ils ont envoyé aux municipales devra être entendu par les parlementaires alors que c'est cette semaine que l'Assemblée nationale commence à examiner le projet de loi constitutionnelle.
On saura aussi, à l'issue de leurs débats, si les élections provinciales auront lieu avant la fin du mois de juin ou avant la fin de l'année.
Mais ça, c'est une autre histoire...

