
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
C'est donc la rentrée... mais pas seulement pour les scolaires.
Traditionnellement, la reprise des cours donne le coup d'envoi de la rentrée dans tous les secteurs de la vie de la cité, sociale, économique et politique.
Et cette année, la rentrée politique va être préemptée par deux événements : d'une part le processus parlementaire pour l'aboutissement de l'accord de Bougival, et d'autre part, les élections municipales dont le premier tour est dans moins d'un mois, le 15 mars.
La rentrée devrait galvaniser la campagne municipale qui n'en est encore qu'à ses balbutiements, et on espère qu'elle va la clarifier. Parce que, pour l'instant, quel salmigondis !
Au point qu'au stade actuel, on se demande comment les électeurs vont pouvoir s'y retrouver.
Il y a d'abord, la division que l'on retrouve dans les deux camps. Malgré leurs tentatives d'union, les partisans de la France n'ont pas réussi, dans de nombreuses communes, à afficher un front commun. Quant aux indépendantistes, les divisions et la fragmentation des derniers mois ont fait leur œuvre, et ils iront la plupart du temps en ordre dispersé.
Mais il y a ensuite, la difficulté à identifier les différentes candidatures avec la multiplication des listes "sans étiquette". Elles revendiquent diverses appellations : listes d'ouverture, listes citoyennes, listes de proximité ou liste de la société civile. Comme si une étiquette politique était aujourd'hui un repoussoir ou un gros mot.
Et on est forcé de s'interroger sur cette espèce d'anonymisation que revendiquent, aujourd'hui, de nombreuses candidatures mais il y a plusieurs explications à cela. Autant, peut-être, que de listes sans étiquette.
Il y a, d'abord, les candidats qui pensent que les partis politiques ont tellement mauvaise réputation aujourd'hui, qu'il vaut mieux s'en affranchir.
Il y a, ensuite, ceux dont les partis politiques sont tellement affaiblis qu'ils ne sont plus capables de former une liste sur la base de leurs seuls adhérents et militants. Ils se mettent à plusieurs partis pour former une seule liste et ils y ajoutent une pincée de ce que l'on appelle "société civile" pour faire illusion.
Il y a enfin les listes issues uniquement de cette fameuse "société civile" dont on se demande encore ce qu'elle recouvre. La plupart du temps, ce sont des personnalités qui critiquent les élus et la politique parce qu'ils rêvent surtout d'être élus et de faire, à leur tour, de la politique.
Mais au-delà de ces dénominations aléatoires, il y a quand même quelques enjeux dans cette campagne municipale. Et le scrutin va, peut-être, permettre de distinguer les pro-Bougival et ceux qui y sont opposés.
Ce sera le cas notamment chez les indépendantistes où la fracture est claire entre l'UNI, qui se fait le défenseur inconditionnel de l'accord du 12 juillet et de son accord complémentaire Elysée-Oudinot, et l'UC FLNKS CCAT qui refuse, en bloc, les accords signés, la réforme constitutionnelle et le calendrier parlementaire. Au-delà de l'échec de la mobilisation de ce samedi, le nouveau FLNKS va pouvoir se compter dans les urnes. Et l'UNI aussi, qui en plus de ses thèmes de campagne municipale défendra, forcément, sa conviction que le temps des négociations est terminé et sa volonté d'aller de l'avant.
Chez les partisans de la France, aussi, il y une rupture mais elle est davantage entre les défenseurs de Bougival et ceux qui expriment leur scepticisme.
Et puis, il y a les tenants de la 3ème voie qui, au travers de listes qui sont souvent des "faux nez" vont tenter de prouver que le centre existe, qu'il a une réalité.
Dans cette dispersion et cette confusion, on plaint le haut-commissariat qui est chargé de classifier les candidatures, en fonction de leur nuance politique, pour rendre plus lisibles les résultats.
Il n'est pas sûr que l'on pourra lire grand-chose...


