
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
"Tout royaume divisé contre lui-même périra". C'est parole d'Evangile mais curieusement, cela s'applique fort bien au monde politique qui vit régulièrement au rythme des dissensions, des fractures et des querelles personnelles, souvent, au risque de la défaite.
Espérons que ce n'est pas ce qui arrive, une fois encore, au camp des partisans de la France qui a été ébranlé, ces derniers jours, par un communiqué émanant du Rassemblement.
Grand seigneur, le Rassemblement proposait de se ranger, pour les provinciales, sous la bannière de Génération NC, à qui il attribuait, en outre, la victoire aux récentes municipales.
Le tout au nom de l'unité, indispensable pour répondre aux enjeux auxquels notre territoire est confronté.
En apparence, donc, un appel à l'union sauf qu'il ne fallait pas être grand clerc pour y voir une déclaration de guerre à la présidente de la Province Sud qui, a priori, a vocation à conduire la liste. Et un coup de canif à la fragile unité constituée, patiemment, depuis le début des discussions sur l'avenir institutionnel.
Personne d'ailleurs ne s'y est trompé et les réactions ont été très vives, émanant d'abord du Rassemblement dont plusieurs membres – certains éminents – ont annoncé leur démission. Une nouvelle épreuve pour le parti, créé il y a tout juste 49 ans par Jacques Lafleur, pour fédérer les partisans du maintien de la Calédonie dans la France. Un parti qui ne sera jamais complètement comme les autres parce qu'il a une histoire, un enracinement, des valeurs et une légitimité. Un parti signataire des accords de Matignon et de Nouméa que beaucoup ont tenté de faire disparaitre et de remplacer, à force de scissions et de divisions.
Mais l'épreuve qui lui est infligée, cette fois-ci, aurait sans doute pu être évitée.
Il y a le moment d'abord. Les calédoniens, plongés dans l'incertitude de la survie ou non de Bougival, traumatisés par l'ouverture ou non du corps électoral et confrontés à une crise économique sans précédent, n'ont pas la tête aux querelles de parti et il n'y a que les états-majors politiques qui se posent la question des éventuelles têtes de liste aux provinciales.
Il y a la méthode ensuite. Une décision de ce type suppose un minimum de concertations avec les adhérents et les militants et elle s'annonce autrement que par communiqué.
Il y a la stratégie, enfin, puisqu'il semble que le principal intéressé, le président de Génération NC, n'ait pas été contacté et qu'il ait appris, en même temps que tout le monde, ce ralliement surprenant. Ce qui lui a permis, d'ailleurs, d'affirmer publiquement que le rôle proposé par le Rassemblement ne l'intéresse pas et d'annoncer qu'il se range derrière la présidente de la Province Sud.
Une mise au point qui a le mérite de calmer jeu même si l'on peut craindre que cet épisode ne laisse des traces.
On ne fera pas, ici, le feuilleton de l'impossible unification du camp des partisans de la France depuis, qu'en 2004, Philippe Gomès a fait exploser le RPCR qui avait réussi ce miracle de l'unité. Depuis, la famille non indépendantiste se cherche, se rapproche, se fâche, se divise, se fractionne, avant de se rassembler de nouveau. Il y a eu le Front pour l'Unité, le pacte de confiance, la plateforme, l'avenir en confiance et j'en passe... pour essayer de rassembler ceux qui veulent que la Calédonie reste française.
Alors que le camp indépendantiste est plus divisé que jamais, alors que le nouveau FLNKS n'est plus qu'une caricature de celui des origines, et alors qu'émerge, une fois de plus, le mirage d'une 3ème voie médiane, qui est celle de toutes les compromissions, il serait dommage que le camp des partisans de la France cède de nouveau à ses vieux démons.
C'est un luxe qu'à l'évidence, il ne peut plus se permettre... sauf à périr


