
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Ces élections provinciales devaient permettre un renouvellement, une clarification et une légitimation. Et depuis lundi, chacun décortique les résultats, les ausculte, les détaille et tente de faire parler les chiffres voire de les tordre. Chacun y va de son analyse, de son commentaire, de son décryptage... A tel point que l'on s'y perd !
Et pourtant, les choses sont assez simples et traduisent, comme à chaque élection désormais, une triple fracture : politique, ethnique et géographique.
Le Sud reste très largement favorable au maintien de la Calédonie dans la France. Le Nord et les iles restent très majoritairement indépendantistes.
Et la seule expression centriste, celle de l'Eveil océanien est – qu'on le veuille ou non – essentiellement communautaire.
Mais si elle pèse au congrès de la Nouvelle-Calédonie, en ayant le pouvoir de faire pencher la balance en faveur de l'un ou l'autre camp, elle ne bouleverse pas véritablement la confrontation binaire entre indépendantistes et partisans de la France.
Cela veut dire que malgré les accords de Matignon et de Nouméa, malgré toutes les tentatives de partage et de rééquilibrage, malgré les initiatives économiques et sociales, le rapport de force reste le même, les convictions des uns et des autres n'évoluent pas.
A ce titre, les tentatives de 3ème voies – que l'on connait depuis des années – ne font que troubler le jeu.
Le centre n'est qu'un miroir aux alouettes. Encore une fois, le "ni-ni" n'existe pas, même si, le temps d'une campagne électorale, ses promoteurs font croire qu'il peut exister un chemin entre l'indépendance et le maintien dans la France.
Et au final, on ne sait pas où classer les électeurs qui ont porté leurs voix sur ces listes centristes, ce qui rend impossible – malgré les diverses tentatives – toute projection sur la progression de l'un ou l'autre camp.
On relèvera, à ce titre, le rôle pervers joué par Calédonie ensemble qui s'est emparé en 2004, d'un électorat partisan de la France pour l'emmener, progressivement, à l'acceptation du mirage d'une indépendance avec partenariat ou d'un Etat associé.
Mais Calédonie ensemble, c'est fini ! L'ex "Leader Maximo" en fait lui-même le constat en écrivant que "ces élections auront sonné le glas institutionnel de Calédonie Ensemble après 22 ans d'existence".
Une fois de plus, les électeurs ont tranché et au moins, désormais les choses sont claires. Il y a bien deux blocs qui se font face. Il faut en faire le constat et l'assumer.
L'autre constat incontestable c'est que le bloc "Les Loyaliste Le Rassemblement" sort renforcé de ce scrutin même si certains commentateurs tentent de relativiser sa victoire. Son score est sans appel dans la province Sud qui représente – et ce n'est pas anodin – les ¾ de la population calédonienne. Sa majorité absolue est exceptionnelle à la province Sud et cela lui donnera forcément un rôle moteur au congrès et au gouvernement.
A l'inverse, le bloc indépendantiste n'en est pas un, tant il est fissuré, voire fracturé, et cela fait longtemps que ce n'était pas arrivé ! C'est la conséquence du 13 mai, doublé de l'effet Bougival auquel s'ajoute la composante "autochtononiste" qui s'affirme dans les iles.
Et puis, autre constat.
Dans la province Nord, à la fin, c'est Paul Néaoutyine qui gagne ! Qu'il arrive en tête, ou non, en nombre de sièges, c'est lui qui décroche le fauteuil de président et cela fait 27 ans que ça dure. Pascal Sawa peut s'indigner, tempêter, protester ou affirmer que c'est trop injuste. C'est comme ça !
Et il faut dire que l'argument de la tête de liste UC-FLNKS qui réclame le respect du verdict des urnes a plutôt fait sourire.
Que n'a-t-il appliqué ce principe au 3ème référendum et au 3 fois non ?


