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LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE

La chronique de la semaine écoulée

Elizabeth Nouar
4 octobre 2026 à 23:23
Nicolas Metzdorf se livre à des facéties sur le web, Christian Tein s'énerve et Louis Mapou s'organise.

Nicolas Metzdorf se livre à des facéties sur le web, Christian Tein s'énerve et Louis Mapou s'organise.
C'est le résumé de la semaine politique qui a, aussi, été marquée par le succès de "Choose outremer" cette opération destinée à trouver des investisseurs et dont le nom hérisse – à juste titre – tous les amoureux de la langue française.
Mais tout en pensant qu'une opération baptisée "choisir l'outremer" aurait eu les mêmes retombées, on ne va pas bouder notre plaisir. Cette journée, organisée à la Banque de France a, semble-t-il convaincu plusieurs sociétés d'investir en Nouvelle-Calédonie et, par les temps qui courent, c'est forcément une bonne nouvelle.

Mais pour en revenir aux propos de nos responsables politiques, le premier épisode, c'est la publication par Louis Mapou d'un long – très long – communiqué, estampillé "Unis pour le Pays" – "UPP" – du nom de la liste que l'ancien président du gouvernement conduisait aux élections provinciales du 28 juin. Un scrutin qui ne lui a pas été favorable puisqu'il n'a eu aucun élu. Depuis ce revers, Louis Mapou était resté complètement silencieux et sa prise de parole, au travers d'un communiqué, a donc valeur d'événement.

Le constat qu'il dresse est sans concessions. Pour l'ancien responsable de l'UNI et du PALIKA, "la Nouvelle-Calédonie demeure plongée dans une crise profonde sur le plan économique, social et financier" et il ajoute que l’avenir est désormais paralysé jusqu’aux échéances présidentielles de 2027.
Personne ne trouve grâce à ses yeux. Louis Mapou tacle d'abord la majorité "Loyaliste, Rassemblement, Eveil Océanien" qui demeure fragile selon lui. Mais c'est au camp indépendantiste qu'il réserve l'essentiel de ses flèches. Il lui reproche de "tarder à imprimer sa marque" et de peiner à montrer le rôle politique qu’il compte jouer dans un moment aussi critique. Il dénonce "un tâtonnement inquiétant de la part du mouvement pour l’indépendance", comme si – écrit-il – il était "dans l’incapacité de faire face aux enjeux et aux défis internes". Et il reproche au mouvement indépendantiste de ne plus avoir de perspective sur la question de l’accès à la pleine souveraineté avant les élections présidentielles d’avril 2027.
Face à ce champ de ruine, Louis Mapou reste un défenseur de l'accord de Bougival, "qui demeure, malgré tout, le seul projet d'avenir, post Accord de Nouméa, élaboré à ce jour." Et au passage, il renvoie dos à dos, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, dont il discrédite les projets.

Mais l'UPP de Louis Mapou refuse la résignation et même s'il ne le dit pas officiellement, on comprend que cela annonce la création d'un nouveau parti indépendantiste, qui va se structurer et se doter d'une organisation rigoureuse, pour bâtir une pleine souveraineté en partenariat avec la France. Un nouveau parti en rupture avec ceux qui, au sein de l'UNI ou du PALIKA, ont rejeté l'accord de Bougival. Après l'Union calédonienne, c'est donc au tour du PALIKA de se diviser. Décidément, les répliques du séisme de mai 2024 continuent de produire leurs effets dans le monde indépendantiste qui n'en finit pas de se morceler.

A côté de cet événement politique, la passe d'armes qui a opposé le président du FLNKS au député de la 1ère circonscription est, bien sûr, anecdotique. Nicolas Metzdorf s'est amusé à écrire, de façon fort peu diplomatique, au Premier ministre du Vanuatu à propos du différend sur Matthew et Hunter. Sur un ton ironique, il dit avoir "pris bonne note" de la démarche du Vanuatu qui revendique les deux ilots et il propose en échange le transfert, sous administration française, de plusieurs îles du Vanuatu, sous la forme d'un "bail territorial pour une durée indéterminée". Des iles qui pourraient, dès lors, bénéficier de "l'école gratuite", d'un "accès aux soins décent", de la nationalité française et d'un passeport européen.
C'est amusant et un peu potache mais Christian Tein ne l'entend pas de cette oreille.
Il y voit une "offense diplomatique" et il demande au chef du groupe parlementaire de Nicolas Metzdorf ainsi qu'au président de la République de "sanctionner" le député et de présenter des excuses au Premier ministre et au peuple vanuatais.

On savait les indépendantistes divisés mais, en plus, ils n'ont même pas le sens de l'humour !

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