
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Certains parlent d'élections de la dernière chance, avec une volonté non dissimulée de dramatisation, mais il est clair que les élections provinciales qui se déroulent ce dimanche, le 28 juin, sont une échéance essentielle.
Et d'abord, parce que cela fait 7 ans que les assemblées de province – élues pour un mandat de 5 ans – n'ont pas été renouvelées.
Mais aussi parce que ce sont des élections territoriales – dans la mesure où elles doivent permettre de renouveler, également, le congrès et le gouvernement.
Ces élections sont, aussi, déterminantes parce qu'elles arrivent à la fin d'un cycle qui a été émaillé de crises successives et souvent paroxystiques.
Ce scrutin provincial vient donc ouvrir une nouvelle période et on ne peut que souhaiter qu'elle soit davantage apaisée.
Les enjeux sont immenses pour les élections de dimanche mais on en attend, surtout, une clarification : Qui pèse combien ? Qui représente quoi ? Qui est légitime et qui ne l'est pas ? Et c'est une réponse attendue, également, au niveau national.
En espérant que ces provinciales permettent de déterminer une majorité claire au congrès et au gouvernement. Parce que l'une des raisons de l'immobilisme et de l'inertie de ces dernières années – outre les diverses crises, troubles et événements – c'est la neutralisation de la gouvernance en raison de la dispersion de la représentation du congrès.
A l'évidence, nos institutions ne peuvent fonctionner qu'avec des majorités claires et non dans un éparpillement qui permet toutes les alliances, tous les retournements et toutes les compromissions. C'est le danger et l'incertitude que représentent les voies médianes ou les 3ème voie en tout genre. On ne sait jamais vers qui elles vont pencher, ni quel choix elles vont faire.
Et la mandature qui s'achève nous a montré combien un centre qui fait office de charnière est cause d'instabilité et combien il a tendance, naturellement, à renforcer le camp indépendantiste.
Dans les provinces, la donne est différente et variable.
Elles ont volontairement été découpées pour donner des majorités sans ambiguïté. Le Sud aux partisans de la France, le Nord et les iles aux indépendantistes. C'est un gage de rééquilibrage du pouvoir.
Mais les enjeux restent néanmoins très sensibles en raison des divisions qui traversent les deux camps.
Dans la province des Iles ce sera, une fois encore, une bataille entre indépendantistes, doublée d'un duel interne à l'UC, alors que les partisans de la France ne sont plus représentés depuis 2009. Les autonomistes parviendront-ils à obtenir un siège ? C'est l'une des interrogations.
Dans la Province Nord, on rejoue la confrontation entre l'UC et l'UNI. L'UNI qui détient le pouvoir depuis le siècle dernier. Paul Néaoutyine parviendra-t-il à conserver le fauteuil, qu'il occupe depuis 27 ans, alors que l'Union calédonienne a fait le pari du renouvellement et qu'elle mène une campagne très offensive contre l'équipe sortante accusée d'avoir sclérosé la province ? La représentation des partisans de la France, qui sont sur une liste d'union pour la première fois depuis 2004 sera, aussi, un élément déterminant.
C'est la Province Sud, enfin, qui sera au cœur de tous les commentaires. Parce qu'elle est démographiquement et économiquement la plus importante et parce que son résultat influera fortement sur celui du congrès. Pas moins de 11 listes sont en concurrence et la plupart – ce n'est pas leur faire offense de le dire – ne franchiront pas la barre des 6345 voix. Les voix qui se seront portées sur elles seront perdues. Elles seront inutiles. La majorité sortante part unie, ce qui lui donne un avantage indéniable face à des indépendantistes divisés et des centrises dispersés mais il faut prendre garde à un éparpillement des sièges qui serait la porte ouverte à toutes les alliances. Et à tous les risques de basculement de la majorité qui défend la Calédonie dans la France.
Et sous cet angle, ce sont peut-être, effectivement, les élections de la dernière chance.


