La fréquence aux couleurs de la France
Logo chronique

LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE

La chronique de la semaine écoulée

Elizabeth Nouar
17 mai 2026 à 22:24
Course d'obstacles et course contre la montre pour la modification du corps électoral provincial et pour les candidats aux provinciales

Course d'obstacles et course contre la montre pour la modification du corps électoral provincial.
Le calendrier est ultra serré et c'est même quasiment du jamais vu. En cette journée du 18 mai, la proposition de loi permettant l'inscription des natifs va être soumise pour avis au congrès de la Nouvelle-Calédonie, débattue par la commission des lois du Sénat et examinée en séance publique par la Haute Assemblée. 
Entretemps, elle aura été amendée par le gouvernement qui veillera à y ajouter les conjoints puisque le sénateur Naturel – dont le texte sert de base aux travaux – a omis, volontairement, de les associer. Il trouve cela plus raisonnable et puis – explique-t-il – il ne faut pas tenter le diable et ne pas provoquer les indépendantistes. Et pourtant – jure-t-il la main sur le cœur – il est pour le dégel du corps électoral mais que voulez-vous, c'est impossible. C'est une version du fameux "J'voudrais bien, mais j'peux point" !

Il y a donc, dès aujourd'hui, plusieurs obstacles à franchir à commencer par l'opposition des élus UC-FLNKS du congrès qui seront, peut-être, rejoints par d'autres. Il y aura ensuite l'opposition des sénateurs dont une partie refusera – au moins – l'inscription des conjoints.

Et comme les délais sont très courts, le texte arrivera mercredi en séance publique à l'Assemblée nationale où il sera confronté – à coup sûr – à l'obstruction de LFI et – sans doute – à l'opposition d'une partie de la gauche. Si la loi organique est adoptée par les deux chambres – mais pas dans les mêmes termes – il faudra alors réunir une commission mixte paritaire dès jeudi et, enfin – ultime obstacle – la loi sera transmise au Conseil Constitutionnel qui pourrait jouer les censeurs. Le professeur Chauchat lui donne déjà des arguments dans un article publié dans Libération et intitulé "la République française n’a jamais fondé le droit de vote sur le mariage".

C'est donc un véritable pari auquel se livre le Premier ministre Sébastien Lecornu. On ne sait pas s'il le gagnera mais, à 41 jours du scrutin, on ne sait toujours pas qui pourra voter aux élections provinciales.

Et à 41 jours du scrutin, on ne sait pas, non plus, qui seront les candidats. 
Ce sera une campagne express et cela oblige à constituer très vite des listes et un programme. Les Loyalistes et le Rassemblement ont réglé le problème. Au bout du dialogue et des négociations, ils ont réussi l'union et ils iront aux élections dans la même configuration qu'en 2019, lors des dernières provinciales qui leur avaient plutôt bien réussi. 
Mais pour le reste de l'échiquier politique, c'est la bouteille à l'encre. 
Les indépendantistes vont-ils partir désunis dans les trois provinces ou vont-ils tenter un rapprochement malgré leurs divisions nées du 13 mai et amplifiées par Bougival ? 
Et que va faire la 3ème voie ? Parce qu'ils sont nombreux à occuper ce créneau du centre et à diffuser les mêmes arguments selon lesquels il faut sortir de la logique des blocs, il faut dépasser le clivage indépendance ou maintien dans la France, il faut se consacrer à l'économie et la priorité n'est pas l'institutionnel, le tout sur fond de rejet du personnel politique et d'appel à la société civile. Une dispersion affolante à 5 mois des provinciales. A tel point qu'il faut s'attendre, tout de même, à des regroupements. C'est la vocation de NOUS, le nouveau mouvement de Philippe Dunoyer qui pourrait faire liste commune avec Joël Kasarhérou et Laurent Chatenay. Ce serait assez logique ! "Nous" veut "Faire pays" et le "Construire autrement". 
Pas sûr, en revanche, que ce qui reste de Calédonie ensemble veuille se diluer dans une liste commune. Philippe Gomès, qui est inéligible, aurait déjà contacté une ancienne personnalité de l'audiovisuel public pour tirer sa liste. 
Pas sûr non plus que l'Eveil océanien veuille se dissoudre dans un mouvement centriste et – malgré son revers aux municipales – il pourrait faire valoir ses spécificités et tenter sa chance tout seul aux provinciales. 
Sans oublier quelques personnalités en déshérence de leur parti politique, qui cherchent désespérément une liste d'accueil. Sans oublier d'autres petits partis qui pourraient avoir la velléité de jouer dans la cour des grands ! Que d'incertitudes et quel suspens mais les uns et les autres devront faire vite.

Pour les candidats aux provinciales, aussi, c'est une course contre la montre et c'est, assurément, une course d'obstacles.

La fréquence aux couleurs de la France
En direct