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LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE

La chronique de la semaine écoulée

Elizabeth Nouar
7 septembre 2026 à 00:31
On ne peut pas dire que c'était inespéré parce que c'est, précisément, ce que nous espérions de la France mais elle a été, une fois de plus, au rendez-vous malgré la situation dramatique des finances publiques nationales.

Ils étaient neuf. Enfin, huit parce que le sénateur Naturel n'est arrivé qu'aux tout derniers jours du déplacement de la mission transpartisane.
Ils étaient neuf, mais l'un d'eux y était sans y être, parce que le député Emmanuel Tjibaou avait laissé de côté sa casquette de président de l'Union calédonienne.
Ils étaient neuf, donc, et ils reviennent avec des milliards. Au-delà de la simplification du trait, la mission transpartisane qui vient de terminer son déplacement aura obtenu ce qu'elle était allée chercher, une aide conséquence – pour ne pas dire massive – de la part de la France. 

Les élus calédoniens avaient clairement précisé le but de leur déplacement. Il leur fallait obtenir une aide financière pour boucler l'année 2026, une avance pour commencer l'année 2027 et la garantie d'un soutien réaffirmé pour tenir tout au long de l'année prochaine. 
Ils ont fait carton plein puisque le gouvernement va débloquer 1,3 milliard CFP pour la fin 2026 et 6 milliards CFP pour démarrer 2027, au travers d'un projet de loi de finances de fin de gestion. 
Le gouvernement qui propose, ensuite, entre 48 et 55 milliards CFP, qui seront compris dans le projet de budget 2027, dont "une majorité de subventions", pour ne pas aggraver l'endettement de la Nouvelle-Calédonie.

On ne peut pas dire que c'était inespéré parce que c'est, précisément, ce que nous espérions de la France mais elle a été, une fois de plus, au rendez-vous malgré la situation dramatique des finances publiques nationales.

Mission accomplie donc pour la mission transpartisane, mais tout n'est pas réglé pour autant. Il y aura d'abord l'obstacle de l'adoption, par le Parlement, de la loi de finances 2027 et l'on sait que c'est un exercice à haut risque pour le Premier ministre.
Il y aura, ensuite, la préparation et l'adoption des réformes de fond, que le territoire s'est engagé à faire, pour justifier cette nouvelle aide de l'Etat et l'on sait que c'est un exercice à haut-risque pour le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Notre autonomie – dont nous sommes jaloux – a un coût et nous ne pourrons pas en permanence aller quémander de quoi assurer nos fins de mois ou nos fins d'année.
Ce sera l'objet du contrat financier pluriannuel qui devra être conclu, avant la fin de l'année, entre l'État et la Nouvelle-Calédonie pour la période 2027-2031.
Mais si tout n'est pas réglé, on peut dire que la situation des prochains mois s'est éclaircie et personne ne peut s'en plaindre. 

On espère, aussi, une éclaircie pour la filière nickel après que le Président de la République ait largement évoqué ce sujet stratégique en réaffirmant la volonté de voir les usines trouver des repreneurs tout en écartant les repreneurs chinois.

L'autre satisfaction, à l'issue de ce déplacement, c'est le niveau auquel la Nouvelle-Calédonie est traitée à Paris. Le Sénat, l'Assemblée nationale, Bercy, Matignon et  - cerise sur le gâteau – l'Elysée. On ne s'est pas moquée de la mission transpartisane qui a été reçue – comme on dit – au plus haut niveau de l'Etat. Et il faut rappeler que c'est un traitement exceptionnel même si les calédoniens ont parfois l'air de trouver cela normal. Ce qui frappe aussi, c'est l'unanimité qui a dominé ces rencontres, l'exemple ultime étant l'initiative – transpartisane, elle aussi – du groupe de contact de l'Assemblée nationale qui a écrit au Président de la République pour réaffirmer son soutien indéfectible à la Nouvelle-Calédonie. Une lettre signée des représentant des 12 groupe allant du Rassemblement national à La France Insoumise. 

Un soutien indéfectible même et surtout, si on n'a pas parlé de ce qui fâche. Il a été convenu, unanimement, de mettre en pause les discussions sur l'avenir institutionnel. On en reparlera après la présidentielle et les législatives mais, le Premier ministre met en garde. "Toutes les difficultés du territoire ne peuvent pas attendre un nouvel accord global, sans date fixée" prévient Sébastien Lecornu. 

Il faudra bien en reparler mais cette mission transpartisane a eu des allures de trêves et, comme d'habitude, ceux qui n'étaient pas là ont eu tort. C'est bien connu... Les absents ont toujours tort. 

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