
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Et voici l'accord de gouvernance, signé jeudi entre les Loyalistes, le Rassemblement et l'Eveil océanien !
Un accord de relance et de reconstruction dont l'objectif est le redressement d'une Nouvelle-Calédonie exsangue, deux ans après les violences insurrectionnelles de mai 2024.
Cela répond à une exigence, celle de former une majorité stable pour pouvoir avancer et adopter des réformes, après que le congrès ait été paralysé, lors de la dernière mandature, par des majorités mouvantes et évolutives.
Et il fallait se rendre à l'évidence. Avec 24 sièges au congrès, Les Loyalistes et le Rassemblement ne disposaient pas de la majorité absolue. Aucun parti, d'ailleurs, depuis le début de l'Accord de Nouméa, n'a eu la majorité boulevard Vauban et il a toujours fallu passer par des alliances.
Une exigence et une évidence donc, mais cet accord est, forcément, accueilli de façon variable et d'abord avec un certain scepticisme. Beaucoup rappellent que l'on en a vu d'autres, des accords de gouvernement, des plateformes communes, des pactes de confiance... qui, à chaque fois, ont fait long feu. Et ils se demandent si cette nouvelle variante durera dans le temps.
A ceux-là, on peut objecter qu'il n'y a pas d'alternative à cet accord de gouvernance.
C'est de la mathématique pure. Les 4 voix de l'Eveil océanien ne peuvent faire une majorité qu'avec les 24 voix des Loyalistes et du Rassemblement.
Milakulo Tukumuli l'a clairement reconnu. Il n'était pas possible de construire une majorité stable avec les indépendantistes, en raison de leurs divisions. Et Les Loyalistes et le Rassemblement n'avaient pas d'autre choix, eux non plus.
C'est donc une alliance de raison, d'autant plus que cet accord met de côté les questions d'avenir institutionnel pour se consacrer à l'économie et au social qui sont les priorités d'aujourd'hui.
C'est d'ailleurs un paradoxe savoureux puisque toutes les listes centristes, qui ont été défaites aux provinciales, faisaient de la relance économique, une priorité, en expliquant qu'il fallait arrêter de se focaliser sur l'avenir institutionnel. Elles peuvent se satisfaire de voir leurs idées mises en œuvre et peut-être vont-elles comprendre que c'est leur ambiguïté sur la question institutionnelle qui a causé leur perte.
Les calédoniens voulaient de la clarté. Ils l'ont dit le 28 juin. Et ce sont les partisans du maintien de la Calédonie dans la France qu'ils ont choisis majoritairement, pour répondre à leurs préoccupations et à la nécessité de reconstruire la Nouvelle-Calédonie.
A ce titre, l'UC-FLNKS-CCAT s'est discréditée et c'est la raison pour laquelle la branche dure des indépendantistes va de désillusion en désillusion. Elle a perdu plusieurs communes, elle n'a pas réussi à conquérir la province Nord et elle est laissée de côté dans l'installation des institutions où elle n'aura que la portion congrue.
"L'Union calédonienne ne choisit ni le repli, ni l'amertume mais la responsabilité" écrit son président Emmanuel Tjibaou qui revendique la place de "première force politique du pays". Mais il faudra convaincre une base à laquelle avait été promise Kanaky, le pouvoir et la prospérité et qui se retrouve avec la France, moins de pouvoir et la pauvreté.
C'est sans doute l'une des raisons de l'échec de la visite des députés insoumis.
Mathilde Panot et Bastien Lachaud sont venus en tournée présidentielle dans un pays qui n'existe pas, la "Kanaky Nouvelle-Calédonie" et ils ont fixé un nouveau top pour l'indépendance : janvier 2028. Mais on est blasé. La dernière date annoncée pour la proclamation unilatérale d'indépendance c'était... le 24 septembre 2025.
Leur discours obsolète et décalé n'a pas suffi à déplacer les foules et partout, ils se sont exprimés devant un public étique.
Même Calédonie ensemble, lors de sa dernière rencontre citoyenne a réussi à réunir plus de monde.
Et c'est tout dire !


