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LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE

La chronique de la semaine écoulée

Elizabeth Nouar
31 mai 2026 à 22:47
Dans la voie médiane, chacun veut faire entendre sa différence même s'ils affirment tous n'être ni indépendantistes, ni non-indépendantistes, tout en ayant vocation à servir de marchepied à l'indépendance.

Gardez-nous des spécialistes auto proclamés du droit constitutionnel ! Et Dieu sait s'ils sont nombreux ! 
Pendant des semaines, ils nous ont expliqué doctement, que le Conseil Constitutionnel hésiterait à valider l'inscription des natifs sur la liste électorale spéciale et qu'il censurerait, forcément, l'inscription des conjoints. 
Au résultat, ils ont tout faux ! Le Conseil a validé l'inscription des natifs. Et il le fait avec des arguments qui peuvent rendre possible un élargissement, plus grand encore, du corps électoral provincial. 

Ce qui frappe, dans la décision du Conseil Constitutionnel, c'est qu'il ne fait aucune référence à la réforme constitutionnelle de 2007 qui a gelé le corps électoral. Il se réfère, en revanche, au préambule de l'Accord de Nouméa qui retient comme critère, pour être électeur, le fait d'être établi durablement en Nouvelle-Calédonie.
Sur cette base, l'inscription des conjoints auraient peut-être été retenue par le Conseil Constitutionnel. 
Encore eut-il fallu qu'il soit saisi de cette demande ! 
Mais l'auteur de la proposition de loi, le sénateur Naturel, s'était opposé à l'adjonction des conjoints. Au vu de la décision du Conseil Constitutionnel, il est clair pourtant qu'il fallait tenter le coup. 
Au pire, le Conseil aurait validé les natifs et censuré les conjoints mais le combat valait d'être mené.

En attendant, c'est une décision essentielle qui a été prise avec l'inscription de ces quelque 10 575 natifs et c'est l'assurance que le corps électoral peut être dégelé. 
N'en déplaise au FLNKS qui reste opposé à toute ouverture.

Autre conséquence, immédiate. Cet élargissement du corps électoral provincial change le seuil à atteindre pour participer à la répartition des sièges. Dans la province Sud, la barre est désormais à 6500 voix. 
Un Everest qui aurait dû, logiquement, amener à un regroupement mais on semble loin du compte et notamment chez les mouvements de la voie médiane. 
Ils veulent tous y aller. L'Eveil océanien, Calédonie ensemble sous le faux-nez d'une province pour tous, le mouvement NOUS de Philippe Dunoyer, bien discret depuis l'annonce en fanfare de sa création, ou encore "Faire Pays" de Laurent Chatenay. Chacun veut faire entendre sa différence même si les discours sont quasiment les mêmes et même s'ils affirment tous n'être ni indépendantistes, ni non-indépendantistes, tout en ayant vocation à servir de marchepied à l'indépendance.

Christian Tein ne s'y est d'ailleurs pas trompé en déclarant récemment qu'avec "les progressistes, les centristes, on pourra créer les conditions pour avancer ensemble"

Certains pseudo centristes se sont d'ailleurs déjà démasqués. "Faire pays" se déclare "souverainiste" parce que la souveraineté – comprenez l'indépendance – doit être "partagée et progressive".  
Quant à Walles Kotra, le nouveau Joker trouvé par Philippe Gomès pour tenter de réanimer Calédonie ensemble, il déclare "tant que le peuple kanak réclamera son indépendance, il n’y aura pas de stabilité dans le pays. La colonisation ne se terminera que par un acte de décolonisation, il faut donc que le processus se poursuive jusqu’à son terme."

L'union semble donc impossible au centre où chacun veut faire entendre sa différence ou satisfaire son ego.
Mais attention où vous mettez les pieds parce qu'il y a des pièges dans ce centre protéiforme. Il ne faut pas se fier aux apparences et il faut ménager les susceptibilités. Par exemple ne dites pas à Walles Kotra et à Georges Naturel qu'ils sont à Calédonie ensemble. Ils nous ont envoyé, par huissier, un droit de réponse en bonne et due forme pour préciser – et je cite – "aucun de nous deux ne sommes membre de Calédonie ensemble"
Dont acte ! En fait, ils siègent sur une liste d'ouverture soutenue par Calédonie ensemble. 
On savait que Philippe Gomès était radioactif, notamment après son inéligibilité, mais pas à ce point-là ! 
Après la défection de Philippe Dunoyer, voilà la prise de distance des deux personnalités qu'il avait trouvées pour que son parti continue à exister. 
Décidément, les gens sont ingrats et cette campagne expresse devrait encore nous réserver quelques surprises !

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